Par JDM - publié le 29 mars 2006 à 12h01 ,
MAJ le 24 septembre 2009 à 17h51 - 8 commentaire(s)
C’est bien connu, la S.F n’a pas le vent en poupe. Le genre phare des années 80 s’est essoufflé dans la seconde moitié des années 90 et a cessé progressivement d’intéresser les producteurs américains. Raison incriminée : trop cher et quelques échecs commerciaux célèbres (comme Abyss) auront tari le filon. Mais le genre n’est pas mort, loin de là, et certains films arrivent tout de même à se monter, sans égaler la mesure (ou démesure ?) du précédant âge d’or.

Dans ce semi-marasme donc, nous voyons arriver un projet plutôt farfelu, adaptation (encore) d’un jeu de rôle : The Mutant Chronicles. Nous entendons déjà les gros sabots critiques pour nous rappeler la douloureuse expérience de Donjons et Dragons 1 et 2, deux abjects produits irregardables, mais essayons malgré tout de nous plonger dans le détail de ce nouveau projet.


Donjons et dragons 2, c'était ça !


Ah ! Première bonne nouvelle, le casting sera auréolé de la présence de John Malkovich, un des meilleurs acteurs de sa génération. Cela pourrait fournir un gage apparent de qualité, mais là encore, on se remémore douloureusement la performance de Jeremy Irons embarqué sur la galère coulante et impossible à écoper du Dragon.


Le sieur Malkovich incarnera néanmoins un chef corporatiste dans cette nouvelle adaptation. La première monture du jeu fut développée par la société suédoise Target Games, qui a déposé le bilan en 1999. Les droits de The Mutant Chronicles ont par la suite été rachetés par Excelsior Entertainment, créateur de la gamme Warzone, le jeu de plateaux tiré de l’univers de The Mutant Chronicles. Et ça ne s’arrête pas là, puisque s’ensuit un jeu de cartes, cette fois-ci baptisé Doomtrooper.


Un petit coup d’œil sur l’aspect martial des choses…


Comme évoqué plus haut, les trois supports partagent le même univers. La guerre qui fait rage dans ce monde oppose les terriens à une armée de Necromutants relativement peu enclin au dialogue démocratique et à la prose pacifique. Ces Nécrovandales, dont le nom même évoque un penchant inné pour la destruction, dirigent leurs attaques selon l’optique stratégique de s’emparer des ressources terriennes. Devant la menace, le tout puissant Constantine (John Malkovich, donc) qui préside une coalition de quatre corporations se disputant les ressources restantes, décide non pas de défendre la planète bleue mais de la détruire. Et là, il reste un cratère ?…Cynique au possible, le scénario pourrait offrir un beau terreau à la réalisation de scènes d’action sur-vitaminées et de batailles d’envergure continentale.

Les lecteurs avertis pleureront en se demandant pourquoi dieu Warhammer 40.000, qui présente un univers dix fois plus riche et dense ne mérite pas une adaptation digne de ce nom puisqu’il est tant à la mode chez Uncle Sam de puiser dans l’univers des jeux de rôles et de plateaux. A quand la salle du trône de l’Empereur et les escouades de Terminators couvrant la retraite d’un Land Raider sous le feu nourri des Berserks de Khornes ? A quand les vaisseaux-ruches Tyranides et les cuirassés Tau ? A quand ?


Et pendant ce temps là au placard….


Et bien sûrement lorsque les budgets pour ce type de productions enfleront de manière à assumer de tels délires mégalos. Car The Mutant Chronicles ne bénéficiera que de 30 millions de dollars, un budget relativement maigre pour un tel scénario. Mais sachant que le réalisateur, Simon Hunter, a choisi d’utiliser la même technique de mise en image que celle en démo sur Sin City, la réduction des coûts peut dès lors s’expliquer logiquement (pas de décors coûteux, l’univers naît en post-prod à coups de crayons et d’ordinateurs).

La recherche esthétique couplée à un scénario d’envergure interplanétaire fait de The Mutant Chronicles un projet à suivre, même s’il serait souhaitable de rappeler cette phrase : « Mort au faux Empereur ! »
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