Par Geouf - publié le 21 mai 2008 à 02h04 ,
MAJ le 25 septembre 2009 à 15h02 - 0 commentaire(s)
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Un habitué parmi les habitués, Geouf, livre ici son analyse de la saison 5 de la série culte Nip/Tuck... Sortez les scalpels !


La célèbre série de FX revient sur les écrans pour la cinquième année consécutive. Une nouvelle fournée comme toujours controversée, mais cette fois pour des raisons beaucoup plus inquiétantes. Nip/Tuck a toujours été une série choc, jouant constamment sur le politiquement incorrect, repoussant les limites de l'acceptable, que ce soit sexuellement ou moralement. Mais loin d'enfiler les scènes chocs juste pour se faire remarquer, le show proposait une analyse pertinente de la société moderne, entièrement tournée vers l'image, ainsi que des personnages attachants malgré (ou à cause de ?) leurs vices. Il était déjà étonnant d'apprendre la mise en chantier d'une nouvelle saison, tant la saison 4, pas extrêmement passionnante mais d'un niveau correct, sonnait comme le champ du cygne de la série. La plupart des intrigues mises en place lors des trois premières saisons trouvaient leur conclusion, et les deux héros finissaient par fermer leur cabinet de Miami pour aller s'installer a Los Angeles. Bref, une fin parfaite pour une série qui aurait certainement dû en rester là comme l'atteste cette saison 5 tout simplement catastrophique.


On a en effet l'impression que les scénaristes ont énormément de mal à relancer le show sur de nouvelles bases, tout comme les héros peinent en début de saison à se faire connaitre à Hollywood. Du coup, ils se perdent dans des sous-intrigues inutiles, voire carrément stupides. Car si l'idée de faire de Christian et Sean des consultants sur une médiocre série TV médicale est plutôt bonne, que dire de ce passage où Christian s'improvise gigolo du jour au lendemain ? Totalement à court d'idées, les scénaristes se contentent d'aligner des idées chocs tellement énormes et peu crédibles que le spectateur désabusé ne peut qu'en rire ou en pleurer. La série, constamment sur le fil du rasoir, arrivait auparavant à faire passer les idées les plus saugrenues grâce à un sérieux inébranlable (Famke Janssen transsexuelle ? Le Carver, violeur sans pénis ?). Mais ici, la pilule ne passe pas, surtout lorsque les scénaristes tentent de jouer au plus malins en créant un pendant imaginaire et cheap à la série, intitulé Hearts and Scalpels, dans le but évident de se moquer de la récupération et dénaturation par Hollywood des meilleures idées. Si la base est bonne, la série va définitivement trop loin dans la caricature, rendant celle-ci au mieux inefficace, au pire risible (voir l'épisode de Hearts and Scalpels où un personnage muni d'une queue croit être possédé et se met à vomir sur tout le monde façon L'Exorciste).


Ayant du mal à lancer de nouvelles intrigues et à créer de nouveaux personnages intéressants (la nouvelle petite amie de Sean, évincée au bout de 3-4 épisodes), le show se contente par la suite de ramener les anciens personnages secondaires. Mais une fois encore la mayonnaise ne prend pas, tant la façon dont ceux-ci reviennent est artificielle et tant les changements survenus dans leur vie entre les deux saisons sont peu crédibles. Passe encore que Julia, venue juste faire un petit coucou, reste tout le long de la saison et qu'on apprenne qu'elle est maintenant lesbienne, mais faire de Matt et Kimber des drogués, franchement... Déjà que l'idée de leur faire intégrer l'Eglise de Scientologie la saison précédente n'était pas brillante, là c'est carrément n'importe quoi. Et si encore ces personnages étaient correctement exploités. Mais non, là encore on saute d'une intrigue à l'autre sans réelle implication ni lien, la temporalité est plus qu'hasardeuse (parfois il s'écoule 1 mois entre deux épisodes, d'autres fois seulement 1 jour sans qu'on en soit prévenu). On assiste par exemple au grand retour de Gina, la Némésis sexuelle de Christian, qui aura droit à la mort la plus naze et ridicule de la série. Rendez-vous compte : au cours d'une partie de jambes en l'air avec Christian sur un balcon, elle bascule par-dessus la rambarde et va s'écraser quelques étages plus bas. Une scène tellement hallucinante de bêtise que le spectateur stupéfait se demande ce que le scénariste a pu fumer pour trouver une idée comme ca. Les autres rôles réguliers ne sont pas mieux lotis. Roma Maffia est une fois de plus sous-exploitée, et son personnage de Liz ne doit pas apparaitre plus de 5 minutes par épisode, juste histoire que Christian fasse une blague anti lesbiennes, Conor, le deuxième fils de Sean, a carrément disparu, sa fille apparait dans 3 épisodes au grand maximum (ça ne change pas beaucoup des autres saisons, me direz-vous), le fils de Christian n'apparait pas non plus beaucoup plus...


Et au niveau des nouveaux venus, ce n'est pas brillant non plus. Entre la petite amie de Julia (Portia de Rossi, que les fans d'Ally MCBeal connnaissent bien) qui disparait inexplicablement en milieu de saison et l'agent psychopathe de Sean, le spectateur ne sait plus où donner de la tête. Mais le pire personnage reste la lolita psychopathe, fille de la compagne de Julia. Un personnage qu'on a déjà du mal à croire seulement âgé de 18 ans, et dont on ne comprendra jamais vraiment la psychologie. En gros, dès que les scénaristes sont en panne d'inspiration, ils la ramènent pour qu'elle fasse une nouvelle saloperie aux héros. Donc en une seule saison, elle va : se faire opérer de l'hymen pour que sa mère n'apprenne pas qu'elle couche à droite à gauche, essayer de transformer la fille de Sean en salope, coucher avec Sean, empoisonner Julia avant de lui tirer dessus, tourner dans un film porno avec Kimber, faire chanter Christian, et j'en passe et des meilleures. Un personnage détestable, qui cumule à peu près toutes les tares possibles et imaginables. Difficile donc de croire à la somme d'exactions qu'elle commet et surtout de comprendre pourquoi elle fait tout ca (pour coucher avec Sean ? Ah ben non, elle le plaque deux épisodes après...).

Bref, les quelques bonnes idées de cette saison sont noyées dans un océan de portnawak et ont bien du mal à surnager. On notera tout de même un épisode sous forme d'émission de télé réalité plutôt réussi, la rivalité grandissante entre les deux amis lorsque Sean deviendra une star de la télé, et le passionnant (mais sous-exploité) personnage de Rachel, une jeune israélienne défigurée par un attentat à la bombe humaine et qui a des morceaux du terroriste incrustés dans tout le corps. En ces rares occasions le show retrouve de son intérêt, mais ces quelques points positifs sont vite balayés par la médiocrité du reste. Et malheureusement, vu que la saison se termine sur un cliffhanger qui est pratiquement le même que celui de la saison 2 (on remplace juste Christian par Sean), on se doute qu'il y aura une sixième fournée derrière. On croise maintenant les doigts et on espère que Ryan Murphy saura redresser la barre avant que son bébé ne soit définitivement plus que l'ombre de lui-même. La saison de la dernière chance ? Sans l'ombre d'un doute...

Note : 2/10


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