Adapté du polar de Douglas Kennedy, L'Homme qui voulait vivre sa vie est la première incursion d'Eric Lartigau hors de la comédie. Rencontre avec Marina Foïs.

Par Julien LOUBIERE - publié le 31 octobre 2010 à 00h00 ,
MAJ le 31 octobre 2010 à 15h51 - 0 commentaire(s)

Prochainement à l'affiche de L'Homme qui voulait vivre sa vie d'Eric Lartigau (à l'affiche le 3 novembre 2010), la malicieuse Marina Foïs nous explique pourquoi il faut aller voir le film, adaptation littéraire du roman éponyme de Douglas Kennedy. Elevée à l'humour Canal, elle revient aussi sur son parcours au cinéma, de plus en plus remarquable.

 

Qu'est-ce qui vous a attiré dans cette aventure cinématographique ?

J'ai lu le roman à sa sortie, j'ai été attiré par l'interprétation que l'on pouvait en faire (dans une adaptation cinématographique), car il serait vain de vouloir adapter fidèlement l'auteur, d'autant plus que le roman original est raconté à la première personne. Dans le film, on vit avec Paul - on perçoit pleinement son vertige intérieur - et Eric Lartigau est parvenu à construire un espace dans lequel le spectateur est interpellé et pense. Il est jeté dedans, il n'a pas le choix. Les questions d'identité, de rupture sont universelles. Toute comme le problème de l'instant qui peut faire basculer une vie.

Vous êtes-vous approprié facilement le personnage de Sarah, pleine d'amertume ?

Je n'ai pas eu la sensation de rentrer dans un personnage. J'ai voulu qu'elle existe immédiatement comme une personne. J'ai apprécié de jouer la banalité, le désamour. J'ai saisi ce rôle comme une chance. Dans le film, Paul (Romain Duris) et Sarah (Marina Foïs) ont oublié leur rêve, leur couple ne fonctionne plus, ils flirtent avec le néant. Les excès des personnages m'ont semblé très intéressants. En fait, le cinéma raconte les vérités.


L'homme qui voulait vivre sa vie de Eric Lartigau
 

Dans le roman de Douglas Kennedy, Sarah est différente, Eric Lartigau a-t-il écrit le rôle en pensant à vous ?

Non, mais on se reconnaît dans des rôles. Je me suis identifié à Sarah...

C'est donc grâce à vous si Paul réalise ses rêves ?

L'histoire fait de lui un homme. Il n'a d'autre choix possible que celui de s'engager car il manquait cruellement de courage et d'audace. Paul s'était totalement oublié, il était prisonnier et avait besoin d'un électrochoc. Même si son geste et sa fuite le condamne et le libère en même temps.

Changeriez-vous d'identité ?

Je changerai bien d'identité, dans un corps totalement différent, grande, brune, la peau mate... avec un autre cerveau aussi !

 

L'homme qui voulait vivre sa vie de Eric Lartigau

Voir Eric Lartigau changer de registre ne vous a-t-il pas effrayée ?

Je serai mal placée ! Non, je ne mets aucune étiquette sur les gens. De plus, quand on voit ses trois premiers films, il est évident qu'Eric Lartigau sait raconter une histoire en image, qu'il est un vrai metteur en scène.

Vous avez tourné avec Christophe Honoré (Non ma fille tu n'iras pas danser), dans Happy Few d'Anthony Cordier, et maintenant dans L'Homme qui voulait vivre sa vie. On ne vous voit plus comme un personnage humoristique...

Je suis mes envies sans calculer et sans penser aux « ruptures ». C'est davantage un problème de réalisateur, mais aussi d'image qu'on renvoie au spectateur, à laquelle je prête attention. Je reviendrai à la comédie mais je voulais me lancer dans des choses inédites, voilà pourquoi je me suis tournée vers autre chose.

Quels sont vos projets ?

Je serai au théâtre du rond point dès janvier dans Harper Reagan, mis en scène par Lukas Hemleb. Je serai ensuite à l'affiche d'un film italien de Davide Manueli aux côtés de Vincent Gallo et Charlotte Rampling.
Vos réactions


Plus d'actu
logAudience