Après deux curiosités (Berlin Alexanderplatz et Le monde sur un fil), Carlotta Film exhume un autre Fassbinder inédit, fomenté pour la télévision (la Westdeuscher Rundfunk) en 1976.
AVANT PROPOS
Cinéma sous influence, l'oeuvre de Fassbinder navigue entre les interrogations formelles et thématiques de la Nouvelle Vague et la rigueur flamboyante du classicisme Hollywoodien. A la croisée des genres et des styles, Fassbinder mélange tout ce beau monde pour en tirer l'impact authentique d'un cinéma politique. Beaucoup de cinéastes se réclame de la Nouvelle Vague tant est si bien qu'on ne sait plus réellement à quoi elle ressemblait alors. La génération de Fassbinder, contemporaine de l'émergence du mouvement, est l'héritière la plus directe des différents jalons posés. Les noms de Jean-Luc Godard, Eric Rohmer, Claude Chabrol ou encore Jean-Marie Straub reviennent souvent dans la bouche du cinéaste, bien qu'il s'en soit défendu (" Godard commence à ne plus m'intéresser avec Bande à Part " déclare-t-il). Au vu de ses films, on retrouve des trames communes, des personnages, des plans presque similaires et de nombreux autres parallèles avec le travail de ces metteurs en scène, pour toujours figés sous le poids de la " modernité française ". Le personnage de Franz Walsh qu'interprète Fassbinder lui-même dans L'amour est plus Froid que la Mort est dans la même veine que le Michel Poicard d'A bout de souffle : petit délinquant et grand criminel en devenir, trahi par la femme qu'il aime. (chez le cinéaste allemand, la blonde Jean Seberg est remplacée par l'angélique Hannah Schygulla). De Bande à Part, Fassbinder tire le même univers dramatique où le fantasme Godardien de la femme est accomplie : elle y est prostituée mais aimée de deux hommes. Fassbinder étire ce schéma dramatique en y accentuant la dominante homosexuelle. Ainsi, l'univers Godardien n'est que fantomatique tant il est réabsorbé par les obsessions Fassbinderiennes de la soumission et du couple. Fassbinder convoque des univers plus qu'il ne les explore réellement. Dans ce même film, la mise en scène s'amuse à distiller un goût de Nouvelle Vague.
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