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Retrouvons aujourd'hui à la critique de
Sans arme ni haine ni violence, le premier long-métrage réalisé pr Jean-Paul Rouve, par jp33... Et le moins que l'on puisse dire, c'est que JP n'est pas tendre avec lefilm.
LES ENFANTS DE LA TELEDébutant comme quinzième rôle dans la grande série (sic !)
Julie Lescaut, Jean-Paul Rouve n’était pas forcément prédestiné à être là où il en est aujourd’hui. Il faut bien commencer quelque part me direz-vous. Il était aussi à cette époque l’un des Robins des bois, humoristes canal, chaîne qui participe au budget de presque tous les long métrages français, ceci explique donc cela. Canal est la place où il faut être si on veut réussir... Quelques années après avoir démontré qu’il pouvait tout jouer (ou presque) avec des interprétations plus que convaincantes (
Mr Batignole, Nos Jours Heureux, La Môme), le sieur Rouve se lance dans la réalisation. Comme si c’était la consécration ultime que de réaliser des long métrages. Nous sommes, il faut dire à une époque où le mélange des genres est de bon ton et où la transversalité ne choque plus personne. Tous les comiques, et c’est désolant, réalisent des long métrages : Dany Boon, Chabat... La liste est longue et donne quelque fois des nanars indiscutables (les films de Bigard ou de Chazel au hasard !) ou des succès populaires énormes (facile les gens de la télé attirent plus que les autres, ils sont plus vite identifiables). Mais au delà de ce manque d’ambition et de prise de risque de la part des producteurs français, bien plus frileux qu’il y a dix ans, il y a un vrai fait sociologique, une sorte d’engrenage obligatoire.

N’importe quelle personne qui veut réussir dans le cinéma doit faire de la télé et n’importe quoi tant que cela fonctionne (combien de jeunes vont à la star ac’ ou consorts pour être acteur ou réalisateur alors que ces émissions sont pour des chanteurs !). La célébrité fera le reste et en peu de temps vous pourrez voir des humoriste ou mannequins envahir vos écrans de ciné ! Le respect pour le cinéphile n’existe plus ! Je ne dis pas que je suis contre des génies de la comédie qui ont bien fait de faire le transfert, mais combien de Jean Dujardin va falloir se taper avant de découvrir un Eddie Murphy ou un Chabat dans une moindre mesure ? Moi ce que j’en dis... Les grands, les vrais se concentrent sur leurs dons en les bossant et ne voient pas la réalisation comme but ultime. Regardez Auteuil : pas un seul film réalisé ! Enfin.. !!... Retour au sujet principal : le premier film réalisé PAR Jean-Paul Rouve starring Jean-Paul Rouve (là ça fait déjà beaucoup).
SANS ARME, NI HAINE, NI VIOLENCE... NI SAVEUR !Donc Starring Jean-Paul Rouve dans le rôle de Albert Spaggiari, célèbre pour son casse de la banque de Nice. Hummmm Hummmm une histoire vraie et un personnage resté célèbre : les délires de grandeur de Rouve acquiescent une rumeur persistante un peu partout : il aurait pris, depuis quelques temps, la grosse tête. Mais ce n’est pas là le sujet...

Le générique, plutôt efficace, hommage aux films des 60’s, 70’s commence : l’impression ne part pas. Une heure et demi après, l’impression demeure ! Prétentieux ! Son film, en scope s’il vous plaît pour montrer qu’il s’y connaît, bénéficiant d’une belle lumière, confirme son goût pour les bonnes choses. Mais sa direction d’acteurs, trop hésitante, ne confirme en rien un talent si puissant qu’il fallu l’exprimer. Son scénario, à l’image du reste, prouve que ce fait divers rigolo sur le papier, aurait dû y rester... sur le papier ! Comment arriver à donner l’impression qu’une heure et demie en font presque une de plus ? Filmer une sous histoire, déjà vue ailleurs et en mieux : la confrontation entre un homme basique face à un truand charismatique (revoyez tous les films américains sur le sujet !). Cela ne fait aucunement un film de cinéma. Et même si il se réclame du ciné popu du samedi soir, cela ne fait toujours pas un film.
L’hommage, ainsi que la connaissance d’un sujet, en forme de clins d’yeux permanents au spectateur, ne colmatent en rien les trous d’air d’un scénario survolé. Le reste du casting en pâtit ! Gilles Lellouche, vu ailleurs et en mieux, ne donne jamais l’impression de se perdre dans l’univers de Spagiarri, comme voulu par le scénario. Quant à la sublime Alice Taglioni, elle ne prouve pas, encore, l’étendue de son jeu. Elle n’est qu’un objet et mérite des rôles plus denses. Retour donc au sujet principal : Rouve. Même si il reste sympatoche dans les habits de ce bonhomme ridicule, une chose lui échappe pour créer son personnage. Un charisme, un magnétisme qu’il n’a pas et qui font de lui un excellent second couteau mais un décevant premier rôle. Pour un rôle comme celui là, il est vrai que cela fait tâche. Et même si il voulait égratigner Spaggiari, là encore c’est foutu. Il apporte justement un regard tendre sur ce personnage qu’il trouve si ridicule. Donc problème entre intention et résultat ! Pas mauvais juste très dispensable. A quand un film réalisé par Dujardin ? Par contre là, vu que le bonhomme me défrise, je n’irai pas perdre une heure trente pour voir ses premiers pas derrière la caméra ! Je m’abstiendrai, merci bien !
Note : 4/10
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