Louis Garrel / Eva Green : Innocents - The Dreamers

Par Didier Verdurand - 09 décembre 2003 - 1 commentaire(s)
Eva Green, 23 ans, et Louis Garrel, 20 ans, sont nés sous une bonne étoile. Pas seulement parce qu’ils ont grandi dans le milieu cinématographique (fille de Marlène Jobert, fils du réalisateur Philippe Garrel et petit-fils de l’acteur Maurice Garrel) car ces atouts sont aussi source de difficultés supplémentaires, mais surtout parce qu’ils ont eu la chance de croiser le chemin de Bernardo Bertolucci qui les a choisis pour tenir la tête d'affiche de son nouveau film, Innocents – The Dreamers. Rencontre.

Avez-vous suivi des cours pour apprendre à jouer la comédie ?

Louis Garrel : J’ai commencé le théâtre à 14 ans, dans mon lycée. Puis j’ai été au Conservatoire de mon arrondissement, et j’ai commencé à en faire tous les jours, et c’est donc naturellement que je me suis présenté au Conservatoire National où j’ai été reçu. Je suis en troisième année.
Eva Green : J’ai fait un stage d’initiation au théâtre à Londres, plus précisément au Webber Douglas Acting School ; je n’étais pas certaine que je voulais être comédienne. Après, je suis resté trois ans chez Eva Saint Paul, et j’ai enchainé avec deux pièces de théâtre.

Comment avez-vous travaillé avec Bernardo Bertolucci ? Il nous a dit qu’il répétait peu avec les acteurs.

Eva : Oui, mais il y avait des discussions quotidiennes, sur les dialogues par exemple. Il désirait connaître notre avis. Il n’y avait pas d’efforts particuliers à fournir au niveau de la composition, car il s’adaptait à notre personnalité. Nous avions presque l’impression de nous mettre nous-mêmes en scène.
Louis : Chaque tournage est différent : le seul point commun que je vois, c’est le moment où la caméra tourne, lorsqu’il y a une réelle tension. Le tour de force de Bernardo a été de nous offrir une grande liberté, ce qui n’est pas du tout évident à instaurer.



Vous connaissiez les films de la Nouvelle Vague ?

Louis : Oui, un peu. Je connais bien les Truffaut, et il y a certains Godard que j’aime bien, comme Masculin-Féminin. J’aime beaucoup Le départ de Skolimowski…
Eva : Qui ça ?
Louis : Jerzy Skolimowski. Les cinéphiles le connaissent ! Mais je n’en suis pas un. Je n’aime pas trop discuter sur les films que je vois. Quand j’en aime un et que j’en parle, j’ai l’impression que ma relation avec lui perd de l’intensité. Je ne suis pas proche de la cinéphilie, c’est le moins qu’on puisse dire !
Eva : Grâce à Innocents – The Dreamers, j’ai pu en découvrir. J’aime le cinéma mais, comme Louis, ne suis pas cinéphile, C’est pour les tarés la cinéphilie…

Comme dans le film !

Eva : Exactement !
Louis : Les cinéphiles m’impressionnent, avec leur connaissance des dates, de références, du pourquoi et du comment…Cela tourne parfois à l’obsession.

Quel a été le premier contact avec Michael Pitt ?

Eva : Il m’a regardé avec un air effaré, j’avais l’impression de lui faire peur ! Il allait se faire couper les cheveux, et cela ne le réjouissait pas du tout. Il est très sauvage, il faut du temps pour l’apprivoiser, donc j’avais très peur de jouer la dominatrice avec lui, mais ça s’est très bien passé car il est d’une grande gentillesse.
Louis : C’est vrai qu’il avait honte d’avoir les cheveux courts, c’est le premier sujet qu’il a abordé quand on s’est présentés. « Tu sais, j’ai les cheveux longs normalement ! » (rires)



Vous avez gardé de bons souvenirs du Festival de Venise ?

Louis : Nous avons bien rigolé avec Michael, qui avait posé pour les photographes avec un manteau réfléchissant, ce qui les empêchait de le prendre correctement. Pour la présentation officielle du film, on s’est fait une arrivée de star avec Bernardo en bateau. Tout le monde n’était intéressé que par Eva qui attirait tous les flashes. C’était beau.

J’imagine, Eva, que c’est plus que flatteur d’avoir été choisie par Bernardo Bertolucci pour un premier rôle au cinéma ?

Eva : Bien sûr, et je me demande toujours pourquoi il m’a choisie ! (rires)

Un mot sur vos prochains films ?

Eva : Je viens de tourner dans Arsène Lupin (Romain Duris) qui n’a rien à voir avec Innocents – The Dreamers. Je passe d’un huis-clos à un film épique, plus léger. Et mon entourage va se rassurer, je suis habillée de la tête au pied pendant tout le film !
Louis : J’ai terminé il y a quelques jours une adaptation littéraire d’une œuvre de George Bataille, « Ma Mère ». L’histoire d’une mère (Isabelle Huppert) qui entraîne son fils dans la dépravation.

Photo Côme Bardon

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