Par La Rédaction - publié le 14 décembre 2007 à 05h04 ,
MAJ le 25 septembre 2009 à 12h00 - 2 commentaire(s)
De temps à autre, une idée surgit des brainstormings intensifs des rédactions croisées de Dvdrama et d’Excessif : il s’agit d’un nouveau rendez-vous hebdomadaire qui aura lieu le jeudi et qui permettra à nos lecteurs de réagir à chaud sur les films sortis durant la semaine. Le jour d’après permettra ainsi d’avoir un panorama d’avis divers sur l’actualité cinéma brûlante et sera intégralement rédigé par nos lecteurs excessifs. Pour participer, il suffit d’aller voir un film le jour de sa sortie et d'envoyer un mail à laurent.tity@dvdrama.com ou de poster simplement son avis chiffré sur les forums des critiques cinéma. On attend avec impatience vos écrits à partir de mercredi prochain.


I’M NOT THERE

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Neuf ans après son réussi Velvet Goldmine, fausse bio-pic sur David Bowie, Todd Haynes nous refait le coup du film hommage. Il fait jouer Bob Dylan à six acteurs. Six facettes d’un personnage ambigu et changeant. Alors faire jouer le même personnage à plusieurs acteurs n’est pas vraiment une nouveauté, Buñuel le faisait déjà dans le temps avec Cet obscur objet du désir, et plus récemment Todd Solondz avec son inégal Palindromes. Procédé qui veut dire beaucoup de choses mais qui, si il est réduit à sa seule utilisation peut s’avérer rapidement fatigant. Donc revenons à nos moutons, six Bob Dylan pour le prix d’un pourquoi pas ? En refaisant le coup du scénario puzzle, Haynes perd réellement le spectateur là où il y a dix ans, s’en tenant à un seul personnage/acteur, il touchait au juste et à l’universel. Il ne fait que rendre plus opaque la personnalité et la vie de Dylan. Long, très long même, je ne suis jamais rentré dedans car je n’ai pas compris l’intérêt du truc. La B-O est évidemment sublime, les acteurs parfaits (Cate Blanchett, Christian Bale, Heath Ledger, Ben Whishaw, Richard Gere, Marcus Carl Franklin) mais jamais le film emballe. Trop surfait, dans la représentation permanente de son procédé, il ne fait sourire qu’à un moment où Haynes utilise la partition magnifique de Nino Rota, créée pour le Casanova de Fellini, lorsqu’il montre Dylan poursuivant une jeune femme. Séquence assez mignonne. Sinon I’m not there reste une grande déception.

Note : 1/10


  • La Critique


    LA NUIT NOUS APPARTIENT

    mathius

    De nouveau le trop rare James Gray réussit un film exeptionnelle où il oppose encore Joaquin Pheonix et Mark Walhberg dans une tragédie familiale aux rebondissements incessants et inattendus. Du grand art. Déjà un classique.


  • Tout simplement le film "magistral" de l'année 2007. Une véritable leçon de grand cinéma avec des prestations d'acteurs exeptionnelles à la hauteur des réputations de chacun et une réalisation ample, au diapason de cette tragédie familiale. Ils sont frères mais vivent pourtant dans deux mondes différents, même antagoniques. Bobby (Joaquin Pheonix) est une jeune patron d'une boite de nuit branchée appartenant aux Russes, où la mafia Russe implante sa drogue. Son frère Joseph (Mark Walhberg) est un membre éminant de la police new-yorkaise, ainsi que leur père. Le boss de Bobby ignore tout de la famille de Bobby qui n'en parle jamais bien qu'il ne soit pas mêlé pour le moment à ce traffic de drogue qui gangrène sa boite. Seule sa petite amie, la magnifique portoricaine Amada (Eva Mendes), connait sa véritable identité. Bientôt son père et son frère vont lui demander de coopérer pour coincer cette mafia. Mais aprés son refus, il se rend bientôt compte qu'un contrat a été lancé sur son frère. A partir de là, il décide de coopérer, mais désormais c'est toute sa famille qui est menacée de mort.

    Commençant par un beau travelling révèlant la boite de nuit plongée dans la musique enjouée des années 80, puis dérivant par opposition sur un univers plus feutré du bal de la police où Bobby rejoint subrepticement sa famille, La nuit nous appartient montre la mésentente de deux frères qui ont choisi des chemins tellement différents qu'ils ne se connaissent plus. Bobby souffre alors du peu d'attention à son égard de son père déçu par ses choix qui reporte toute son affection sur son frère. Mais quand l'enfer les frappent, Bobby choisit alors sa famille mais se condamne à se cacher pour survivre avant de se reprendre en main pour se sauver. Et le film va alors de surprises en surprises. Alors qu'on s'attend à un film d'infiltration du héros, on se rend bientôt compte que tout cela n'est qu'un petit chainon d'une grande histoire sur l'amitié fraternelle. L'attentat sur Joseph est inattendu à un tel moment du film, et le comportement en conséquence de son frère est sans appel. C'est bientôt Bobby qui va étonner en devenant un homme plus fort alors que son frère Joseph perd pied et tous ses repères de flic. Alors qu'ils sont devenus des inconnus l'un pour l'autre, tous ces drames vont finir par les rapprocher face à un ennemi commun.Tout le film est comme ça : toujours en mouvement et rebondissement logiques. Pour illustrer, quelques scènes sont tout simplement mémorables dans leur tragédie (comme par exemple une course poursuite en voiture sous la pluie où Bobby et son père évitent les balles de tueurs sans visage).


    James Gray a donc réuni les deux interprêtes de son précédent chef d'oeuvre The Yards (2000) : Mark Walhberg et Joaquin Pheonix. Et comme d'habitude, c'est "l'incroyable visage cinématographique de Johnny Cash" qui tire la vedette à son profit. Non pas que Walhberg, un peu en retrait tout au long du film, manque de charisme, mais Joaquim Pheonix est un phénomère en face duquel ses partenaires doivent faire de leur mieux pour ne pouvoir que le suivre dans sa prestation. Et la transformation de son personnage, d'abord fragile puis vengeur (le final au fusil à pompe), montre à quel point cet acteur d'exeption est capable de toucher à tous les registres. Il ne faut pas oublier le géant Robert Duvall en patriarche attachant qui aime son métier mais surtout ses fils, même si il faut qu'ils soient en danger pour qu'il le leur montre. Eva Mendes a aussi le droit à un rôle sur mesure même si elle doit encore jouer sur son physique plus qu'attrayant pour attirer l'attention, mais elle s'en sort avec les honneurs. On sent dès le départ que ce personnage sexy et pourtant amoureux de Bobby causera une menace irrémédiable sur cette famille en quête de réconciliation. Et la réalisation classique et souvent "magistrale" (composés de plans vraiment trés beaux) de James Gray, magnifiée par des tubes des années 80, rend justice à cette bande d'acteurs exeptionnelle aux personnages attachants. A tel point que le film tient durement le spectateur par son suspens lié au fait qu'ils sont tous menacés de mort du début à la fin. A l'inverse, les bad guys (gangsters russes) sont un peu sous-exploités, nous vivons alors l'histoire sous l'angle de cette famille.

    Note : 9/10

  • La Critique


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