Par Jonathan Ragueneau - publié le 14 avril 2008 à 07h00 ,
MAJ le 25 septembre 2009 à 14h12 - 12 commentaire(s)
Bonne nouvelle, les lecteurs de DVDrama (oui c'est bien de vous dont il s'agit) vont à nouveau pouvoir profiter de cadeaux en pagaille en envoyant à tity@dvdrama.com leurs productions : Top 20 / Flop 20 / Avis du jour / Dossier du net / Scan séquence / Nanar...
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L'Avis du Jour met en avant l'opinion rédigée et argumentée de l'un des membres du forum de dvdrama. Aujourd'hui, cette rubrique consacrée aux lecteurs revient sur Transformers de Michael Bay.


Transformers représente la quintessence du travail de Michael Bay en tant que cinéaste : de jolies filles jeunes et parfaites, de beaux gosses tombeurs malgré eux, des courses poursuites hallucinantes, une musique de fond riche en cuivre et parfois un peu lourde voire souvent patriotique, des sujets improbables, un manichéisme primaire, des scènes d’action parfois gratuites mais toujours hallucinantes, le tout sur fond de pouvoir US systématiquement dépassé par les évènements et sans cesse sauvé par une équipe de geeks improbable mais résolument confiante en elle, avec un QI surdéveloppé mais réagissant comme des ados (ce qu’il sont souvent de surcroît). Pour preuve, il suffit maintenant d’appliquer tout cela à des films comme ID4, The Island, Armageddon ou bien encore au pif The Rock. Etonnant non ? Au-delà de ces considérations, on en peut que rester pantois devant l’alchimie en résultant.

Une fois encore, le cocktail fonctionne du feu de dieu pour cette adaptation que certains qualifiaient de casse gueule. Transformers est une claque monumentale où l’action non stop se conjugue à l’attachement du spectateur pour cet ado américain ordinaire, peu sûr de lui qui va se découvrir via le traditionnel (?) chemin initiatique qui l’attend au tournant sur fond de guerre inter espèce pour la domination du monde. De fait, avant de la transformer en héros sauveur de l’humanité, on n’échappera pas à l’humiliation en classe, la démonstration d’une situation précaire pour s’acheter une voiture et la manque de confiance en soi en ce qui concerne la gent féminine.


Le film de Bay est à ce propos remarquable car s’implantant résolument dans le monde d’aujourd’hui (pas trop le choix vu le sujet) avec une jeune acteur étonnant (pourtant échappé d’une série à deux balles pour ados) qui n’hésite pas à faire fuser les références clin d’œil à des films comme 40 ans toujours puceau, E.T. et consort. Les films de Bay eux-mêmes ont droit à leurs propres caméos tel Armageddon (je n’en dirais pas plus car ces quelques lignes de scénario non fondamentales en soi participent au confort de l’éventuel spectatuer qui vient générallement voir ce genre de film en étant adepte du genre pop corn movie à grande échelle et donc assistant à tout ça en tout connaissance de cause).


Seul point négatif dans cette ode au film bourrin mais bien foutu qu’est Transformers, les raccourcis monumentaux du scénario dès que se pose une situation à problème. Dans le feu de l’action, on nous accompagne gentiment mais sûrement. Sans trop en dévoiler, comment un mastodonte comme Mégatron a-t-il pu être transporter il y a plus de 80 ans du Pôle avec les moyens techniques de l’époque ? Comment ont-ils pu le sortir de sa gangue de glace en un morceau et le transporter malgré son poids ? Comme la Bumblebee a-t-il pu rejoindre le cube cosmique (clin d’œil aux marvelophiles) à travers le dédale du couloir du barrage ? Comment Mégatron a-t-il pu atterir là en restant congelé sans être réveillé ? Comment les lunettes sont elles restées dans la famille de Shia LaBeouf alors que leur propriétaire est mort sous le coup de sa rencontre avec Megatron et que le gouvernement de Hoover avait certainement ratissé tout la zone ? Où Megatron a-t-il pu scanner la reproduction d’un avion de chasse au début du 20ème siècle ? Et on pourrait continuer comme ça longtemps. C’est le genre de question existentielles qui s’imposent malgré elles comme pour Retour vers le Futur III. Bah oui ! Pourquoi McFly et Doc Brown se prennent le chou à essayer de trouver un substitut à leur réservoir d’essence percé alors qu’il serait si simple de récupérer celui de la Delorean enterrée dans la mine (celle qui a été zappée par la foudre et qui a permis à Doc de se retrouver en plein Far West) et de laisser un mot aux futurs McFly et Brown des années 1950… ? La masturbation temporelle est si sympathique ! Mais revenons à nos robots.


L’action est monumentale et d’une fluidité rare pour de la synthèse, l’intrigue se construit rapidement sous nos yeux et se termine dans une bataille rangée générale en plein cœur d’une mégalopole sans compter des punchlines à fortiori déjà cultes, qu’elles soient données par les Autobots / Decepticons ou par les acteurs eux-mêmes (« J’adore qu’on me tripote la mécanique / tu peux me donner un coup de jus / C’est toi, le pseudo Ebay tombeur217 ? »....) Le pouvoir en place et ses secteurs secrets ne sont pas épargnés, sont montrés comme complètement dépassés (à l’image du président de la plus grande puissance du monde qui n’a qu’une réplique , avec plan sur ses chaussettes rouges et non sur son visage : « tu me fais péter un roulé au chocolat chérie ? »), voir tournés en riducule à l’image d’une scène savoureuse avec le chef de la section 7. Cette position a toujours été l’une des composantes centrales des films de Bay. Pour mémoire, le staff présidentiel complètement dépassé d’Id4 et d’Armageddon ou bien encore la perte de contrôle du projet de clonage de The Island, parfaitement connu mais accepté des autorités.
Les pérégrinations du père de famille moyenne sont également à l’honneur pour cet OFNI que l’on peut comparer à une BD cinématographique et parfaitement décortiquées dans leurs travers par les Autobots eux-mêmes (« Ah, les parents ! / Je peux les détruire ? …. »)

Enfin, coup de génie de la prod, l’adaptation en mode filandreux et quasi organique des robots eux-mêmes , remarquables d’anthropomorphisme (voir les dents de fauve de Mégatron et la douceur bleutée dans les yeux des Autobots) et en plus, bourrés d’humour. Chaque Autobot possède son caractère en propre et semblent tous être des ados sous la coupe de Prime. Dixit Bumblebee vexé de n’être qu’une image d’épave roulante ou les tentatives désespérées de ce dernier pour se faire comprendre (merci, Michael pour ce double hommage aux trekkers !). De plus, une suite est déjà sur les rails, grâce à la fin ouverte de cet opus.


Pour finir, je ne décortiquerai pas les scènes d’actions et de poursuite car je désire en laisser la primeur à tous les nouveaux possesseurs de cette rondelle. Je ne peux que conseiller vivement ces 135 mn de film durant lesquelles on ne s’ennuie pas une seconde. Cela faisait longtemps que le pop corn movie n’avait pas proposé quelque chose d’aussi bon (et qu’on en me parle de Pirates des Caraïbes 3ème opus) et on peut se laisser surprendre à espérer d’aussi brillantes adaptations de série cultes des années 80’s comme Mask (imaginez les affrontements avec Venom en live !) ou Cobra (mais là, il faudra quelqu’un de particulièrement remarquable pour merner le projet à bien).

Autobots ! Transformation ! (parrallèle interessant avec des cris de ralliement classique d’équipes héroïques qui ont besoin de se donner courage avant l’affrontement. Vengeurs ! En Avant ! ou bien encore Pikachu ! Attaque éclair ! (mais je m’égare là…))


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