A l'occasion de la sortie en salles du très attendu Fantastic Mr. Fox, retour sur nos amis les bêtes les plus célèbres, et ce, dans leurs versions animées.

Par Gilles BOTINEAU - publié le 16 février 2010 à 15h13
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Les enfants les aiment, le cinéma d'animation ne pouvait donc passer à côté d'un tel filon. Ainsi, les animaux y ont toujours occupé une place primordiale, connaissant alors diverses représentations, que ce soit à travers le regard des firmes Disney, Dreamworks, Sony et bien d'autres encore. Cette semaine, à l'occasion de la sortie en salles du très attendu Fantastic Mr. Fox, retour sur nos amis les bêtes les plus célèbres, et ce, dans leurs versions animées.
 
Les chiens et les chats, les meilleurs amis de l'animation 
Le chien est le meilleur ami de l'Homme. Tendre et fidèle à la fois, il conserve depuis des siècles cette image de bienfaiteur. Puisqu'il plaît avant tout aux enfants, le chien est donc très vite devenu une référence aux yeux des animateurs. L'un des premiers à s'y intéresser de près, c'est bien entendu l'immense Walt Disney. En effet, rares sont les longs-métrages du label qui ne présentent aucun chien dans leur casting. Qu'il soit en tête d'affiche ou dans un simple second rôle, son importance reste de taille. Il apparaît comme un personnage légèrement pataud (nom d'ailleurs donné à celui de Cendrillon), toujours propret, pour peu qu'il soit issu d'une bonne famille (Nana dans Peter Pan, Belle dans La Belle et le Clochard, Percy dans Pocahontas...), mais toujours sous un angle positif. Le chien chez Disney peut tout aussi bien être une victime (Les 101 Dalmatiens) qu'un adjuvant (Basil détective privé) pour ne pas dire un héros (Volt), prêt à développer la moindre amitié, même la plus improbable (par exemple, avec un renard dans Rox et Rouky ou des jouets dans Toy Story). Sa fidélité est d'ailleurs telle, que même décédé (sous la forme d'un fantôme), il continue de suivre son maître (L'étrange Noël de Monsieur Jack). Ces différentes représentations remportent généralement un immense succès, si bien que Disney ne peut plus se passer des chiens. Même dans un film entièrement consacré à des chats, les animateurs ne peuvent s'empêcher de nous offrir une séquence dans laquelle deux cabots en sont la vedette (Napoléon et Lafayette, dans Les Aristochats).
Concernant la concurrence, on retiendra principalement Charlie, mon héros, réalisé par l'incontournable Don Bluth, et la création d'un duo aujourd'hui mythique, notamment pour ses différentes représentations en pâte à modeler,  Wallace et Gromit, dont le chien est certes muet, mais particulièrement expressif. Dans l'ensemble, les caractéristiques de l'animal n'évoluent guère et reprennent ce qui a jusqu'ici fait sa gloire.

 

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De son côté, le chat présente deux imageries possibles. Il peut tout aussi bien être ce petit animal tendre et adorable que l'on connaît tous et en même temps cette créature fourbe et malicieuse, dotée d'une méchanceté assez poussée. Dans Oliver et compagnie, on nous décrit un chaton d'une gentillesse incomparable, abandonné puis recueilli par un chien errant nommé Roublard. En revanche, Belle et le Clochard doivent faire face à deux siamois, Si et Am, aussi diaboliques que sournois. De plus, la souris étant un personnage récurrent dans bon nombre de dessins animés, le chat apparaît très souvent comme son plus proche et redoutable ennemi (Cendrillon, Basil détective privé). Plus intéressant encore, les origines de l'animal diffèrent selon l'histoire racontée. A la différence du chien qui généralement détient toujours un maître (auquel il ressemble d'ailleurs, si l'on en croit Les 101 Dalmatiens), l'habitat d'un chat varie de la simple gouttière au plus haut de l'échelle sociale. Mais quel que soit le cas, il conserve cette liberté et cette indépendance qui lui sont définitivement propres (Les Aristochats).
 
L'ours et la souris, symboles de l'enfance
Quel enfant ne s'est jamais endormi avec un ours en peluche dans les bras ? Bien que terrifiant et d'une dangerosité extrême, l'ours a toujours été l'un de nos chouchous, à l'opposé du loup qui pourtant se révèle moins agressif dans la réalité. Quoi qu'il en soit, l'ours devint très vite incontournable dans le monde du dessin animé. Walt Disney le comprit aisément et ce n'est d'ailleurs pas un hasard s'il se lança dans la production du célèbre Livre de la jungle. Dans cette version datant de 1967, Baloo apparaît même comme l'un des personnages les plus réussis et les plus mémorables, conséquence de chansons particulièrement enjouées (« Il en faut peu pour être heureux... ») mais aussi d'un caractère bonhomme qui séduit de bout en bout. L'un des plus beaux hommages qu'on puisse lui rendre... Trente-six ans plus tard, les studios aux grandes oreilles consacreront d'ailleurs un film tout entier à l'animal, intitulé Frère des ours, l'histoire d'un jeune indien, Kenai, métamorphosé par une éclatante lumière, celle des Grands Esprits. En revanche, son lointain cousin, et pourtant symbole du WWF, n'aura droit que trop tardivement à sa première représentation animée. C'est donc en 2008 et sous la direction de Mark Osborne que l'on découvre enfin Kung Fu Panda ! Délire assuré à travers ce personnage au charisme époustouflant, drôle et attendrissant à la fois. En somme, excepté le féroce grizzli surgissant dans Rox et Rouky, l'ours continue de développer une image globalement positive au sein de l'animation.

 

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De la même façon, la souris a toujours eu une place importante dans notre enfance. En effet, c'est elle qui venait récupérer nos dents de lait pendant notre sommeil, l'échangeant alors contre une petite pièce. L'image de cet animal se trouve définitivement popularisée dès l'année 1928, date de création du personnage Mickey Mouse. Ce dernier se montre comme la représentation-type du citoyen modèle, honnête et courageux, heureux avec sa fiancée (Minnie), entouré d'un chien fidèle et d'amis certes turbulents mais toujours aussi généreux (Donald, Dingo, etc.). Dès lors, la souris devient une véritable icône chez Disney. Parallèlement à l'exploitation de Mickey, d'autres personnages sont donc développés au sein de nombreux films. Ainsi, ces petits rongeurs obtiennent un rôle secondaire très important, souvent humoristique, parmi les plus grands classiques du label (Gus dans Cendrillon, Rocquefort dans Les Aristochats, Timothée dans Dumbo). Mais très vite, la souris devient l'héroïne principale de plusieurs longs métrages, sa petite taille lui permettant de résoudre moult intrigues (Basil détective privé, Les Aventures de Bernard et Bianca). Parallèlement, un nouveau et très sérieux concurrent fait son entrée dans la cour des grands, Don Bluth, proposant en 1982 Brisby et le secret de Nimh. Un premier succès, qui conduira le réalisateur à poursuivre dans cette voie. Ainsi, quatre ans plus tard, il nous présente un lointain "cousin", Fievel, qui sera la tête d'affiche d'une série de longs-métrages, parmi lesquels Fievel et le Nouveau Monde et Fievel au Far West.
 
Les animaux sauvages
Après avoir exploité jusqu'à l'excès les animaux domestiques, les animateurs se sont donc rapidement intéressés à des bêtes plus lointaines. Parmi les plus récurrentes, citons le lion, réaliste (Le Roi Lion) ou totalement caricatural (Robin des Bois, Madagascar), le tigre (Le Livre de la jungle), le crocodile (Peter Pan, La Princesse et la grenouille), l'éléphant (Horton, Tarzan) ou bien encore le loup (Trois amis mènent l'enquête, Les Trois petits cochons, La Véritable histoire du Petit Chaperon Rouge). Ces créatures, presque « mythiques » car finalement lointaines de notre quotidien, nous apparaissent alors soudainement plus familières, voire accessibles. Elles appartiennent désormais à notre culture et rivalisent parfois, de par la justesse de leurs représentations, avec celles visibles dans la plupart des documentaires. Bambi décrit notamment avec véracité l'univers de la forêt et les saisons qui passent. De même, Le Monde de Némo réussit, au delà de son intrigue bouleversante, à montrer toute la richesse des océans. Par ailleurs, les animateurs n'oublient pas ceux souvent discrets mais vivant, a contrario, plus proches de nous, dans l'ombre de nos maisons ou de nos villes. Le renard, aujourd'hui vedette de Fantastic Mr. Fox, fit déjà brillamment parler de lui dans l'admirable Robin des Bois signé Wolfgang Reitherman. En effet, qui mieux qu'un renard, à la fois libre et rusé, pouvait représenter avec magnificence l'extraordinaire prince des voleurs de la forêt de Sherwood dans une version animée ? De même, dans Rox et Rouky, il est celui qui se révèle être le plus intelligent face au chien, bêtement élevé par un maître sans scrupule. Dans chaque long-métrage, l'objectif des animateurs consiste en fait à embellir et à glorifier certaines espèces que l'on ne respecte pas toujours assez, par manque d'attention ou, tout simplement, de connaissance. Pour pallier ce problème, certains films racontent l'histoire d'animaux domestiqués (Dumbo) ou brusquement arrachés à leur milieu naturel (Bernard et Bianca au pays des kangourous). Dans Nos voisins, les hommes et Happy Feet, on parle aussi beaucoup d'écologie. L'Homme se présente alors comme étant la menace principale. Une bonne morale pour, souhaitons-le, une meilleure prise de conscience à venir... 

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Les insectes
Dans la vraie vie, les enfants ne les apprécient pas toujours. Il est évident que de se faire piquer par une abeille ou sentir la triste odeur d'une punaise complexée peut en rebuter plus d'un. Confiants, certains animateurs se sont tout de même intéressés aux insectes. L'un des premiers à se lancer dans l'aventure n'est autre que Jean Image, à travers son film Jeannot l'intrépide, premier long-métrage animé français de l'Histoire. Dans sa seconde partie, on y découvre une multitude d'espèces, des abeilles aux frelons, en passant par les mantes religieuses, les fourmis, ou bien encore différentes larves. Un véritable documentaire en soi. Plus étonnant encore, le cinéaste nous fait profiter de son humour et s'amuse ainsi à créer un comparatif entre notre société et celle des insectes, sobrement intitulée Insectville. Une description visuelle et sonore les présente alors avec un incroyable second degré, digne des oeuvres de Jacques Tati et des grandes répliques façon Pierre Dac. Quelques années plus tard, les studios Pixar, sous la direction de John Lasseter et Andrew Stanton, apportent eux aussi leur pierre à l'édifice. Ils conçoivent alors 1001 Pattes, l'histoire d'une fourmilière en prise avec une bande de sauterelles racketteuses. Une oeuvre aussi drôle que touchante, faisant une fois de plus référence à notre propre univers, notamment par un bêtisier final, clin d'oeil ironique à certaines « productions humaines ». Concurrente directe, la maison Dreamworks proposera elle aussi, et avec quelques mois d'avance, un regard personnel et plus adulte sur le sujet, avec FourmiZ. Mis en scène par Eric Darnell et Tim Johnson, le film suit les mésaventures d'une fourmi ouvrière, Z-4195,  amoureux fou de la princesse Bala.  

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Les dinosaures
Outre le Jurassic Park de Steven Spielberg, bon nombre de films animés se sont également penchés sur le thème des dinosaures. Le dernier en date provient des studios Disney. En l'an 2000, ceux-ci pensaient alors créer l'évènement. Il faut dire que leur Dinosaure présente une technique et un esthétisme aussi précis que somptueux. Pour davantage de réalisme, les réalisateurs Eric Leighton et Ralph Zondag ont filmé la plupart des séquences de leur film en milieu naturel, avant d'y insérer les différents personnages entièrement recréés par ordinateur. Malheureusement, le script reprend à quelques détails près la même structure qu'un autre long-métrage sorti en 1988, Le Petit dinosaure et la vallée des merveilles, véritable perle animée conçue par Don Bluth. Celui-ci propose en effet des dessins et un humour particulièrement enfantins, à l'opposé de la version disneyenne, mais au final beaucoup plus réussis, notamment de par une richesse visuelle et scénaristique, sans oublier une psychologie des personnages hautement développée. Depuis, on n'a jamais vu mieux. Pire, oui, avec Les Quatre dinosaures et le cirque magique de bien triste mémoire, ainsi que Les Aventures de Impy le dinosaure, beaucoup trop fade à notre goût... Dernièrement, Chris Wedge fut à l'origine d'une célèbre trilogie, L'Âge de glace, qui, excepté le dernier épisode, évoqua d'autres personnages issus des Temps Anciens, tels qu'un mammouth, un paresseux et un tigre aux dents de sabre.


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