A la base, un comic-book créé par Alan Moore et Dave Gibbons qui a bouleversé les codes du genre à la fin des années 80. Le sujet ? Les Américains ont remporté la guerre du Viêt-Nam et plusieurs super-héros combattent le crime dans une Amérique de fin du monde en causant plus de troubles qu’autre chose. Pour une fois, des super-héros sont vulnérables, humains, imparfaits, en proie au doute. Transposée au cinéma pour le compte des studios Paramount Pictures, cette adaptation de
Watchmen délivre une vision de l’Amérique pas reluisante à travers les portraits ambigus de super-héros torturés.
Ce projet alléchant mais casse-gueule pour diverses raisons (contexte de la Guerre froide obsolète, multiples ramifications d’une intrigue Gargantuesque) a d’abord titillé l’attention de Terry Gilliam qui a tenté tant bien que mal d’en faire une adaptation ciné du comics. Sans succès. Puis celle d’un certain Darren Aronofsky, monsieur c’est-quand-tu-veux-que-tu-sors-ton-prochain-film, auteur des formidables
Pi et
Requiem for a Dream. Mais, hélas, faute de temps (Paramount veut sortir le film pour l’été 2006), c’est finalement Paul Greengrass, cinéaste doué et éclectique qui a déjà réalisé deux films diamétralement opposés (
Bloody Sunday et
La Mort dans la peau) qui se trouve aux commandes de cette adaptation. Gageons qu’on ne frôlera pas le précipité Parkinsonnien et que le résultat sera à la hauteur des espérances…