Positif (Philippe Rouyer), Charlie Hedbo (Jean-Baptiste Thoret), Radio Nova (Alex Masson), Rock N'Folk (Christophe Lemaire), Excessif (Romain Le Vern), Première (Stéphanie Lamome), Studio Ciné Live (Thomas Baurez), LCI (Evangeline Barbaroux), Lire (Baptiste Liger) et Transfuge (Romain Blondeau) donnent leurs avis éclairés sur les films visibles en salle.

Par La REDACTION - publié le 25 novembre 2011 à 17h00 ,
MAJ le 28 novembre 2011 à 17h36 - 1 commentaire(s)

PANEL DE JOURNALISTES

Evangéline BARBAROUX (LCI)

Thomas BAUREZ (Studio Ciné Live)

Romain BLONDEAU (Transfuge)

Stéphanie LAMOME (Première)

Romain LE VERN (Excessif)

Christophe LEMAIRE (Rock N'Folk)

Baptiste LIGER (Lire)

Alex MASSON (Radio Nova)

Philippe ROUYER (Positif)

Jean-Baptiste THORET (Charlie Hebdo)

   

BAREME ♥♥♥♥♥ : chef-d'oeuvre / ♥♥♥♥ : excellent / ♥♥♥ : bien / ♥♥ : pas mal / ♥ : médiocre / Χ : nul

 
                                                      

E. B.

T. B. 

R. B.

S. L. 

RLV

C. L.

B. L. 

A. M.

P. R.

JBT

                                       
Le cheval de Turin 

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 4,1 
Le chat potté 

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2
The Lady 

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 1,4 
Americano 

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 3,5
Les Lyonnais 

Χ

      

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Rhum Express 

  

  

 
Kidnappés    

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Χ

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1,8 
Hara-Kiri : mort d'un samourai 

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3,2
Footnote  

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   2,2 
Or noir

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Les immortels

 

 

Χ

 

 

 

Χ

 0,5 
Time out 

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2,1 
L'art d'aimer

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 2,3 
Hideaways

 

 

Χ

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1,2

Colorful

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  3,3 
Le casse de Central Park

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2,3 
Les adoptés 

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Χ

Χ

 

Χ

 

 

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Χ 

0,8

Donoma 

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3,7

Les révoltés de l'île du diable 

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2,6

Twilight 4.1

 

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1,5
L'ordre et la morale 

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 2,5 
Sleeping Beauty 

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2,4 
Le stratège

 

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 2,8 
50/50 

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Les neiges du Kilimandjaro 

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3,1 
Nuit Blanche 

Χ

 

 

 

 

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 1,4 
Contagion

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2,4

Mon pire cauchemar

 

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1,4

On ne choisit pas sa famille

Χ

Χ

 

Χ

 

 

Χ

 

 

 

0

Toutes nos envies

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2,7

Michael

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Χ

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Χ

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1,6

Intouchables

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2,5
La source des femmes 

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Χ

 1,3
Il était une fois en Anatolie 

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 3
Les aventures de Tintin... 

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2,6
Les marches du pouvoir 

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 2,3
Polisse 

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3,2
The Artist 

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3,1

 

Affiche du film Le Cheval de TurinTOP 5 DE LA PRESSE

1. LE CHEVAL DE TURIN (4,1) ♥♥♥♥

2. DONOMA (3,6) ♥♥♥♥

3. AMERICANO (3,5) ♥♥♥♥

4. COLORFUL (3,3) ♥♥♥

5. POLISSE / HARA-KIRI : LIFE AND DEATH OF SAMURAI (3,2) ♥♥♥

 

 

Le Cheval de Turin de Bela Tarr

LE CHOIX DE LA PRESSE : LE CHEVAL DE TURIN (Béla Tarr)

Le 3 janvier 1889, sur la piazza Alberto de Turin, le philosophe Friedrich Nietzsche se jeta, en pleurant, au cou d'un cheval de fiacre épuisé et brutalisé par son cocher. Puis il perdit connaissance. Après cet évènement, il n'écrivit plus jamais et sombra dans la folie. Le Cheval de Turin raconte l'histoire du cheval, de son maître et de la fille de celui-ci, vivant tous les trois dans une ferme reculée.

 

Il suffit d'additionner les films de Béla Tarr les uns à la suite des autres pour comprendre qu'ils prolongent tous le même plan-séquence de la fin du monde. Le cheval de Turin est le dernier souffle d'une filmographie recelant quelques monuments (Le tango du diable, Les Harmonies Werckmeister) et correspond à l'aboutissement exceptionnel de toutes les obsessions thématiques et formelles de son auteur, moderne et expérimental, baroque et opératique. Il vaut peut-être mieux connaître son cinéma avant de s'y aventurer mais ceux qui auront osé la découverte risquent de tomber de leur chaise. Dans tous les cas, ce film à valeur d'épitaphe glace le sang. Première scène : une voix-off revient sur un épisode marquant de la vie de Friedrich Nietzsche : un jour, le philosophe aurait étreint le cou d'un cheval qui, sous les coups d'un maître tyrannique, refusait d'avancer. L'homme, bouleversé, en aurait perdu la raison. Cet amour fou rejoint celui que Béla Tarr éprouvait pour la baleine dans Les Harmonies Werckmeister où le personnage principal voyait l'humanité dans le regard des animaux, comme des esclaves privés de paroles et des témoins de la barbarie des hommes. Passé ce prologue, le récit peut commencer et détailler le quotidien prosaïque et élémentaire de deux personnages (un paysan et sa fille en total dénuement) et un animal (un cheval traumatisé qui refuse de se nourrir), dans une ferme isolée, au milieu d'une plaine balayée par des bourrasques. Si l'un d'eux disparaît, alors c'est fini.
Sous ses allures de film définitif, Le cheval de Turin rappelle la fragilité du cinéma de Béla Tarr qui, derrière une incroyable éloquence visuelle, traduit une hypersensibilité, une détresse philosophique, une foi perdue en l'être humain et une impossibilité de devenir cynique ou misanthrope pour se masquer. Tout y est simple, et pourtant, ça paraît compliqué d'accès. On est proche d'une esthétique de l'isolement. La bande-son de Mihály Vig, compositeur officiel, agit de manière hypnotique, donnant une puissance poétique aux images crépusculaires. Autrement, le film offre au spectateur la promesse d'un cinéma de silence. On peut considérer ça comme la part la plus romantique, celle qui touche juste parce qu'elle trafique avec la durée des plans. Au fond, cet ultime vestige se rapproche de la notion mythique de "cinéma pur" que seuls quelques génies ont pu atteindre par le passé. La fin du monde y prend la forme d'un murmure et non d'un grand boum. Ce qui nous attend est pire, mais Béla Tarr, qui n'a jamais perdu sa radicalité et son intransigeance durant toute sa carrière, ne peut plus continuer avec nous.


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