Sara Forestier a grandi depuis L'Esquive. Elle est aux côtés de Jacques Gamblin dans Le Nom des gens de Michel Leclerc, un film qui avait fait du bruit lors de sa présentation au dernier festival de Cannes dans le cadre de la semaine de la Critique, de part ses qualités mais aussi grâce à la présence, au générique, de Lionel Jospin. Au terme d'une belle carrière dans les salles, avec plus de 800.000 spectateurs puis deux César dont celui de la meilleure actrice pour Sara Forestier, Le Nom des gens arrive en DVD cette semaine. A cette occasion retrouvez l'interview de la comédienne.
Peut-on rire de tout ?
Sara Forestier : Je pense que dans la mesure où l'on rit ici AVEC les personnages du film, et jamais CONTRE eux, alors oui. Et c'est souvent dans l'autodérision d'ailleurs qu'on retrouve les humours les plus gonflés, les plus justes et les plus drôles. Je pense notamment à Woody Allen, que Michel Leclerc, le réalisateur du Nom des Gens, idolâtre.
Vous qualifiez votre personnage de « pute politique ». C'est facile à interpréter ?
Je vois le personnage de Baya comme une soixante-huitarde idéaliste et son engagement politique passe donc par son corps qu'elle utilise comme arme de destruction massive des fachos. Et le fait de projeter un personnage comme ça dans une époque qui n'est plus vraiment idéaliste, cela crée un anachronisme qui provoque des situations décalées et drôles. Et c'est toujours jouissif d'interpréter des personnages décalés, en décalage par rapport à ce qui les entoure.
Diriez-vous que vous avez une conscience politique ?
Dans la mesure où je vote, on peut dire que oui.
Qu'est-ce qui vous a séduit dans le scénario ? Est-ce sa capacité à traiter avec légèreté de sujets comme l'intolérance, le communautarisme, l'identité ?
Ce qui m'a surtout plu c'était le ton du film qui est vraiment une comédie différente de ce que j'ai pu voir d'habitude ; il y a une telle audace, c'est un humour gonflé, nouveau, libre. Il y a de l'absurde et du burlesque. Le scénario n'était pas drôle, il était hilarant ! Et bien sûr, j'ai aimé la finesse avec laquelle les sujets lourds (les obsessions nationales) étaient abordés, sans jamais tomber dans le cliché.
L'autre surprise du film, c'est qu'il est très cul. Quel est votre rapport à la nudité ?
Elle ne m'intéresse pas beaucoup au cinéma en général. Mais là, dans le film c'était différent, car c'est la situation - mon personnage nu dans la rue - qui fait tout l'intérêt de la scène, et non pas la nudité en elle même.
Avez-vous le sentiment que ce film va révéler une nouvelle facette de votre personnalité ?
Il m'a révélé à moi-même... En tout cas, une aisance dans la comédie et l'envie d'en faire plus.
Vous en avez marre de l'image que vous trimballez depuis L'Esquive ?
J'aime qu'on me parle de L'Esquive car ce film a marqué ma naissance en tant qu'actrice. Sinon en ce qui concerne l'image, j'ai aimé en changer régulièrement, à chaque fois que j'ai fait un nouveau film, et j'apprécie ce sentiment de liberté propice à la créativité.
Sinon, Lionel Jospin, c'est un bon acteur ?
Sara Forestier : On verra si Bill Clinton fera mieux... ou pas !

L'histoire : Bahia Benmahmoud, jeune femme extravertie, se fait une haute idée de l'engagement politique puisqu'elle n'hésite pas à coucher avec ses ennemis pour l[…]
