Depuis Saw, James Wan réalise chaque nouveau film comme un artisan soucieux de ne pas se répéter et de rendre des hommages aux artistes et aux genres qui ont nourri sa cinéphilie : Dead Silence était un hommage à la petite boutique des horreurs de la Hammer, à Mario Bava, à Dario Argento et au film à sketches Au coeur de la nuit (Robert Hamer, Alberto Cavalcanti, Basil Dearden, 1945); Death Sentence aux vigilante movie de Don Siegel. Ses films n'ont pas la prétention de révolutionner la série B mais d'initier un public jeune et profane aux plaisirs coupables en donnant envie de revoir les originaux. Conçu comme une machine à remonter le temps, Insidious lorgne ouvertement vers le cinéma fantastique des années 80 à la fois en termes de narration et de d'atmosphère. Accessoirement, cela permet au cinéaste et à son coscénariste Leigh Whannell d'aller à l'encontre de la mode du torture porn générée entre autres par les suites crapoteuses de leur premier long métrage phénomène. Ça reste un film de cinéphile, donc un film passif qui respecte et connaît ses classiques sur le bout des doigts. C'est aussi un film calibré pour les multiplexes avec une dose d'effets horrifiques pour amuser les jeunes spectateurs. De toute évidence, c'est à eux que le film s'adresse.