Michel Gondry est un drôle de personnage qui ne fait rien comme les autres. Clippeur de renom fasciné par les univers mentaux et les délires bizarres, le réalisateur de
La science des rêves possède différents paysages intérieurs où les songes les plus fous se cognent à la réalité du quotidien le plus palot. Son nouveau film, attendu le 16 août prochain, dans lequel il s’affranchit de la tutelle Kaufman, devrait certainement être l’événement de cet été tant sa sensibilité et son intelligence ridiculisent la concurrence.
Pour créer le tumulte mental de
La science des rêves, Michel s’inspire du
Voyage en ballon d’Albert Lamorisse, son premier souvenir de cinéma, dans lequel toutes les scènes aériennes sont doublées. Pendant le tournage, il se nourrit de Bergman (
Scènes de la vie conjugale) et plonge dans des angoisses d’échec. A l’arrivée, pas de quoi stresser : il y a suffisamment de promesses et d’enjeux dramatiques dans ce nouveau film pour nourrir la substance de vingt films actuels. Après l’amour, Gondry parle d’un autre sujet (la mort) qui peut moralement et physiquement détruire un homme (qui s’est remis d’une histoire d’amour consommée ? Qui peut se remettre d’un deuil ?), et adopte la régression progressive du protagoniste Bernal qui retourne à l’état d’enfant et se perd dans un univers codifié où il anime sa propre émission de télé (à l’intérieur de lui-même, grosso modo), peut se lever le matin avec les pieds dans le congélateur et rêver qu’il a des mains gigantesques.


Les réminiscences du passé se cognent méchamment aux visions pragmatiques d’aujourd’hui. De la même façon que l’on s’imagine un monde parallèle lorsqu’on écoute une chanson (lorsque des fragments d’images éparses de la vie de tous les jours se joignent au rythme et au plaisir de la musique), Gondry montre toutes les choses bizarres et indescriptibles qui s’agitent dans nos cerveaux quitte à les répéter de manière obsessionnelle, comme on revient en arrière pour se repasser en boucle un refrain séduisant. Sans en dévoiler trop, le cinéaste vous présente le film à sa manière comme s'il nous racontait son dernier rêve.
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