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Retrouvons la critique du
Funny Games US de Michael Haneke, par jp33 qui se pose la question inéluctable et existentielle :
"REFAIRE OU NE PAS REFAIRE, TELLE EST LA QUESTION" La mode des remakes bat son plein. Tout et vraiment n’importe quoi se remake de nos jours. Des films à peine sortis dans le monde comme Rec sont déjà remakés outre atlantique ! Ce qui peut légitimement agacer le spectateur. Rappelons juste au passage que ce phénomène n’est pas nouveau - nouveau. Déjà à l’époque où la cinéma muet disparaissait, on pouvait voir des films remakés. Refaire pour faire mieux ? Pour adapter aux nouvelles moeurs ? Ou tout simplement pour engendrer plus de dollars ? Lorsque Hitchcock s’y colle dans les 50’s, c’est pour apporter un plus à son oeuvre et fignoler une oeuvre inaboutie. Cela donne un Homme qui en savait trop de grande qualité, qui arrive à une période de maturité artistique parfaite pour raconter cette histoire de la meilleure façon possible. Mais tout le monde n’est pas Hitchcock et un paquet de remakes restent plus qu’oubliés dans les mémoires collectives aujourd’hui. Qui se rappelle du remake de
M le Maudit par Joseph Losey (1951) ? Le remake n’est donc pas une affaire nouvelle ! Mais depuis bien dix ans, le remake a connu une renaissance et une apogée assez inquiétantes. Partant du cinéma fantastique, afin de relancer des franchises franchement épuisées, le phénomène s’étend de plus en plus à l’ensemble de la création artistique. Lorsqu’il y a dix ans Gus Van Sant réalisait une commande pour la Universal (
Psychose) personne ne pensait que le gugusse réaliserait une oeuvre mimétique complètement fétichiste qui se projetterait dans les musées quelques années après ! Vidant de sa substance (la tension et le suspense) le chef d’oeuvre d’Hitchcock, il prouvait par a + b que l’entreprise du remake pouvait être aussi rhétorique. Depuis cet ovni cinématographique, l’industrie Hollywoodienne s’est plongée dans cette folie des remakes.

Tous les films plus ou moins cultes des 70’s-80’s sont passées par cette moulinette avec, finalement, peu de réussites au compteur ! Combien de remakes restent en tête après projection ? Combien ont grassement rempli les poches des producteurs américains ? Eh bien pas énormément ! Mais la folie des remakes continue encore et encore... Après les comédies françaises dans les 80’s-90’s, les films d’horreur asiatiques, arrivent les remakes de films d’auteur européens ! Est-ce le manque d’inspiration qui est responsable de tout ce gros bordel ou le remake est-il devenu un nouvel exercice de style pour cinéastes avides d’expériences ?
SO FUUUUNNNNNNNYYYYYYYYYYYYYYYY... Il y a dix ans Michael Haneke réalisait un film coup de poing :
Funny Games. Racontant le massacre d’une famille bourgeoise par deux jeunes psychopathes bien sous tous rapports, qui voulaient s’amuser un peu, le cinéaste, né en Allemagne et non en Autriche, choquait (une habitude) par son sens clinique de filmer un crime atroce sans explications psychologisantes. On sortait de la salle en ne comprenant rien aux motifs des tueurs, ni l’intérêt d’un tel film. Mais c’était bel et bien le point du film. Dix ans après donc, il se lance dans le remake américain (et non américanisé) de son film le plus connu. Relançant, au passage, le débat légitime sur l’utilité d’une telle entreprise, Haneke s’en fout et se lance dans la relecture de son oeuvre. Relecture dans la sens littéraire : relire ce qui est imprimé. Son film est à cette image : relire un bouquin qu’on a aimé. On retrouve tout mais pas forcément l’essentiel : l’effet première fois ! Comme on connaît le fin, on ne peut être choqués comme la première fois. Et il est vrai que le cinéaste sadique (en tout cas envers ses personnages) n’aide en rien à la nouveauté. Crée pour le marché américain (il paraît qu’ils n’aiment pas les sous titres ! silence gêné) le film choque moins qu’un Psycho par exemple. Car Haneke a pour lui de refaire son propre film. En cela Funny Games Us. est très réussi. La direction d’acteurs, les cadrages, le scénario...tout concorde à dire que le film est réussi. Et il ne perd pas d’ingrédient à sa recette amère. Là où Van Sant échouait à reproduire une recette d’Hitchcock, Haneke réussit une nouvelle fois l’une des siennes.

Alors
Funny Games Us meilleur ou non que l’original ? Eh bien comme dit précédemment, artistiquement le film est réussi et une relecture (au sens littéraire ! bien compris !!!) ne peut faire de mal (quoique j’en ai encore des bleus !). Mais le film est destiné avant tout au public américain ou à ceux qui n’ont pas vu l’original. Le seul petit défaut de ce projet étrange : Micheal Pitt et Brady Corbet ne peuvent faire oublier Arno Frisch et Frank Giering ! Petit conseil : voyez l’original si ce n’est déjà fait.
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