Par - publié le 28 mars 2006 à 04h04 ,
MAJ le 24 septembre 2009 à 17h51 - 16 commentaire(s)
La doublure (demain dans les salles) l'atteste : Francis Veber aime les personnages qui reviennent au fil de ses scénarios. Selon la formule et l'individu (ce qu'il provoque ou ce qu'il est), c'est soit François Pignon, soit François Perrin, soit Campana. On vous éclaire ?

LE PROBLEME FRANCOIS PIGNON
De manière générale, le Pignon a "une belle tête de vainqueur" (dixit Lhermitte dans Le dîner de cons). Bis repetita, un imbécile heureux. Les nommés sont :



JACQUES BREL (L'emmerdeur, d'Edouard Molinaro, 73)
Histoire : Un tueur à gages sur un "contrat" se voit dans l'obligation, de sauver la vie d'un commis voyageur aux tendances suicidaires. Rapidement, ce dernier devient très collant, empêchant le tueur dans sa mission. On retient : le duo Ventura - Brel qui fonctionne drôlement bien et les premiers pas de Veber en tant que scénariste.

PIERRE RICHARD (Les Compères, de Francis Veber, 83)
Histoire : Tristan Martin, un adolescent de 17 ans, fait une fugue, au désespoir de sa mère Christine. Pour le retrouver, celle-ci envoie deux de ses anciens amants, en leur faisant croire que l'un d'entre eux est peut-être le père. Transportés par leur soudaine paternité, ces derniers deviennent de fins limiers.
On retient : Pignon bouffe sa cravate dans un hamburger, se casse le bras, et le fils de Michel Aumont, déjà second rôle trouble-fête de Veber, se demande à la fin quand est la fête des pères. Succès public.



PIERRE RICHARD (Les Fugitifs, de Francis Veber, 86)
Histoire : Les temps sont durs pour François Pignon qui doit soigner sa fille. Il s'est même résigné à braquer une banque. Il va jusqu'à prendre en otage Jean Lucas, un ancien repris de justice sortant tout juste de prison, pourtant bien décidé à devenir honnête...
On retient : la relation entre Pignon et sa fille muette depuis la mort de sa maman, une perruque mal coiffée, un taulard braqué, un vétérinaire gâteux joué par Jean Carmet et une phrase culte "il a avalé la baballe, il a avalé la baballe en jouant". Beau film qui alterne parenthèses émouvantes et situations drolatiques.


JACQUES VILLERET (Le dîner de cons, de Francis Veber, 98)
Histoire : Tous les mercredis, Pierre Brochant et ses amis organisent un dîner où chacun doit amener un con. Celui qui a trouvé le plus spectaculaire est declaré vainqueur. Ce soir, Brochant exulte, il est sur d'avoir trouvé la perle rare, un con de classe mondiale: Francois Pignon, comptable au ministère des Finances et passionné de modèles réduits en allumettes. Ce qu'il ignore c'est que Pignon est passe maître dans l'art de déclencher des catastrophes. On retient : un faux producteur belge, Prevost en pote des impôts pas rigolard, un Pignon aussi con que touchant qui ne sait pas qui ne connaît pas le prénom Just.



DANIEL AUTEUIL (Le Placard, de Francis Veber, 2001)
Histoire : François Pignon, un homme au costume sombre et à l'allure discrète, est comptable dans une usine de caoutchouc, dont le secteur privilégié est le préservatif. Il est sur le point d'être licencié, lorsque sur les conseils de Belon, son voisin d'immeuble, il propage la rumeur selon laquelle il est homosexuel. Suite à ce faux coming out, les cadres de la direction décident de garder Pignon pour des raisons "politiquement correctes". Celui-ci passe brusquement pour un marginal, bien qu'il n'ait rien changé à son comportement. C'est le regard des autres qui va s'en trouvé modifié.

On retient : un plat de pâtes minable, Pignon et ses photos gays, Depardieu et son pull rose, le monde de l'entreprise passé au scalpel par Veber et ses bons mots, Pignon à la gay pride avec un préservatif sur la tête...

GAD ELMALEH (La doublure, de Francis Veber, 2006)
Histoire : Surpris par un paparazzi avec Eléna, sa maîtresse, un top model superbe, le milliardaire Pierre Levasseur tente d'éviter un divorce sanglant en inventant un mensonge invraisemblable. Il profite de la présence sur la photo, d'un passant, François Pignon, pour affirmer à sa femme qu'Eléna n'est pas avec lui, mais avec Pignon. Pignon est voiturier. C'est un petit homme modeste. Levasseur, pour accréditer son mensonge, est obligé d'envoyer la trop belle Eléna vivre avec Pignon. Elena chez Pignon, c'est un oiseau de paradis dans un H.L.M. Et aussi une mine de situations.
On retient : Pignon ne comprend pourquoi il a des rideaux installés chez lui, Pignon est un séducteur impénitent, une quidam qui a les cheveux qui crament, Pignon fait la une des journaux et Pignon est décrit avec une tendresse peu coutumière de Veber qui a visiblement perdu son côté corrosif pour enchaîner des bons mots un peu articifiels, quelquefois...



MAIS AUSSI...
On l'a compris : l'imbécile heureux, c'est François Pignon. Et les autres personnages issus du cerveau fécond de Francis Veber ne sont pas en reste : s'il est un peu nigaud sans être complètement idiot, François Perrin prend la relève - et on rit grassement des situations qu'il provoque comme Jean-Pierre Marielle dans Cause toujours... tu m'intéresses, Pierre Richard dans Le Jouet, On aura tout vu, Le grand blond avec une chaussure noire, Le retour du grand blond, La Chèvre et Patrick Bruel dans Le Jaguar. Quant aux brutes épaisses, elles se prénomment Campana, autre perso récurrent de l'univers Veber: Michel Constantin dans Il était une fois un flic, Gérard Depardieu dans La chèvre et Jean Reno dans Le Jaguar. Tout un monde, oui.
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