Par Sylvie Rousseau - publié le 15 septembre 2004 à 00h00 ,
MAJ le 24 septembre 2009 à 17h09 - 2 commentaire(s)
Lors du festival de Deauville, désormais achevé, une journée fut consacrée à l’acteur britannique rendu célèbre par sa prestation dans Orange Mécanique de Kubrick (1971) et If…. de Lindsay Anderson (1968), avec qui il a tourné deux autres films, Le meilleur des mondes possible (1973) et Britannia Hospital (1981).

"J’ai commencé jeune avec deux maîtres, se rappelle l’acteur qui n’a rien perdu de sa verve britannique sur les côtes normandes. Mais mon CV est doté d’une filmographie importante en nombre. 85% des films où j’ai tourné sont des navets ! Je ne m’en cache pas, d’autres grands du cinéma, comme James Cagney, ont tourné beaucoup de films et on se souvient de dix films de lui seulement. J’aime travailler comme acteur, c’est gratifiant, même dans un film médiocre."


CALIGULA

Il poursuit : "Quand on travaille sur un film, on ne peut pas savoir s’il sera un succès intemporel, comme Orange Mécanique. La clé du rôle m’a été donnée par mon ami le réalisateur Lindsay Anderson. Quand il a lu le script, il m’a dit : "Quand tu rentres dans le gymnase sachant que tu vas te faire massacrer, tu souris. J’ai bâti mon personnage là-dessus."

Au sujet de Caligula (1979) : "J’essaye de ne rien regretter dans la vie… J’aurais beaucoup de choses marrantes à vous dire, comme ces filles de Penthouse qui ont débarqué sans savoir du tout que c’était pour un péplum comme Caligula. Et surtout, cela m’a permis de travailler avec le plus grand acteur que j’admire pour son humanité, Sir John Gielgud. J’ai passé trois semaines à écouter ses histoires. Nous logions dans une villa bâtie pour le Ministre des Finances de Mussolini. Bref, un bunker horrible, mais avec une piscine agréable."

Quant à Robert Altman, dont The Company (2003) a été projeté lors de la cérémonie d’hommage à Malcolm McDowell au C.I.D., en présence de son fils de sept mois et de sa femme, c’est également un ami de l’acteur qui, lorsqu’ils passent un bout de temps dans la même ville, en profitent pour s’amuser ensemble : "Pour le film sur la compagnie de danse de Chicago, The Company, il m’a demandé si j’avais bien appris les pas de danse. Je lui ai dit oui, et il m’a répondu de les oublier. Ce que j’avais à faire, c’était de donner l’inspiration aux danseurs de la compagnie. J’aurais dû travailler une semaine à ça, lui, il m’a donné cinq minutes. Et cela se retrouve dans les films d’Altman, cette spontanéité que l’on ne voit pas ailleurs."


Malcom Mc Dowell dans COMPANY de Robert Altman

Élevé dans la tradition de l’acteur de théâtre britannique – il a intégré dans les années 60 la prestigieuse Royal Shakespeare Company – ce bon vivant a adopté les trois critères de choix de James Mason pour jouer dans un film : un bon réalisateur, de l’argent pour financer le film, et un lieu de tournage sympathique. "Il faut que deux de ces trois conditions soient réunies."
L’acteur se dit proche de deux rôles : le rôle de H.G. Wells dans C’était Demain (1980) et celui du bibliothécaire irlandais de Red Roses And Petrol (2003, Roses rouges et essence, non encore distribué en France, de la réalisatrice Tamar Simon Hoffs, qui est venue avec Malcolm McDowell présenter son film à Deauville). "Un film sur une famille irlandaise, souligne-t-il, au budget de 300 000 dollars, soit le coût d’un déjeuner sur un film de Tom Cruise." Un film sincère dans lequel on croit à l’histoire de bout en bout qui mériterait d’être distribué chez nous.

Malcolm Mc Dowell est fan de DVD

"Je suis enthousiasmé par les DVD, même si c’est toujours mieux de voir les films sur grand écran. J’habite en pleine campagne, et je n’ai pas de cinéma près de chez moi. Membre de l’Académie qui décerne les Oscars, je dois regarder pour le mois de décembre tous les films sélectionnés. Je ne pourrais pas le faire sans les DVD."
L’actualité est pour lui théâtrale : il vient de présenter au festival d’Edimbourg un one-man-show au théâtre en l’honneur de Lindsay Anderson, mort il y a dix ans. Il va le rejouer pour deux représentations début novembre à Londres, en parallèle à la rétrospective des films du réalisateur anglais au National Film Theater.
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