Le plus grand des plus grands n'est peut-être plus. John Carpenter dont il nous était encore récemment impossible de remettre le talent en question même en réalisant
Cigarette Burns pour la série
Masters of Horror soutient aujourd'hui cette daube radicale qu'est le remake de
Fog. Le cœur meurtri on se dit qu'il faut peut-être tourner la page et aller de l'avant et espérer y découvrir une nouvelle génération de cinéastes qui sauront mieux lui rendre honneur qu'avec cette idiotie de brouillard numérique à plusieurs millions de dollars. Sans aller jusqu'à parler de relève ou d'hommage, le jusqu'ici très discret et super indépendant
Last Rites, inconnu en nos contrées, ne cache pas son amour pour le cinéma de celui que nous continuerons néanmoins à appeler Big John.
Last Rites, c'est l'histoire d'un météore fraîchement écrasé dans les ghettos dangereux de Los Angeles et qui propage un virus transformant en zombies ceux qui l'inhaleront. Jusque là rien de très original à une période où l'on frise vraiment l'overdose de morts-vivants, d'autant plus que le pitch n'est pas sans nous rappeler le très moyen
Undead. Mais le petit plus, car pour révolutionner le cinéma de zombie il faut un "plus", c'est que cette fin de l'humanité annoncée donne le terrain libre aux deux plus gros gangs locaux pour s'entretuer, avant de faire équipe avec les forces de l'ordre et lutter contre ces créatures revenues d'entre les morts. Le genre de coalition sociale à laquelle le réalisateur nous avait effectivement habitué…
Mais mieux vaut encore se pencher sur la bande annonce qui a le mérite de donner le ton : au-delà des coudes sérés entre latinos, afros et bleus qui rappellent nécessairement
Assaut, la sécheresse de Los Angeles, les plans fixes de rues désertées, la musique et ses monstres goulièsques qu'on jurerait échappés de
Prince des ténèbres transpirent effectivement un cinéma de Carpenter dans sa période nerveuse. Plus étrange encore,
Last Rites prend le pari risqué de mêler le cinéma d'horreur et le film de gangsters contemporain, proposant son style bâtard à la croisée des chemins de
The Shield et de
Zombie. Une curiosité en soit qu'il nous sera néanmoins difficile de découvrir puisque l'entreprise n'est destinée qu'à un direct-to-video outre atlantique, son casting de séries Z télévisuelles y étant pour quelque chose.
Bande annonceSortie : rien d'annoncé !