Par Attilio - publié le 23 mars 2006 à 11h00 ,
MAJ le 24 septembre 2009 à 17h50 - 7 commentaire(s)
L'Avis du Jour met en avant quotidiennement l'opinion rédigée et argumentée de l'un des membres du forum de dvdrama. Aujourd'hui, Attilio analyse 24 the game.

Une cinquième saison déconseillée aux cardiaques, trois films en préparation et maintenant un jeu vidéo,difficile d'échapper au compteur jaune qui fait "tit! tit!' en ce début d'année.



Il était évident que la série d’action la plus adulée du net allait un jour ou l’autre voir ses personnages et son unité de temps et d’action unique affichées en pixels.
Sans graviter aux sommets des adaptations bâtardes réussies (où Goldeneye 007 a confortablement pris les formes du coussin du trône), 24: THE GAME s’avère être une agréable surprise en forme d’actionner résolument bourrin bricolé par des scénaristes/concepteurs fondus comme nous de la série, de ses protagonistes et de son efficacité.
Les aventures de Jack Bauer et de ses collègues de la CTU (plusieurs personnages jouables comme Tony Almeida, Michelle Dessler et même l’insupportable Kim Bauer !) se jouent à la troisième personne dans un esprit d’action sans temps mort et d’infiltration au chausse-pied plus proche d’un Syphon Filter que d’un Metal Gear Solid ou d’un Splinter Cell.



Quand on sait que la première saison de la série empruntait énormément au jeu de 909 STUDIOS(scènes cinématiques qui suivaient les personnages dans des courses effrénées, liaisons en direct avec vos coéquipiers pendant les phases de jeu, traîtres au sein de votre agence qui se faisaient une joie de vous pourrir la vie), la boucle est bouclée !
Ici STUDIOS CAMBRIDGE reprend à Syphon Filter son déroulement, sa prise en main (système de récupération de armes, de dash) et hélas ! ses graphismes poussifs.. A part dans les deux dernières missions, c’est à se demander si l’on est bien en 2006. Contours grossiers, ralentissement crispants, gestion de l’architecture et des objets comiques, dégâts corporels mal gérés, successions de couloirs vides… tout ou presque est à revoir !


Heureusement, le travail fourni au niveau de la mise en scène arrive à sauver les meubles.
Modélisation des personnages saisissante alliée au doublage de tous les acteurs, séquences cinématiques qui arrivent à capter l’énergie de celle de la série : cadrage claustro’ au plus près de l’action, zoom et dézoom montés sur un rythme de cardiogramme, principe du compteur respecté à l’écran, cliffhanger de fin d’épisode… le tout au service d’un scénario plutôt malin qui se permet en plus d’apporter sa dose de bourrinage salutaire, d’éclaircir les mystère balancés à la gueule du téléspectateur lors du final de la saison 2. Et quand ils ne se cassent pas à finir le travail des scénaristes de la série, STUDIOS CAMBRIDGE s’amuse à créer des relations entre certains personnages, à inventer des histoires parallèles malignes qui ne servent au fond qu’à solidifier la cohérence et la mythologie de la série.



Une heure de l’histoire est séparée en plusieurs petits chapitres qui s’enchaînent de la manière suivante : une phase d’action à la troisième personne (qui constituent près de 70% du jeu)se termine sur la découverte d’un fichier informatique, d’une bombe ou d’une carte à décrypter immédiatement envoyée à la CTU. Commence alors un puzzle-game qui une fois résolu, permettra au personnage jouable d’avancer un peu plus loin dans la mission. La fameuse horloge et la musique de Sean Callery arrivent à toujours au bon moment quand l’action commence à monter.
Les fameux split-screen sont aussi présents pendant les phases de jeu, ils nous permettent de découvrir où sont cachés les ennemis les plus fourbes ou de voir ce qui nous attend dans la pièce d’à côté.



Mais tout ne brille pas dans 24: the game, loin de là. D’abord, il faut savoir que le compteur n’est pas réellement respecté contrairement à ce qui avait été avancé par les producteurs. A part dans certains cas, il est possible de passer autant de temps que l’on veut sur une mission. Ensuite, si les phases d’actions se révèlent jouissives, notamment grâce au système de tir semi-automatique bien calibré, on ne peut pas en dire autant de la plupart des mini-jeux qui pètent le rythme plutôt qu’autre chose. Les puzzles-games semblent tout droit sortit d’un cahier de vacances pour écoliers de primaire et comble du jeu de voiture, les phases en caisse dans le L.A. miniature ont des airs de sous-Driver. Reste les trop rares phases de « sniping » sur les toits et les séances d’interrogatoires tendues (même si on aurait aimé pouvoir user de la fameuse botte secrète de Jack qui consiste à tirer dans le genou de l’interrogé pour gagner du temps !). On regrettera aussi certaines phases de jeu qui ne font que retarder la durée de vie du jeu quand certaines pirouettes scénaristiques, en plus de plomber l’ambiance, ne font que souligner certains problèmes inhérents à l’écriture de la série (Jack s’apprête à désamorcer une bombe quand des terroristes apparemment assoiffés de sang sortent du toit pour tenter de l’abattre, un témoin qui tombe sous une pluie de balles alors qu’il était sur le point de faire des révélations importantes…).



Bourré de bonnes intentions mais plombé par des graphismes archaïques, une difficulté mal gérée et une durée de vie assez courte (10 heures pour finir l'aventure), 24: the game s’en tire quand même avec les honneurs. A défaut d’innover en terme de gameplay, la chose apporte son lot de surprises quand elle s’attarde à récréer l’ambiance si particulière de son modèle et arrive même à ravir le fan quand elle s’acharne à s’inscrire dans l’univers de la série de la manière la plus intelligente et la plus sobre qui soit.
Un jeu qui ne parlera qu’aux fans désireux d’échanger l’espace de quelques heures la grosse bedaine qui leur sert de corps contre celle d’un véritable agent de la CTU. Pari presque réussi.

Attilio vous invite à visiter son site amermites.com

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