Par La Rédaction - publié le 28 février 2006 à 10h00 ,
MAJ le 24 septembre 2009 à 17h48 - 1 commentaire(s)
Le mardi 21 février s’est tenu au Cinéma des Cinéastes à Paris la onzième et de plus en plus médiatique cérémonie des Lumières. Excessif y était, en tant que partenaire, mais surtout pour poser les yeux sur un joli parterre d’étoiles. Le principe ? Il est simple : la presse étrangère récompense chaque année les meilleurs films français et francophones. L’équivalent des Golden Globes en somme et surtout, un bon baromètre des tendances. Et c’est donc assez logiquement que le grand favori de la course aux trophées dorés s’est vu récompenser, à deux reprises.



Avant de rafler tous les César, le diamant noir de Jacques Audiard, De battre mon cœur s’est arrêté, a été logiquement élu meilleur film français de l’année et Romain Duris s’est adjugé le prix d’interprétation masculine. C’est Claudia Cardinale, présidente de la soirée, qui a remis le sésame à Jacques Audiard, lequel a rendu un hommage bien mérité à l’actrice. Pour information, c’est un accro de La fille à la valise, qui vient de sortir en DVD !
Le prix d’interprétation féminine a été attribué à Isabelle Huppert pour son rôle dans Gabrielle de Patrice Chéreau, un habitué des récompenses aux Lumières. C’est la deuxième fois que l’actrice est honorée par l’Académie, après La Pianiste, en 2001.

Faisons une petite pause dans le palmarès pour revenir sur la cérémonie en elle-même. Il est clair que l’on est loin des standings mis en place dans des soirées telles que les César ou les Victoires…Ici la salle est une salle de cinéma tout ce qu’il y’a de plus normale, ni trop grande, ni trop petite, avec sa « scène », sa toile blanche et son dénivelé de rangées. Pas de pupitres ni de micros rétractables, point d’orchestre, d’envolées lyriques ou de roulement de tambour, juste un maître de cérémonie, Patrick Simonin, au ton loyal mais au phrasé emprunté et, surtout, accumulant les bourdes, des enveloppes qui crépitent et une originalité, ou plutôt deux…
Premièrement, l’idée de présenter le lauréat par une bande annonce, ou un extrait du film dont il est question. C’est rare et c’est plus efficace qu’un portrait en image figée, ou un gros plan sur visage gêné. On revient sur la deuxième originalité après un petit coup de palmarès.



Pour continuer avec les acteurs, les prix Lumières des espoirs ont été remis à Fanny Vallette chez les femmes, pour son rôle dans La Petite Jérusalem de Karin Albou, et à Johan Libéreau chez les hommes, pour son interprétation de Mickael, un jeune ado désorienté dans Douches Froides de Antony Cordier. Il s’agissait pour les deux acteurs de leur première expérience de long métrage.
On passe au registre moins frais maintenant ; le malsain, l’oppression, le voyeurisme et la culpabilité ont été récompensés avec le prix du meilleur scénario pour Caché, film coup de poing de Michael Haneke et véritable bête de Festivals en 2005.


Comme promis, on revient sur la deuxième originalité de la soirée, à savoir la présence de courts métrages, sélectionnés sur on ne sait trop quels critères, qui disons-le, allaient du franchement bon (Le Petit Martin de Violaine Bellet, Une Histoire Vertébrale de Jéremy Clapin) à plus médiocre (Capacité 11 Personnes de Gaël d’Ynglemare ou Aligato de Maka Sidibé)… L’intention est louable et devrait être reprise de manière plus fréquente dans ce genre de manifestations. Bon, le court métrage c’est bien joli, mais qui a gagné le prix Lumières de la mise en scène ?



C’est Philippe Carrel, et non pas Roger Garrel monsieur Simonin, pour ses Amants Réguliers, qui a été désigné crack de la caméra par la presse étrangère, film qui, au passage, n’était pas nommé aux César. Une belle consolation donc pour le réalisateur de Sauvage Innocence et du Vent de la Nuit.
L’Académie a choisi de décerner le prix de la meilleure œuvre francophone à L’Enfant des frères Dardenne. Une récompense de plus dans la besace des belges, en lice pour le titre des frangins les plus primés de l’histoire terrestre du cinéma mondial (ndR : copyright).
Enfin, et c’est une première dans l’historique des Lumières, un prix du public mondial a été remis, en partenariat avec une chaîne internationale (pour justifier le clinquant « mondial » de l’intitulé). Prix qui a failli ne pas être remis, la charmante Marie-José Croze s’étant soudainement éclipsée pour aller aux toilettes, précision apportée par le toujours très délicat présentateur de la soirée ! Elle a fini par revenir, heureusement, car c’est le formidable Va, Vis et Deviens de Radu Mihaileanu qui glane la récompense. Là encore, un prix de plus pour un film très populaire au sein de la presse internationale, et nationale soit dit en passant.

Neuf récompenses, des courts métrages et quelques jolis sourires plus tard, cette chaleureuse soirée s’achève. On retiendra un solide palmarès, plus éclectique que celui des César.

Retour sur le palmarès complet, en photos.

-Meilleur Film françaisDe battre mon cœur s’est arrêté, Jacques Audiard.



-Meilleur Réalisateur
Philippe Garrel pour les Amants réguliers

-Meilleur Scénario
Caché, écrit par Michael Haneke

-Meilleur Acteur
Romain Duris dans De battre mon cœur s’est arrêté



-Meilleure Actrice
Isabelle Huppert dans Gabrielle

-Meilleur Espoir Masculin
Johan Libéreau dans Douches froides

-Meilleur Espoir Féminin
Fanny Vallette dans La Petite Jérusalem



-Meilleur film francophone
L’Enfant de Luc et Jean-Pierre Dardenne

-Prix du Public Mondial
Va, Vis et Deviens de Radu Mihaileanu
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