Fiers du succès inattendu du remake de
Massacre à la tronçonneuse (vous savez, cette resucée a priori opportuniste qui a foutu une bonne claque à tous les sceptiques ?), mis en scène par ce boucher de Marcus Nispel, les studios NewLine ont décidé de nous refaire le coup.
Rappelons-nous ensemble: peu de temps avant sa sortie (chez nous en janvier 2004), la relecture de
Massacre à la Tronçonneuse s’annonçait comme un massacre sur bobine: entre la bande-annonce qui calquait les éléments du premier, l’utilisation opportuniste du bruit strident en guise de faible attraction, le Michael Bay crédité en producteur patenté et le casting option
«poufs et rustauds en randonnée», il y avait franchement de quoi avoir très peur. Au lourd bilan, que nenni: par la grâce d’une surenchère crapoteuse, le remake, habile, suffoquant, accumulait les séquences éprouvantes dérivées de l’original et livrait une dernière demi-heure d’une noirceur paroxystique, s’autorisant même quelques libertés bienvenues.
Pyrrhonien pour autant à l’annonce de ce nouveau projet ? Oui. Car, cette fois-ci, pas de Jessica Biel filmée sous toutes les coutures mais une autopsie brute de la famille de Leatherface et du pourquoi de ses pratiques meurtrières et cannibales. C’est un drôle de parallèle pour l’inspiré Bradley Fuller qui s’occupe également du remake d’
Amityville (baptisé
The Amityville Horror).
La récente édition DVD de Massacre à la tronçonneuse - version 2004Le synopsis de la
prequel ? Des jeunes gens inconscients qui auront évidemment le malheur de s’arrêter pile devant la maison de nos amis les décérébrés. Le casting ? Rien n’est encore sûr: Andrew Bryniarski n’a pas l’air de vouloir reprendre le rôle de Leatherface. Le but ? En savoir davantage sur l’histoire de cette famille de criminels, comprendre pourquoi le vieil homme n’a plus de jambes, savoir ce que devient Marylin Burns... Métaphore d’une Amérique en proie à ses démons intérieurs ? Allégorie sur la guerre en Irak ? Non : cela ressemble grosso modo à une exploitation mercantile d’un filon que certains pensent inusables. C’est ce qui s’appelle aussi faire de l’art avec du vide.