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Le deal, nouveau long-métrage de Jean-Pierre Mocky, est sorti ce 14 mars dans les salles hexagonales. Egal à lui-même, le franc-tireur du cinéma français continue avec ce nouveau précipité de pointer du doigt l’hypocrisie des hautes sphères étatiques. Il développe avec son humour coutumier une intrigue policière qui n’en finit plus de rebondir et de tirer sur tout ce qui bouge, des concierges aux flics. Exclusivement réservé aux amateurs.
Grabuge, sorti il y a un an et demi, est le dernier film de Jean-Pierre Mocky à avoir connu les joies d’une sortie en salle. Depuis, il a connu des problèmes de censure (comme il nous l’expliquait dans l’interview disponible en lien). Plus inoffensif,
Le deal est l’occasion pour lui de trousser un film policier taillé dans un noir qu’il affectionne. Et plus de doute possible: Mocky, fringant réalisateur septuagénaire, flingue tout le monde dans
Le deal et son trait moqueur atteint différentes cibles, des curetons pédophiles qui tombent amoureux malgré eux aux députés faux-derches qui se gargarisent de dîners onéreux.
Hervé Radius, cadre d'une société pétrolière, précipite sa jeune maîtresse dans une rivière après s'être disputé avec elle. Un témoin, Victor, assiste à la scène et décide de faire chanter Hervé. Ils conviennent d'un deal : Victor peut rester vivre chez Hervé s'il ne le dénonce pas. Mais Victor meurt accidentellement, mettant fin plutôt que prévu à l'accord mutuel. Hervé cache le corps de Victor dans son frigo, mais doit bientôt faire face à l'enquête de l'inspecteur Pignac qui n'est pas aussi idiot qu'il en a l'air. Pour se disculper, Hervé part à la recherche de personnes susceptibles de lui servir d'alibi.
Le gros problème du
Deal, qui ne restera pas comme l’un des plus grands films de Mocky, reste son mécanisme pavlovien qui consiste à répéter inlassablement le même système jusqu’à l’épuisement: les cris de l’enfant lorsque le député ouvre une porte, un meurtre approximativement toutes les vingt minutes pour relancer la machine, Renaud qui intervient comme un ménestrel paraphrasant les situations pour appuyer le trait là où ça doit faire mal. Heureusement, le cinéaste ne se prend jamais au sérieux et fait délicieusement swinguer le quotidien glauque avec un absurde de bon aloi, renvoyant par moments à sa prédilection pour l'humour égrillard des
Saisons du plaisir lors des cours vicelards de relaxation sexuelle où des femmes se donnent du plaisir sous des regards de voyeurs anonymes.
En somme, un film qui ne ressemble à rien d’autre si ce n’est du Jean-Pierre Mocky avec des dialogues taillés maison ("j’ai rien contre les pédés mais j’ai rien pour" ou encore "tu m’as plu, je t’ai plu, il a plu, il y en a de l’eau qui est passé sous ce pont") et des situations rocambolesques (les cadavres sagement rangés dans des caddies de supermarché). Le casting constitue son atout le plus sûr: Dreyfus fait avaler tout ce qu’il raconte, Jean-François Stévenin s’amuse comme un fou (les retrouvailles amusent quelques dizaines d’années après
Y a-t-il un français dans la salle?), Jacky Berroyer jubile en commissaire roublard, Alison Arngrim (la méchante de
La petite maison dans la prairie) parle si mal français que ça contribue au décalage et Renaud tire la tronche en assénant des rimes démagogiques et populistes.