A l'occasion de La Horde, de Yannick Dahan et Benjamin Rocher, retour sur quelques récentes tentatives de cinéma d'horreur made in France.

Par - publié le 28 janvier 2010 à 15h36
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A l'occasion de La Horde, de Yannick Dahan et Benjamin Rocher, retour sur quelques récentes tentatives de cinéma d'horreur made in France.
 
MARTYRS
Martyrs évoque les films sauvages des années 70, capables de bousculer la conscience du spectateur et de provoquer des sensations viscérales par la simple force des images. Le scénario qui a une construction pyramidale remonte entre des fausses pistes et des révélations inattendues vers l'origine du mal. Pascal Laugier n'est pas Pasolini (il est plus instinctif que théorique) ni même Haneke. Mais, de toute évidence, il invite à lire entre les lignes et à se demander pourquoi ces images-là agressent à une époque déshumanisée où la violence s'est banalisée. Pourquoi le cinéma crée encore du scandale et redéfinit l'obscénité ? On conserve d'une telle expérience un souvenir très éprouvé, tout en étant persuadé d'avoir vu une proposition mature et idéale de cinéma de genre. La meilleure à ce jour. RLV

 

 


SAINT-ANGE
Avant son jusqu'au-boutiste Martyrs, c'est avec un tout autre style que Pascal Laugier s'est fait découvrir comme nouveau talent du film de genre. En effet, loin de tout exposer à la rétine du spectateur, Saint-Ange préfère imprimer les mémoires et le fait durablement, distillant malaise puis terreur avant tout par son ambiance. Jeux de miroirs, cadrages subtils, photographie trouble, musique oppressante et surtout une volonté donnée au script aussi bien qu'à la caméra de créer une totale empathie physique et morale avec son personnage, le tout composant une esthétique presque organique à cet orphelinat cauchemardesque. Se refusant à une résolution tranchée de l'intrigue, Laugier livre ici un premier film dont l'étrangeté narrative comme filmique explique peut-être l'accueil un peu mitigé que lui a réservé la critique aussi bien que le public français. JD. 
 
A L'INTERIEUR
Pour leur premier film, Julien Maury et Alexandre Bustillo frappent fort. Avec cette histoire de femme isolée et enceinte lors du réveillon de Noël, le cadre est posé. Ce sera méchant, sadique et jusqu'au-boutiste. Béatrice Dalle y campe une inquiétante étrangère prête à tout pour... la maternité. De la photographie rouge-sang aux influences multiples (giallos, Mort un dimanche de pluie...), nos deux frenchies signent une oeuvre choc et jubilatoire qui ne laissent pas indifférents (plusieurs projets américains leur furent proposés, sans suite pour le moment) malgré un box-office un peu léger (64 000 spectateurs). VM.
 
HAUTE TENSION
Après Furia, Alexandre Aja signe avec Haute tension un survival haletant et gore à souhait. Les énergiques Cécile de France et Maïwenn, ainsi que le charisme hallucinant de Philippe Nahon ne sont pas pour rien dans la réussite de ce qui est devenu un gros succès vidéo en dehors de nos frontières. Aja poursuit depuis sa carrière hollywoodienne et l'on attend de pied ferme son Piranha 3D. JB.

 

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DANTE 01
Première tentative de Caro sans Jeunet, Dante 01 est une des très, très rares occasions où le cinéma français côtoie la science-fiction. Et malheureusement, ce n'est pas grâce à cette épopée mystico-carcérale que cela risque de changer. Les décors stylisés et le soin apporté à la direction artistique n'empêchent pas Dante 01 de sombrer dans le néant scénaristique et intellectuel. L'intérêt plastique est indéniable, mais à quoi bon si l'histoire et les personnages n'ont aucune profondeur dramatique ? Seule trouvaille poétique : le sacrifice d'un être pour apaiser la fureur d'une planète. Maigre consolation. GC.
 
VERTIGE
Vertige fait partie de belles surprises tendues, énergiques et efficaces. Malgré un point de départ simplissime - un groupe d'amis partis à l'aventure est menacé par un mystérieux individu - Vertige est une petite réussite, tendue et rythmée, portée par des personnages et des comédiens convaincants. Impressionnant dans les scènes qui justifient son titre, plus consensuel dans sa dernière partie, il mérite vraiment - et sérieusement - un coup d'oeil. GC.
 
MUTANTS
Pour son premier long-métrage, David Morley transforme Hélène de Fougerolles - si, si - en une des dernières survivantes dans un monde rongé par un mystérieux virus qui transforme les humains en ce qui s'apparente à des zombies. Le cinéma français de genre exploite rarement les atmosphères post-apocalyptiques, et Mutants s'en sort plutôt très bien avec ses lumières blanchâtres, ses paysages enneigés, son hôpital abandonné, et une certaine économie des effets et des personnages. Le film frôle régulièrement le ridicule - la flic de l'introduction, le dernier tiers et l'arrivée des "mercenaires" - et ne révolutionne absolument rien - l'être cher contaminé étant un motif récurrent du genre - mais demeure une preuve irréfutable que la France est capable de quelque chose de cohérent. Mutants n'a pas la prétention de bouleverser les choses, et c'est aussi pour ça qu'il est réussi. GC.  

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EDEN LOG
Premier film mis en scène par Franck Vestiel (après avoir été le premier assistant-réalisateur de Saint-Ange, Ils, et Dante 01, autant dire que l'homme connaît son affaire), Eden Log surprend et dérange. L'oeuvre pourrait s'apparenter à un mélange entre Cube et The Descent, toutefois doté d'une folie ainsi que d'une étrangeté supplémentaires. A travers cette histoire d'un homme qui reprend conscience au fin fond d'une grotte sans en connaître les raisons, Franck Vestiel explore le thème de la torture psychologique avec une fascination rare. Filmant son acteur principal au plus près (étonnant Clovis Cornillac), qui plus est dans des conditions extrêmement difficiles, le cinéaste entraîne le spectateur dans une folie communicative et propose au final un spectacle unique (une réussite visuelle indéniable), totalement dépaysant, amenant à une succession de questions souvent sans réponse ou presque. A sa sortie, Eden Log divise la presse. Quant aux spectateurs, la plupart restent totalement indifférents. Un 26 décembre, rien d'étonnant...Ceci étant, le long-métrage fut tout de même vendu dans 18 pays. Une juste récompense qui motivera certainement Franck Vestiel à reprendre un jour la caméra. Espérons. GB.
 
PROMENONS-NOUS DANS LES BOIS
A la fin des années 90, le slasher revint en force outre-Atlantique avec des films tels que Scream, Souviens-toi l'été dernier ou bien encore Urban Legend. Le succès étant généralement au rendez-vous, les Français commencèrent eux aussi à se pencher sur le phénomène. Et l'un des premiers à s'y risquer en ces temps obscurs sera Lionel Delplanque. Son film, intitulé Promenons-nous dans les bois, reprend toutes les caractéristiques du genre : budget réduit, jeunes acteurs encore peu connus et succession de meurtres généralement sanglants. Mais sans réelle expérience à l'époque, Lionel Delplanque livre un long-métrage plutôt bancal, alternant avec beaucoup de difficultés l'humour et la tension. N'est pas Wes Craven qui veut... Pour beaucoup, le film apparaît comme une grosse blague tournée entre copains, malgré un travail esthétique relativement maîtrisé. Aujourd'hui totalement oubliée par la presse et les spectateurs, l'oeuvre mériterait tout de même d'être revue, ne serait-ce que pour les improbables « performances » de Clotilde Coureau, François Berléand ou bien encore Michel Muller. Un nanar amusant dont le cinéaste se sortira avec une certaine classe, grâce à son second long-métrage, Président, un thriller politique admirablement porté par le talent d'Albert Dupontel. GB.
 
MALEFIQUE
Prix du jury du 10e festival Fantastic'Arts de Gérardmer, le premier long-métrage d'Eric Valette rencontre très vite un fort succès critique. Produit par Bee Movie, société à l'origine de Un jeu d'enfants et Bloody Mallory, Maléfique est un huis clos troublant où la réussite des effets spéciaux n'a d'égal que la prestation des acteurs prisonniers, Clovis Cornillac en tête. NS.


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