Grâce à votre réactivité, à votre imagination et à votre passion, la rubrique blogs de DVDrama recèle d'informations, analyses et autres délires savamment pensés par vos soins. Alors que le plus célèbre agent du MI-6 britannique effectue son retour sur grand écran, le blogueur Geouf publie son dossier sur une excellente série qui gagne à être connue, à savoir
MI-5.
A l’heure où les américains règnent sans partage sur le petit monde des séries TV, et où la France est absolument incapable de produire autre chose que des sitcoms débiles qui ne font rire que les ados décérébrés ou des séries policières sans suspense, il est bon de voir qu’au Royaume-Uni on est capable de produire des fictions télévisuelles de qualité.
MI-5 (
Spooks en VO) est de celles-là et tient la dragée haute à n’importe quelle série d’espionnage américaine.
MI-5, comme son nom l’indique, s’intéresse au fonctionnement des services secrets de Sa Majesté. Enfin plutôt à la section spécialisée dans la sécurité intérieure, l’espionnage proprement dit étant réservé au célèbre MI-6. Chaque épisode est indépendant et présente une affaire différente sur laquelle la cellule va enquêter. Ce principe, qui pourrait être fatiguant à la longue comme il peut par exemple l’être dans
Les Experts (la série la plus surestimée du moment) est heureusement contrebalancé par des personnages intéressants et travaillés (ce que
Les Experts a totalement oublié de faire). Les caractères des héros sont bien distincts et chaque épisode apporte une touche supplémentaire permettant de comprendre leur psychologie, même si bien souvent l’enquête prime sur tout le reste. Les personnages principaux sont donc au nombre de 3.
Tom Quinn (Matthew Macfadyen), numéro 2 de la cellule, jeune et intelligent, patriote et attentif à ses hommes, le chef parfait, quoi. Zoe Reynolds (Keele Hawes), jeune et jolie, est experte en infiltration, sensible et intelligente. Enfin, Danny Hunter (David Ovelowo) est lui aussi assez jeune (il doit avoir intégré le MI-5 en même temps que Zoe) et est la tête brûlée de la bande, même s’il est compétent et prend de la bouteille au fil des épisodes. Autour de ces trois personnages principaux gravitent d’autres, plus secondaires mais importants, comme Harry, le chef de la cellule, parfois bourru mais foncièrement sympathique.
La saison 1, composée de seulement 6 épisodes, est comme souvent une saison d’introduction, permettant de présenter les enjeux et les personnages. Le pilote de la série est malheureusement assez mauvais, doté d’une intrigue peu passionnante (une histoire de groupe anti-IVG). La réalisation est poussive, à tel point que personnellement j’ai à des moments cru me trouver devant un mauvais épisode de
Julie Lescaut ou
Navarro. Heureusement, la suite compense largement ce faut départ et s’avère absolument passionnante. Les cinq épisodes restants de la saison sont tous exceptionnels, tant au niveau écriture que réalisation. La série bénéficie de scénarii de qualité, souvent liés de très près à l’actualité, ainsi que d’acteurs convaincants et attachants. La réalisation n’est pas en reste, avec notamment une utilisation très judicieuse du split screen (beaucoup mieux exploité ici que dans
24). Seul petit bémol, les personnages de Zoe et Danny ne sont pas extrêmement développés au cours de cette saison. Mais sur seulement 6 épisodes, les scénaristes ont privilégié le personnage de Tom, et ses difficultés à concilier vie de famille et travail d’espion. Des difficultés qui atteindront un point critique lors de l’éprouvant cliffhanger de fin de saison. A noter qu’on peut retrouver en guest star dans l’épisode 4,
Question de Confiance, l’excellent Anthony Steward Head, que les fans de
Buffy connaissent bien puisqu’il a incarné pendant 7 ans Rupert Giles, l’observateur de Buffy.

La saison 2, cette fois pourvue de 10 épisodes, reprend exactement là où la première s’était arrêtée, résolvant de manière subtile les événements de fin de saison 1. Cette saison est celle de la perte de l’innocence. Après avoir brillamment introduit les personnages et leur environnement dans la première saison, les scénaristes s’emploient ici à montrer ce qui se cache au-delà de ce que l’on sait. C’est une fois de plus le personnage de Tom Quinn qui sera le vecteur de cette prise de conscience, même si Danny et Zoe sont cette fois plus développés. L’introduction de nouveaux personnages, notamment celui ambigu de l’agent de la CIA Christine Dale, permet d’élargir le champ de la série, entre autre au niveau international. Il ne s’agit plus ici seulement d’arrêter des terroristes ou de protéger le pays, mais aussi de doubler les agents étrangers, ou de voler des technologies pour le compte du Royaume-Uni, quitte à aller à l’encontre de la morale et des lois. Tom et Zoe apprendront à leurs dépends que seul le résultat compte et que les dommages collatéraux sont légion. Cette prise de conscience s’accompagnera pour Tom d’un éloignement et d’un refus de l’ordre établi qui le mèneront jusqu’à un point de non-retour hallucinant dans le final de la saison… Cette saison, même si elle comporte quelques épisodes un peu plus faibles que la précédente (je pense entre autres à l’épisode 5,
SOS, qui peine à faire croire à son postulat), comporte suffisamment de perles pour remporter l’adhésion (dont l’excellent épisode 6,
Bras de Fer ou le tétanisant épisode 9,
La 7e Division).
En bref, deux excellentes saisons pour une série qui mérite totalement l’engouement qu’elle suscite au Royaume-Uni.
Note Saison 1 : 8/10
Note Saison 2 : 7/10Retrouvez le blog de Geouf en cliquant
ICI