Les aficionados des
Jeudis de L'angoisse ont dû probablement tomber sur
L'invasion des Cocons tant la chaîne l'a diffusée à l'époque. Déjà usé jusqu'à la corde sur la défunte Cinquième, il trouva une nouvelle niche télévisuelle avec M6. Le film lorgne amplement sur les plates bandes d'Alien à ceci près qu'il situe son intrigue sur notre bonne vieille terre. De son vrai nom
Deep Space, cette série B est l'œuvre du tâcheron Fred Olen Ray. Ce réalisateur est un habitué des productions à tout petit budget, étant tout de même à la tête d'une bonne centaine de métrages TV et cinéma. Dernièrement, pour les fans de séries télé, il a réalisé plusieurs épisodes de
The Lair l'an passé.
L'invasion des Cocons fleure bon la série B à trois francs six sous piochant ici et là dans les canons du genre. Avec sa jaquette (version VHS ) racoleuse et immédiatement kitch, on ne nous ment pas sur la marchandise. L'accroche désuète disait en gros caractères bien baveux "regardez bien ce qui est assis à côté de vous…!". À l'instar d'
Alien, notre gros monstre est un parasite qui pond des œufs à l'intérieur des corps humains. D'ailleurs, le fameux monstre possède plusieurs morphologies différentes en fonction de son évolution. Et tout comme Alien, l'une de ses étapes d'évolution ressemble à celle du facehugger, mais en version Z. La vilaine bébête n'est pourtant pas d'origine extraterrestre, mais humaine, fruit d'expériences scientifiques tarabiscotées. Envoyé dans l'espace pour des raisons assez obscures, ce qui arrange bien les scénaristes, l'engin subit des perturbations, si bien qu'il finit par se crasher sans prévenir dans un coin paumé aux States. Sur les traces de l'impact, il ne reste qu'un gros amas organique inerte. Mais ce n'est qu'en apparence, bien évidemment. Lorsque le gros cocon va être examiné par un médecin un soir de pleine lune, le temps d'un champ contre champ, un gros monstre s'en échappe tous crocs dehors, la séquence se finissant dans un cri tonitruant du médecin et une grumeleuse gerbe de sang sur les murs. Le monstre est lâché, et rien ne pourra l'arrêter.

C'était sans compter sur le détective Iam Macliamor en la personne d'un second couteau de chic et de choc : Charles Napier, qui joue les boy-scouts de service. Il est loin le temps de ses rôles de flics corrompus des premiers Russ Meyer. Le vieux briscard cabotine et s'en donne à cœur joie, surtout si c'est pour sauver la veuve et l'orphelin. Et pour corser les réjouissances, il se pare d'une superbe partenaire Carla Sandborn alias Ann Turkel sur laquelle il a des vues on ne peut plus explicites. Il va même se lancer dans une séquence de séduction en kilt à coup de bignoux aussi navrante que truculente. Et comme tous bons nanars, les dialogues sont d’un ringard jusqu'au-boutisme. Notre détective part donc à la poursuite du monstre qui massacre des pauvres et innocentes victimes servant tantôt de nourritures, tantôt d’incubateurs pour sa progéniture.
Pendant ce temps-là, on apprend que les militaires aidés par une tripotée de scientifiques binoclardes possèdent des scanners pouvant localiser le monstre. Eux aussi se lancent à sa recherche, mais de manière la plus discrète possible. Ils restent à distance afin qu'on ne puisse les soupçonner d'être derrière tout cela. Charles Napier est donc l'homme de la situation.

Lorsque l’on voit enfin le monstre de plain-pied, il est doté d'une agilité pachydermique, et d’un design caoutchouteux kitsch. Il se laisse aller ici et là, en pondant des œufs à la manière de la Queen Alien. Et comme dans tout bon nanar au scénario de pacotille, afin d'aider le sympathique détective dépassé par les événements, on fait appel au service d'une sombre et inquiétante voyante qui va dans l'ombre faire progresser le film qui commence à tourner à vide. Les scénaristes n'ayant pas réussi à se creuser le ciboulot sans perdre leurs 3 neurones qu'ils leur restaient, ils ont donc eu cette idée réchauffée. Une technique bien usitée dans le genre dont
Mimic reste l'étendard avec Charles S. Dutton.
Grâce aux pouvoirs mystiques de la charmante voyante, elle envoie le duo de détectives sur les traces du monstre afin de le débusquer. Et après moult aventures et rencontres manquées, on assiste à un final "dantesque" dans une usine désaffectée. Un combat à mort va opposer le gentil flic et le vilain monstre. Maculé de sang, notre héros passablement poussé à bout, vide plusieurs barillets en pleine gueule du monstre qui reste insensible. L'ultime affrontement se fera à coup de tronçonneuse décapitant littéralement la tête du monstre dans un mugissement tonitruant. Une fois son devoir accompli, notre brave détective brandira la tête de la bête comme trophée et la balancera à la poubelle. Charles Napier recevra un tendre baisé de sa partenaire tout émoustillée devant sa grosse tronçonneuse. Si ce n'est pas une belle fin!