C’est le
3 juin que le nouveau coffret de la trilogie culte de Coppola a vu le jour dans nos linéaires. Une question peut alors se poser : un nouvel achat est–il nécessaire ? Conseillé ? Indispensable ? S’agit-il là d’une ultime ressortie sans intérêt ou d’une véritable remasterisation ? A une époque où les éditeurs n’hésitent pas à rajouter une featurette promotionnelle pour justifier une nouvelle édition dite Collector, toutes ces questions sont bien légitimes.
Nous vous proposons donc une autopsie de ce nouveau coffret afin que vous puissiez y voir un peu plus clair et il y a fort à parier que les anciens possesseurs du coffret seront taraudés entre deux choix : se contenter de ce qu’ils ont qui n’est déjà pas trop mal ou s’offrir un nouveau visionnage dans des conditions quasi optimales.
C’est au tour aujourd’hui du troisième opus de se voir passé au crible.
Image : 9/10
Si la jaquette du coffret annonce que seuls les deux premiers opus ont bénéficié d’une restauration, force est de constater que ce troisième volet a bénéficié d’une nouvelle attention de son réalisateur. On remarquera tout d’abord qu’à l’instar des transferts des deux premiers films, l’image retrouve son format d’origine et l’on gagne un peu d’image sur les côtés et sur le haut. Mais c’est une nouvelle fois la colorimétrie qui diffère légèrement. Ici également, cette dernière est plus riche et plus chaude, faisant ainsi merveilleusement ressortir la superbe photographie du film et ses teintes ocres. Malgré quelques imperfections de master, nous pouvons noter une définition solide, des contrastes parfaitement gérés et une compression remarquable.
Version 2001
Version 2008
Version 2001
Version 2008
Version 2001
Version 2008
Son : 8/10
Comme pour ses prédécesseurs, la version française s’offre un nouveau mixage Dolby Digital 5.1 (le précédent coffret nous proposait de découvrir le film dans un mixage Dolby Surround). Malheureusement, si certaines séquences, comme la scène finale, gagnent quelque peu en relief surround, la différence n’est pas en soi flagrante. La qualité technique est toujours au rendez-vous, mais, à film plus récent, bande son plus performante. Nous ne saurions toutefois vous conseiller de redécouvrir le film dans sa version originale et ce toujours pour la même raison : regarder le Parrain en français, c’est comme comparer un vin de table à un grand cru millésimé. La VO se montre évidemment pus naturelle dans la restitution des dialogues et la dynamique d’ensemble pertinente à souhait. Un vrai plaisir !
Interactivité : 7/10
Suite et fin des commentaires audio de Coppola et de sa grande saga. Le réalisateur revient entre autres sur les différentes fins envisagées pour le grand final (qui faillit voir naître un quatrième opus - une double structure narrative à l’image de celle du Parrain 2 nous aurait permis de suivre l’ascension des Corleone et notamment Sonny (James Caan) alors que dans le même temps, de nos jours, on aurait suivi la déchéance de la famille (du moins, les survivants) menée désormais par Vincent (le fils illégitime de Sonny interprété par Andy Garcia). Une nouvelle fois, l’intelligence de Coppola est de ne commenter ce qui se passe à l’écran que très rarement, pour se concentrer sur des propos de poids et nettement plus passionnants. Comme précédemment, il nous captive dès les premiers instants et malgré la longueur du film (et quelques blancs dans le discours), on reste en attente et on se passionne à chaque instant devant la passion du réalisateur.