Par Stanislas Bernard - publié le 10 décembre 2007 à 18h01 ,
MAJ le 25 septembre 2009 à 11h53 - 15 commentaire(s)
Robert Neville était un savant de haut niveau et de réputation mondiale, mais il en aurait fallu plus pour stopper les ravages de cet incurable et terrifiant virus d'origine humaine. Mystérieusement immunisé contre le mal, Neville est aujourd'hui le dernier homme à hanter les ruines de New York. Peut-être le dernier homme sur Terre... Depuis trois ans, il diffuse chaque jour des messages radio dans le fol espoir de trouver d'autres survivants. Nul n'a encore répondu. Mais Neville n'est pas seul. Des mutants, victimes de cette peste moderne - on les appelle les "Infectés" - rôdent dans les ténèbres... observent ses moindres gestes, guettent sa première erreur. Devenu l'ultime espoir de l'humanité, Neville se consacre tout entier à sa mission : venir à bout du virus, en annuler les terribles effets en se servant de son propre sang. Ses innombrables ennemis lui en laisseront-ils le temps ? Le compte à rebours touche à sa fin...


Autant être franc, on en attendait plus grand chose de cette nouvelle adaptation du roman de Richard Matheson. Les multiples réécritures, la présence à la barre du réalisateur de Constantine et les reshoots de dernières minutes laissait présager le pire. C’est donc avec la plus grande stupeur que l’on s’est mangé une bonne grosse claque dans la gueule en ce début d’après-midi ! On craignait le pire et c’est finalement le meilleur qui arrive ! Mieux vaut ça que l’inverse…

Le fossé qualitatif qui sépare Constantine et Je suis une Légende est considérable. Dès la scène d’ouverture Francis Lawrence nous cloue à notre siège : un safari survitaminé à bord d’une Ford GT pilotée par Will Smith, tenant le volant dans une main et le fusil d’assaut dans l’autre, traquant pendant plus de 5 minutes un troupeau de cerfs en plein cœur d’un Manhattan à l’abandon. On ramasse déjà comme on peut notre mâchoire et ce n’est que le prégénérique !
Après La Légende de Beowulf il y a un mois, voici la nouvelle bombe lâchée par Warner en cette fin d’année dont la campagne marketing fut tout aussi trompeuse quant à la qualité du produit fini. Je suis une Légende n’a rien du gros film d’action que l’on essaye de nous vendre avec un Will Smith plus cool que jamais. Le comédien est en parfaite adéquation avec le ton du film (pas « d’effet I,robot ») et livre n’y plus ni moins que sa meilleurs performance depuis Ali. Mais la plus grosse surprise du film réside dans la fidélité à l’essence du roman d’origine. Certes le film se passe à New York, et la fin diffère quelque peu (mais pas en mal), mais le cœur du roman y est : la solitude, la survie, la folie et la lutte incessante pour sauvegarder son humanité. La mise en scène ultra efficace de Francis Lawrence est servie par l’une des plus spectaculaires production design de tous les temps : les rues abandonnées de New York et la photographie d’Andrew Lesnie (Le Seigneur des Anneaux et King Kong) sont à tomber par terre. Au final, Je suis une Légende version 2007 se pose comme l’un des plus gros chocs de l’année et l’un des meilleurs films du genre. Et l’on n’en espérait pas tant !



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