Auteur réalisateur de Madagascar et Madagascar 2 La Grande évasion, Tom McGrath revient en force et en bleu avec Megamind, un nouveau film d'animation en 3D estampillé Dreamworks. Il nous parle des héros qui ont influencé le personage principal, des défis technologiques mis en oeuvre et l'apport des comédiens, Will Ferrell en tête.
Pour la saga Madagascar, vous étiez scénariste. Pour Megamind, vous mettez en scène le script d'un autre. Qu'est-ce que cela change pour vous ?
Tom McGrath) Aux premiers abords, c'est rassurant de ne pas avoir à inventer tous les détails d'une histoire qu'on peut trouver dans un scénario. J'étais très content de travailler avec des scénaristes talentueux et de développer des scènes avec eux. Les bons scénaristes apportent toujours une contribution à laquelle vous n'auriez pas pensé. Ce qui fait la différence, c'est que vous n'avez pas à relire ce que vous avez fait en tentant après d'y apporter une nouvelle vision. Parfois, ce genre de collaboration est plus précieuse que lorsqu'on fait tout soi-même. Cela vous permet de sortir de la boîte de votre propre esprit.
Etes-vous personnellement un fan de comics et de super-héros ?
TMcG) J'ai grandi en lisant des comics mais ce sont les films qui m'ont le plus influencé. Je veux en faire depuis que je suis petit. J'ai adoré la première série Batman avec Adam West et le premier long-métrage sur Superman réalisé par Richard Donner. C'est l'association des deux qui a inspiré Megamind. Le ton en tout cas...
Pensez-vous que la 3D apporte plus à un film comportant d'importants effets numériques plutôt qu'un long-métrage live ?
TMcG) Question difficile... Pour un film live, la 3D arrive en post-production et est moins bien intégrée. Dans un film comme Megamind, nous construisons tous les éléments pour la 3D, du moindre building au moindre brin d'herbe. Dans le design des décors ou du personnage, on pense en 3D. Cela change notre façon de travailler sur les premiers et les arrières plans. Comme tout est pensé en 3D, vous pouvez amener les effets à leur diapason. C'est très différent de rajouter de la 3D à la fin.

Beaucoup pensent que la 3D n'est qu'un outil à la mode, d'autres que c'est l'avenir...
TMcG) L'ordinateur n'a pas remplacé le stylo ou le pinceau qui restent tout aussi nécessaire. La 3D est parfaite pour certains films mais je ne pense pas qu'elle puisse s'adapter à tous les longs-métrages. J'aime personnellement beaucoup cet effet et je vais le réutiliser dans mon prochain projet. Quand vous êtes un conteur, vous pouvez l'utiliser dans un sens qui magnifie vos images.
Quelless ont été les avancées technologiques permises par Megamind ?
TMcG) Madagascar se déroule à New York et nous ne pouvions pas reconstruire la ville car cela aurait fait planter tous les ordinateurs. Dans Megamind, nous avons construit une ville entière tout en sachant que nous allions la détruire ! Ce fut un gros défi. Le rendu de l'eau reste toujours une bataille et nous sommes très fiers de la séquence sous la pluie. Nous avons réussi des progrès technologiques formidables en peu de temps.
En parlant de défi, quel fut le plus difficile à relever sur Megamind ?
TMcG) Tout le monde vous dira que c'est l'histoire. Une histoire sur un méchant que d'habitude nous n'aimons pas. Il fallait le rendre sympathique, qu'on puisse s'identifier à lui. L'histoire et le personnage furent les plus gros challenges.
Pouvez-vous nous dire quelques mots sur Will Ferrell et Tina Fey, sur leur implication et peut-être leur apport dans les personnages ?
TMcG) Will nous a aidé à aimer ce personnage de vilain. Il a ce charme et cette vulnérabilité qui est une part essentielle du personnage. Que ce soit Will Ferrell, Tina Fey ou Jonah Hill, ce ne sont pas juste des voix, juste des comiques, ils sont aussi scénaristes. Quand un acteur peut faire siens les mots, en changer parfois, tout paraît plus sincère. Quelques scènes ont été tournées comme nous les avions écrites mais à 80%, c'était de l'improvisation. Quand vous savez où la voix doit commencer et où elle doit finir, vous pouvez faire ce que vous voulez pour l'améliorer. Les gens me demandent pourquoi avoir engagé des stars. Ce sont des stars pour une raison : ils apportent énormément en tant que collaborateur, acteur et scénariste.
Avez-vous un exemple de ces improvisations ?
TMcG) La plus belle reste celle concernant Space Dad / Marlon Brando. Will Ferrell a tenté de parler en pinçant ses lèvres et nous avons trouvé cela tellement amusant que nous avons gardé cet accent pour tout le film.
Propos recueillis et traduits par Nicolas SCHIAVI

