Le Festival de Cannes par son statut de plus grande manifestation cinématographique du monde a le mérite de braquer ses projecteurs sur des auteurs que l’on connaît peu ou pas du tout. A l’occasion de la soixante et unième édition de la manifestation cannoise, nous allons donc procéder à un tour d’horizon des cinéastes méconnus qui composent notamment les sélections officielle et parallèles. Premier à attirer notre attention en ce début de Festival : Fernando Meirelles.
En compétition avec
Blindness présenté en compétition dans la Sélection officielle, l’auteur brésilien n’est pas aussi illustre que certains autres compétiteurs en lice. Néanmoins, depuis ses premières vidéos, le natif de Sao Paulo a su se faire remarquer au point de dorénavant compter dans le paysage cinématographique mondial.
De retour sur la Croisette après le très bon accueil réservé à
La Cité de Dieu en 2002, film alors présenté hors compétition, Fernando Meirelles s’impose donc sur la scène internationale et nous revient avec un film qui cette fois lui ouvre les portes de la plus prestigieuse sélection festivalière. Mais avant de revenir sur
Blindness, retraçons les grandes heures de la carrière du cinéaste né en 1955.
Connu avant tout par
La Cité de Dieu et son pendant télévisuel que fut
La Cité des hommes au long de deux saisons disponibles aux éditions MK2, Fernando Meirelles s’est présenté au cinéma comme nombre de ses compatriotes en mêlant aventure télévisuelle et progression filmique traditionnelle. Ainsi, sa carrière locale commença par des films qui ne sont pas encore parvenus jusqu’à nous :
Domesticas en 2001, récit de vie de cinq femmes de ménage brésiliennes et
Menino Maluquinho 2 : a aventura, la sequel d’une comédie très populaire au pays de la samba.
Mais ce qui le fit découvrir hors de ses frontières, c’est indiscutablement ces récits de favelas où les enfants se comportent comme des truands, vivent comme des trafiquants et agissent dans l’illégalité la plus complète pour simplement survivre. Loin de
Troupes d’élite malgré son réalisme pourtant revendiqué et davantage en conformité dans l’esprit avec les récits sociaux que produisirent avec réussite le meilleur du cinéma brésilien des années 60 et 70 – on songe notamment à
Pixote -, Fernando Meirelles a su démontrer un véritable sens du récit et une qualité évidente via la frontalité sensible de son filmage.
Dès lors, les propositions affluèrent et au milieu des sollicitations héritées de la caisse de résonance cannoise, une retint particulièrement son attention, celle qui menait à
The Constant Gardener. C’est effectivement dans l’adaptation d’un ouvrage de John le Carré que le cinéaste décide en 2004 de s’illustrer en explorant à sa manière le thriller politique sur fond de scandale humanitaire. Convoquant Ralph Fiennes et la sublime Rachel Weisz pour donner corps à un récit intriguant à la forme séduisante, le réalisateur paoliste convainquit la planète cinéma de son talent, sans toutefois rallier tous les suffrages. Montrant certes de belles qualités à tous niveaux, le métrage aurait mérité d’échapper à son sentimentalisme et d’éviter quelques maladresses. Néanmoins, la réussite à l’internationale de ce film lui facilita le montage de
Blindness.
Ainsi, après près s’être exercé de 2003 à 2008 aux activités de producteur (
Les toilettes du pape, La Cité des hommes, Contre tous, L’année où mes parents sont partis en vacances), revoici donc de retour derrière la caméra notre talent auriverde pour un film au casting au moins aussi alléchant que son histoire semble intrigante.
Réunissant Danny Glover, Julianne Moore, Alice Braga, Mark Ruffalo ou encore Gael Garcia Bernal, c’est une coproduction internationale au fort bel attrait que ce dernier nous concocte. En effet, alors qu’une vague de cécité se diffuse sans raison à l’ensemble d’un pays, les premières mesures de confinement sont mises en place au mépris de toute humanité ou encadrement. Cloîtrées, isolées comme dans le très effrayant
REC, les personnes affectées sont ainsi livrées à elles-mêmes, en proie à leur aveuglement avec pour seul objectif, celui de survivre. Or, parmi les infectés, une femme semble avoir échappé à l’étrange épidémie et c’est elle qui va se charger d’organiser pour le mieux, cette société angoissée et livrée à une contamination inexplicable. Et l’on ne dira rien de la monstration choisie si ce n’est qu’elle semble des plus attirantes et nous invite au plus grands espoirs, et nous ne parlerons pas non plus du scénario de
Blindness, fruit du travail réalisé par Don McKellar avec José Saramago, Prix Nobel de littérature en 1998 à partir d’un ses ouvrages.
Faisant donc l’ouverture du Festival et prévu dans nos salles en août sans qu’une date précise ne soit encore connue, on attend donc beaucoup de
Blindness. Pour l’honneur qu’on lui réserve et plus encore pour savoir si Fernando Meirelles aura réussi à convertir ses belles capacités, en œuvre filmique à nouveau marquante.
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