Par AL - publié le 17 février 2006 à 05h03 ,
MAJ le 24 septembre 2009 à 17h48 - 12 commentaire(s)
Des ruelles plongées dans le noir de la nuit New-Yorkaise, obéissantes aux nuages vaporeux que crachent leurs trottoirs. Des frères qui s'aiment et se déchirent à nouveau. Des familles disloquées, des coups de feux, des visages pétrifiés. Des destins sacrifiés et au final, le noir abyssal que laisse la tragédie, l'espoir abandonné. Voilà ce qu'évoque le cinéma de James Gray, l'un des auteurs/réalisateurs les plus importants que le cinéma américain possède actuellement. En l'espace de deux films, le jeune metteur en scène a su imposer son style, son jusqu'au-boutisme et sa vision de la vie, désarmante de pessimisme. Le voilà désormais de retour.


Little Odessa (1994), un des meilleurs premiers films américains de récente mémoire, jetait déjà les bases de ce qui compose l'univers de Gray. Un film implacable, froid et rude comme la glace, dans lequel Edward Furlong et Tim Roth trouvaient à exprimer tout leur talent. Cette histoire de deux frères, réunis par la maladie de leur mère dans l'hiver du quartier juif de New-York fut écrite par Gray à l'âge de 23 ans…C'est dire si le talent n'attend pas, chez l'homme, le nombre des années. Son film suivant, The Yards (2000), polar urbain sur le milieu ferroviaire et réflexion sur la rédemption, est nettement plus connu, mais pas forcément plus populaire. On se souvient que le métrage était reparti bredouille du festival de Cannes même si Edward Yang avait cette année-là remporté avec Yi-Yi un prix de la mise en scène amplement mérité. Cependant ce n'est ni au box-office, ni dans les vidéos-club que le film a pu se racheter. Six ans après qu'en est-il ? Une merveille à découvrir ou redécouvrir absolument, le prototype du film Noir à la teneur indélébile. Et avec l'exceptionnel Nouveau Monde de Malick, le plus parfait exemple de l'opéra fait cinéma. The Yards est une tragédie, une vision de la famille aux accents shakespeariens et wagnériens. Une œuvre à la densité folle, à la cohérence vertigineuse servie par un casting trois étoiles : James Caan, Charlize Theron, Faye Dunaway, Ellen Burstyn, Mark Wahlberg et Joaquin Phoenix.


C'est justement de ces derniers dont il sera question dans le prochain projet du maître (n'ayons pas peur des mots). Wahlberg et Phoenix se retrouveront frères sur We Own The Night, un drame évidemment, sur la famille et plus précisément sur les rapports père/fils. Avec deux fils de cette trempe, il fallait un père ad hoc. Comme dans un rêve, c'est celui que beaucoup considèrent comme l'acteur le plus doué de ces trente dernières années qui s'y attelle, Mr. Christopher Walken (Voyage au bout de l'enfer, King Of New York, True Romance). Pour compléter le casting, Eva Mendes (Training Day, Hitch), désengagée de Home of the Brave avec Samuel L. Jackson, jouera la petite copine de Joaquin Phoenix.


We Own the Night, au titre magnifique, raconte l'histoire d'un vieux flic (Walken) dont les deux fils suivent un chemin radicalement différent dans le milieu des années 80. Le premier, Bobby (Wahlberg), a suivi la voie de son père, en essayant de faire régner l'ordre à New-York, tandis que le second, Joseph (Phoenix), est un patron de boîte plutôt versé dans le business crapuleux. Quand ce dernier apprend que son père et son frère sont la cible de mafieux, il va risquer son empire pour tenter de les protéger. Un canevas de départ simple mais prometteur, terrain de jeu idéal pour James Gray qui nous gratifiera très probablement d'un nouveau diamant brut.


Eva Mendes dans HITCH

Le tournage doit débuter dès le mois de Mars à New-York, sous la houlette du producteur Nick Weschler (The Yards, La 25ème Heure et The Foutain) et de la société de Phoenix et Wahlberg, 2929 Productions. Aucun budget n'est annoncé à l'heure actuelle. On attend le film pour une sortie probable en toute fin d'année 2006. Le cadeau de Noël idéal en fait…


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