Par La Rédaction - publié le 14 novembre 2007 à 13h01 ,
MAJ le 25 septembre 2009 à 11h23 - 0 commentaire(s)
Acteur de formation, il est passé dernièrement derrière la caméra avec Ma place au soleil, un film chorale réunissant une pléiade d’acteurs qui s’entremêlent avec une émouvante légèreté. Il ressort de ce film une tendre sincérité, que les professionnels n’ont pas forcément ressentie lors de sa sortie en salles, une sincérité qui émane de la personnalité d’Eric de Montalier.

Qu’est-ce qui vous a amené à réaliser ce premier film ?
J’ai commencé par suivre des études science économiques, puis j’ai arrêté, j’ai ensuite pris des cours de théâtre, j’ai adoré, je me sentais à l’aise sur scène, mais certains projets n’ayant pas abouti je me suis tourné vers l’image et j’ai réalisé un court métrage. Le sujet de ma place au soleil s’est imposé inconsciemment, simplement, J’avais envie d’écrire autour de sentiments qui me touchaient. Il y a des moments dans la vie où on a l’impression que les choses se mettent bien en place, où l’on se retrouve parfaitement en accord avec le regard qu’on pose à la fois sur le monde et sur soi. J’ai du coup coucher certaines émotions, certaines idées sur papier et ce fut le début de cette histoire.



Le fait d’avoir été acteur vous a-t-il aidé pour passer derrière la camera ?
Absolument, je me suis senti évidemment beaucoup plus à l’aise pour dirige les acteurs. Je ressens leurs doutes, leurs angoisses, je perçois plus facilement les tensions, ce qui permet de mieux les gérer. Parallèlement j’ai adoré me poser sur la construction du film, choisir un plan, l’étudier, trouver le bon axe, la lumière idéale, comment faire pour que telle séquence fonctionne avec telle autre. C’est une démarche que je trouve réellement passionnante.

Il se dégage du film une certaine tristesse, qui ressort néanmoins de façon très légère, très gaie, notamment par le choix de la musique, de la luminosité, c’était quelque chose que vous recherchiez ?
Le film se situe effectivement entre deux postulats, c’est probablement la raison pour laquelle il a été pressenti de manière aussi particulière lors de sa sortie en salles. C’est un film d’auteur et à la fois un film grand public. Je recherchais une profondeur de sentiments, celle de la solitude, du désarroi, mais je désirais effectivement l’exprimer avec des couleurs, tourner autour, laisser au spectateur le loisir de l’intégrer personnellement. Ce que vous dites me touche car c’est exactement ce que je voulais ! Je ne tenais pas à souligner trop directement les choses, justes les nuancer, générer plusieurs niveaux de lecture.



C’est la raison pour laquelle vous avez choisi de faire un film choral ?
Lorsque j’ai commencé à me penché sur le scénario, lorsque j’ai commencé à aborder tous ces thèmes qui me tenait à cœur, la mort, la naissance, l’amour, la solitude… j’ai ressenti la nécessité de les saisir à des âges différents, je me suis donc arrêté sur les trajectoires parallèles de différents personnages qui dans leur évolution, leur traversée se rejoignent, que ces sentiments qui nous dévorent, nous permettent d’avancer, nous pouvons les ressentir à tout âge.


Aujourd’hui vous aimeriez vous concentrez sur un parcours beaucoup plus intimiste ?
J’ai deux projets, l’un est plus avancé que l’autre, le premier sur la rumeur. C’est une seule et même histoire mêlant six personnages, une sorte de thriller. L’autre une histoire d’amour, d’amitié entre des hommes, sans que ce soit sexuel.



Comment avez-vous réussi à réunir pour un premier film une casting aussi conséquent ?
J’ai écrit le scénario seul, sans solliciter les comédiens, je le leur ai présenté ensuite et j’ai eu la chance qu’ils répondent tous très vite, ceux auxquels j’avais pensé, sans les connaitre. Ce fut d’autant plus exceptionnel que nous n’avions pas beaucoup de financement, ils sont vraiment venus pour le film.

Vous ne vous êtes pas trop senti du coup sous pression pendant le tournage ?
Etrangement non, je l’ai plus ressenti brusquement lorsque le producteur Bruno Levy m’a annoncé que nous nous lancions dans l’aventure, je venais de travailler trois ans seul sur cette histoire et j’ai eu un véritable moment de panique tout en étant évidemment très excité. Le premier jour de tournage c’était super. Le travail avec les comédiens c’était du vrai travail, il y avait plein de nuances.

Aujourd’hui vous avez réussi à dépasser la sortie du film ?
Je suis très fier de ce film et même s’il est maladroit par moment, je reste surpris par le regard des gens sur ce film, j’ai le sentiment qu’ils ne l’ont pas vu parfois. Trois phénomène lui ont quelque peu porter préjudice, Il y avait beaucoup d’acteurs et les gens sont venus en se disant on va voir un fil très classique, ce qui n’était pas le cas. Parallèlement, un jeune réalisateur qui débarque en réunissant une telle palette d’acteurs, cela génère certaines aigreurs et puis il y a eu un phénomène de diffamation de part de certains journalistes, certains ont été jusqu’à avancer que j’avais eu quinze millions d’euros pour monter le film, c’est totalement faux. Beaucoup n’ont pas regardé le film, j’ai voulu prendre du recul par rapport aux critiques mais j’en ai néanmoins beaucoup souffert. J’espère que le film sera regardé différemment en DVD d’autant plus que j’ai eu de bons retours des spectateurs.

Propos recueillis par Sophie Wittmer
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