Par Cédric Muffat - publié le 24 mars 2006 à 04h05 ,
MAJ le 24 septembre 2009 à 17h51 - 5 commentaire(s)
Depuis deux jours maintenant, les parisiens et franciliens de tous bords sont invités à se rendre au Grand Rex, salle mythique que par conséquent l'on ne va pas présenter, pour assister à la quatorzième édition du festival du film Jules Verne Aventure. Président d'honneur: Christopher Lee. Tout de même. La manifestation ne refermera ses portes que lundi 27 mars au soir, ce qui vous laisse encore le temps d'assister à quelques projections de choix. Mieux vaut tard que jamais.

Petit rappel: le festival Jules Verne Aventure, comme son nom l'indique peut-être vaguement, a pour vocation de célébrer l'esprit d'aventure et d'exploration, mais véhicule également des valeurs écologiques fortes et Ô combien d'actualité. Au menu: compétition de longs et moyens métrages documentaires (13 au total), projections spéciales, invités prestigieux, soirées thématiques, sélections de films hors compétition, remise de prix et concert symphonique. Burp.

Ce qu'il reste à voir

A l'heure hélas tardive où vous lirez ces lignes, le festival battra son plein. Il n'y a donc plus de temps à perdre pour profiter des temps forts offerts par le festival. Les hostilités commencent dès ce soir à 20h avec la projection en avant-première -et en présence du dessinateur David Lloyd- de V pour Vendetta, de James McTeigue, dont nous vous avons déjà parlé longuement ici même. Vous pourrez d'ailleurs retrouver la critique du film en suivant ce lien.
Le samedi 25 mars vous conviera à la Nuit de la Momie, toujours à 20h et toujours au Grand Rex, en présence de Christopher Lee himself. Après le documentaire Sur les traces de la momie de Wolter Braamhorst, vous pourrez voir ou revoir La Malédiction des Pharaons, un Hammer réalisé par Terence Fisher en 1959 avec Peter Cushing et -bien sûr- Christopher Lee. De quoi faire dresser l'oreille de tous nos Francis Moury en herbe.



La soirée de dimanche devrait rester comme un des grands moments de cette quatorzième édition: à partir de 20h30, jusqu'à 3000 heureux vont pouvoir se rappeler à quel point La Horde Sauvage, de Peckinpah; c'était quelque chose, quand même. Surtout dans sa Director's Cut. Et ce ne sont pas Bo Hopkins et Ernest Borgnine, présents à la projection, qui nous diront le contraire. Le film sera précédé de la cérémonie de remise des Jules Verne Awards, présidée par Patrice Leconte, qui fera d'une pierre deux coups puisqu'il en profitera pour présenter son petit dernier, Dogora, un film qui reste sans voix devant les jolis paysages cambodgiens. (Grand Rex, 17h45.)
Enfin, ultime point d'orgue, cinéphiles et BOFophiles auront la joie immense d'assister -lundi 27 mars à 20h30- à un concert donné par 75 musiciens qui interpréteront pour nos esgourdes ébahies quelques standards des musiques de films d'aventures, parmi lesquelles Le Seigneur des Anneaux, Jurassic Park, Indiana Jones et le Temple Maudit, 2001: l'Odyssée de l'Espace… Qui seront les heureux élus? Il ne tient qu'à vous, franciliens, de pouvoir dire "j'y étais".

Ce survol serait toutefois incomplet sans évoquer le noyau dur du festival, à savoir sa compétition de documentaires. Gorilles avec ou sans brume, éruptions volcaniques, monstres abyssaux, quotidien d'une tribu africaine, tigres de Sibérie, exploration spatiale, orques et lions… Il y en a pour tous les goûts, toutes les formes, tous les terrains et à peu près tous les pelages. Un seul point commun: l'évasion, la grande. On vous épargne la liste complète, cela serait fastidieux, mais vous pourrez toutefois retrouver le programme du festival (avant premières, compétition et hors compétition, sélection "Un autre voyage"…) ainsi que les tarifs et renseignements pratiques directement sur le site officiel: www.jva.fr

Comme le dirait notre Kevin Prin national: "la réponse n'est qu'à un clic de vous".
Vous savez ce qu'il vous reste à faire.


Ce que vous avez raté

Le festival a démarré mercredi soir. Nous sommes vendredi. Les plus matheux d'entre vous aurons donc remarqué que deux journées leur sont passé sous le nez. Ce qui n'est pas une raison pour ne pas les évoquer, ne serait-ce que pour la mise en bouche.



La soirée d'ouverture de mercredi a lancé la manifestation sous des auspices plutôt favorables, malgré un léger manque de rythme dû à des discours un peu empotés parfois. Après avoir fait une bonne heure de queue (une queue à l'image du Grand Rex; soit 500 mètres de long sur 4 de large), c'est une salle quasi pleine qui a assisté à la présentation par leurs instigateurs des grandes lignes du festival de cette année, bandes annonces à l'appui. L'on ne s'étendra pas sur les détails de cette présentation, d'hors et déjà caduque et un peu longuette, pas plus que sur celle des membres du jury (il est présidé cette année par Samuel Le Bihan pour ceux qui se posaient la question) pour en venir directement à ce qui nous intéresse: l'arrivée en grandes pompes de l'immense -à tous points de vue- Christopher Lee, président d'honneur de cette édition 2006. Première surprise: l'acteur s'exprime dans un Français parfait et quasiment sans accent. Deuxième surprise, qui n'en est pas vraiment une: très loin de son image de vieux monsieur digne et guindé, l'homme se révèle étonnamment chaleureux, presque désinvolte, et lâche même quelques mots d'argot ("pèze, flouze, oseille," sic!) afin de dérider l'atmosphère. Non seulement il y parvient, mais ses propos s'avèrent empreints d'intelligence et d'humilité. On n'était finalement pas si loin de notre première impression: c'est la classe.
Après une vidéo de Johnny Depp venu faire un coucou à son "pote" (en français dans le texte) et la remise d'un Jules Verne Award d'honneur à Lee pour l'ensemble de son oeuvre, la soirée s'est achevée par un petit speech de Patrick Poivre d'Arvor (pourquoi pas) suivi de la projection en avant-première de Antartica, prisonniers du froid, en présence de son réalisateur Frank Marshall, de son lead character Paul Walker et d'un attelage de chiens de traîneau. (Si si.) Autant le dire tout de suite: on est très loin du film japonais de 1983 dont ce remake est tiré, tant en terme de qualité que d'efficacité. Là où Antarctica version 1983 collait aux pattes de ses Huskies tout du long, ce qui en faisait pratiquement un film sans paroles mais gavé de rebondissements et d'images marquantes, Marshall préfère jouer la prudence et opère des va-et-vient incessants entre ses acteurs à fourrure, coincés sur la banquise du pôle sud en plein hiver, et les tentatives à mourir d'ennui de sa star bipède pour rejoindre ses toutous et les rapatrier sains et saufs. Rajoutez à cela une romance hors sujet en guise de sous-intrigue et un calvaire animalier bien fadasse (dommage, c'était quand même le sujet du film), et vous comprendrez qu'il ne reste pas grand-chose à sauver de cet Antartica. Allez; à la niche.



Enfin, à l'heure où nous écrivons ces lignes, nous n'avons pas encore assisté à la Nuit des Explorateurs, qui a eu lieu -pour vous- jeudi soir. Mais il y a tout lieu de croire qu'elle a dû rehausser considérablement le niveau. Jugez plutôt: projection en Grand Large (écran géant) de 2001: l'Odyssée de l'Espace en présence de Keir Dullea, soit le rôle principal, mais surtout de Buzz Aldrin! Oui, vous avez bien lu, le deuxième homme à avoir posé le pied sur le sol de la Lune en juillet 1969 était à Paris hier pour la projection de 2001.

Mais trêve de teasing: soyez sûrs de toute façon que nous reviendrons sur cette soirée dans un compte-rendu plus complet, ainsi d'ailleurs que sur l'ensemble du festival et sur quelques uns des films présentés en compétition. D'ici là, il vous reste jusqu'à lundi pour vous ruer dans les deux salles de la manifestation. On vous y attend.
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