Par Damien Duvot - publié le 29 mars 2005 à 10h04 ,
MAJ le 24 septembre 2009 à 17h25 - 29 commentaire(s)
L'Avis du Jour met en avant quotidiennement l'opinion rédigée et argumentée de l'un des membres du forum de dvdrama. Aujourd'hui la parole est à Damien Duvot qui nous parle du réalisateur Roland Emmerich (Independance Day, Godzilla, Le Patriote, Le jour d'après)



Suite à un entretien sur la sortie du Jour d’après, je suis tombé sur cette phrase énigmatique du grand Roland : « Mais Independance Day est un film 100% ironique ! Le public n’a rien compris ! ».
Du coup je me suis pris à douter de cet homme-là.
Et si je m’étais trompé, et si le réalisateur de Universal Soldiers (avec Jean Claude et Dolph dans le même film !!) était doué ?
Du coup j’ai revu Independance Day, et il est impossible à voir au second degré entièrement. Les blagues sur le patriotisme outrancier des Américains ne passent pas, ou si c’était le but de les faire ironiques, elles semblent avoir été réalisées au premier degré. Mis à part le coup de poing sur l’extraterrestre, le reste, comme le discours du président ou le suicide de l’ivrogne ne passent pas au second degré, elles restent insupportables.
En fait, Tim Burton s’en est beaucoup mieux tiré avec son Mars Attacks, qui, s’il était un pamphlet contre Independance Day, devient un pamphlet contre les USA, et ID4 reste entre deux chaises.



Par contre, il est étonnant de voir que son Godzilla est mille fois plus réussi dans sa forme ironique, et d’ailleurs, ce film là semble plus abouti que ID4.
Le casting de Godzilla réunit des stars comiques comme Hank Azaria, Harry Shearer, Kevin Dunn… l’interprétation de Jean Reno fait souvent sourire (No croissant ?) et Matthew Broderick en « héros peu crédible » nous fait sourire.
Voir la scène où tous les Français (qui s’appellent tous Jean-kekchose) se font massacrer, bien qu’étant surarmés et surentraînés pendant que Matthew pousse un raptor de l’ascenseur avec son pied et renverse une machine à bonbons semble surréaliste.
De même, avec une profonde analyse, on remarque que les destructions sont dues aux militaires et non au monstre. Et le p'tit vieux qui court à 100 km/h au début sur le quai est assez risible.
Enfin, il est rigolo de voir que le monstre a contourné tous les USA pour arriver à New York. En bref, ce film semble vraiment être un film ironique sur les Etats-Unis (et aussi contre le gouvernement Français) à la différence d’un ID4 qui se prenait les pieds dans le tapis.
Avec la sortie du Jour d’après, la vision du réalisateur nous apparaît enfin toute entière. Oui, étant un immigré Allemand aux USA, il nous propose cette vision, cette vision étrangère d’un pays où il ne comprend pas tout.
Cette fois-ci, il ne se cache pas sous un côté « fun et rigolo », il critique ouvertement l’Amérique.



Bien entendu, entre lui et un autre cinéaste exilé (qui nous a rien fait depuis Starship Troopers) le fossé est encore énorme, et les stupidités affligeantes affluent : la glaciation instantanée est complètement idiote, et pourquoi il casse pas la porte avec la hache, plutôt que de se risquer à faire le tour ? En gros, il garde toujours ses problèmes de scénario de film B (ou de film Bay ! ah ah ah ) et n’a pas encore atteint sa maturité de cinéaste engagé.

Je dirais donc que Roland Emmerich veut se sentir un Verhoeven, mais qu’il en est encore bien bien loin, quand il arrivera à l’ironie d’un Starship Troopers, ou au brûlot pamphlétaire d’un Robocop, on verra. Pour le moment c’est une chrysalide qui cherche son cinéma. En voulant faire de l’ironique, il garde ses clichés de l’Hollywood du Blockbuster. Il n’est pas encore un cinéaste doué.
Mais c’est tout de même une carrière à suivre… Il finira bien par atteindre son but…
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