Dieu me tripote, en commençant ma liste des plus grands acteurs comiques de tous les temps (et pour le moment Nord Américains), j’en ai oublié un de mes préférés : Le grand, l’immense que dis-je, l’illustrissime Bill Murray.
Né en 1950 à Wilmette dans l’Illinois, Bill Murray a pour frères John Murray (Fantômes en fêtes), Joël Murray (Disjoncté) et Brian Doyle Murray (Wayne’s World). C’est avec ce dernier qu’il intègre la troupe de Second City, avec entre autres Harold Ramis Ghostbusters), Dan Ayckroyd (Les Blues Brothers), John Belushi (Animal House), Rick Moranis (Ghostbusters II) et John Candy (Maman j’ai raté l’avion). Il ne débute donc pas tout seul…
Puis ils rejoignent le National Lampoon Radio Hour, et enfin participent à cette grande aventure qui est le (Saturday Night Live) avec Chevy Chase et Steve Martin en invité régulier à partir de 1975.
C’est en 1979 que Ivan Reitman (réalisateur des Ghostbusters) lui donne un rôle dans
Meatballs, un teen-movie sur un camp de vacances. En 1980 il joue dans
Caddyshack de toujours Ivan Reitman (une comédie sur le golf) et retrouve Harold Ramis et John Candy dans
Stripes en 1981. Après ces petits succès (en fait de grands succès comiques, mais pas autant que son prochain film), il reprend le rôle conçu à la base pour John Belushi dans le succès interplanétaire :
Ghostbusters en 1984. Le film, sorte de foutoir géniallissime mené par les membres de Second City et d’autres membres du SNL (Ernie Hudson), est un immense succès, dont plusieurs séries animées suivront sur le petit écran (la première
The Real Ghosbusters, excellente en 1986, puis
Extreme Ghostbusters en 1997) et des jouets.
Parallèlement, Bill Murray fait des films plus « sérieux » comme le film de Sidney Pollack
Tootsie, avec Dustin Hoffman en 1982 ou
The Razor Edge, une comédie sentimentale.
Il a un très très léger rôle dans la comédie musicale de Frank Oz
La petite boutique des horreurs (1986) où il joue un patient sado-masochiste du dentiste (royal) joué par Steve Martin. La scène dure à peu près 3 minutes…
En 1988 il retrouve ses frères à l’écran, dans l’adaptation de
Christmas Carol de Dickens, retranscrit par Richard Donner et qui donne le chouette film
Scroodged (Fantômes en fêtes), où Bill Murray est un producteur de télé qui se retrouve hanté la nuit de noël par trois esprits. Malgré le fait que
A Christmas Carol soit un roman sans cesse repris (Le Noël de Mickey, The Muppet’s Christmas Carol, Scroodged ou même A Christmas Carol), l’histoire est toujours plaisante et les différentes versions ont toutes quelque chose de particulier (sauf le téléfilm
A Christmas Carol qui fait plan-plan). De plus Bill Murray se complaît dans ses rôles tragi-comiques (l’enfance du personnage est douloureuse), et le film est le précurseur de son autre très grand film que tout le monde connaît (mais ce n’est pas encore le moment d’en parler). En 1989 il retrouve toute la bande du SNL dans
Ghostbusters II et à partir de l’année d’après, sa carrière va changer du tout au tout.
Car en 1990 il se lance dans sa première réalisation :
Quick Change, qui est en fait un remake du film de 1985 : « Hold-up » avec notre Bébel national, néanmoins le film est plaisant (certes, Geena Davis du remake ne vaut pas Kim Cattral de l’original).
En 1993 il casse le nez de Robert De Niro dans
Mad Dog And Glory, et la même année, il retrouve son compère Harold Ramis, cette fois-ci à la réalisation, pour le chef d’œuvre (et je pèse mes mots) :
Groundhog Day (Je ne mettrais même pas le titre Français). Il joue avec la charmante Andie MacDowell, et interprète un personnage méprisable au début et sympathique à la fin. Oui, sur l’idée de base de Christmas Carol, Harold Ramis réussi à nous donner une nouvelle comédie intelligente, dont on ne se lasse pas de regarder. Bien entendu, le mérite revient aussi au scénariste Danny Rubin, mais c’est Harold Ramis qui a eu l’idée d’en faire une comédie.
Nouveau succès critique et public, nouveau culte autour d’un film avec Bill Murray (c’est le second), et que va faire ce bonhomme ? Va-t-il retenter une comédie populaire l’année suivante ? Perdu ! Il est engagé par Tim Burton pour jouer un personnage Gay qui veut changer de sexe dans
Ed-Wood.
Je passe très rapidement sur l’Homme qui en savait trop peu et sur Kingpin des Frères Farrelly, et parler de la nouvelle carrière de Billy : Les rôles dramatiques. En effet, depuis le bide monumental de
L’Homme qui en savait trop peu, Bill Murray arrête les rôles comiques et commence à pourchasser l’oscar.
Car l’acteur n’est jamais satisfait de lui-même, de plus il n’aime pas grand monde : il est le même dans la vie réelle que son personnage à l’écran. Ce qui peut provoquer des problèmes avec le réalisateur : c’est pour cela qu’il passe la moitié de
Charlie et ses drôles de Dames enfermé en prison (le film restant un divertissement, on n’allait tout de même pas le faire mourir). Il cherche donc le respect de ses collègues de l’académie (qui sont crétins au point de dire qu’un acteur comique est un génie lorsqu’il parvient à faire un rôle dramatique) et va participer à quelques films bizarres comme :
Sex Crimes (ne ratez pas sa dernière apparition à la fin du film),
Hamlet (où il joue Polonius sur un écran de télé), ainsi qu’une apparition dans
Space Jam pour faire plaisir au producteur, qui n’est autre qu’Ivan Reitman. Le film vaut ce qu’il vaut –avec trop peu d’apparition des Toons et trop de basket- mais son rôle est savoureux (de plus il sauve le match). C’est donc les films indépendants qui l’intéressent, et il va donc rencontrer un des meilleurs réalisateurs indépendant pour leur première collaboration à l’écran : Wes Anderson pour Rushmore en 1998. Le film est un succès critique, et Bill Murray commence à être reconnu par ses pairs en étant nominé aux Golden Globe comme meilleur acteur (et gagne l’Independant Spirit Award dans la même catégorie, ainsi que le prix de l’acteur le plus drôle de l’American Comedy). Il participera ensuite à deux autres films de Wes Anderson :
La Famille Tennenbaum dans un second rôle, et La Vie Aquatique dans un premier rôle.
Il faudra cependant attendre 2003 pour qu’il soit nominé aux oscars pour
Lost In Translation (et qu’il perde, et qu’il finisse dans le caniveau en smoking devant David Letterman) Une grosse déception donc, de plus, ses derniers tournages (La Vie Aquatique et Broken Flowers de Jarmush) l’ont achevés, et il a récemment décidé de se retirer des caméras pour un moment (mais il participe à Garfield 2).
C’est donc un très grand acteur (1m85), qui alterne avec joie films comiques et films dramatiques, même si on ne le voit plus tellement dans les films comiques (peut-on qualifier La Vie Aquatique de comédie ?). De plus il s’est un peu éloigné de la grande équipe du SNL.
Néanmoins, on guette toujours ses apparitions avec grand plaisir !
Debout les campeurs et haut les cœurs !