Si le public américain a eu le privilège de découvrir les héros de Megamind avec les voix de Will Ferrell, Tina Fey et Brad Pitt, les français ne seront pas en reste grâce à la contribution d'artistes comme Kad Merad, Géraldine Nakache et Franck Dubosc. Les deux premiers incarnent Megamind et Roxanne Ritchi, le rôle titre et la journaliste sexy. Interviews croisées mélangeant humour, improvisation et amour de l'art...
Parlez-nous un peu de votre travail avec Julien Kramer, le directeur artistique du doublage français de Megamind...
Kad Merad) C'est qui Julien Kramer ?
Géraldine Nakache ) Mais qui est Julien Kramer ? Sans Julien Kramer et Hilary Davies, c'était infaisable pour nous tous. Julien est le directeur de plateau et Hilary est la représentante de Paramout France. Quand on débarque et qu'on a en face de nous un dessin animé pas terminé... Sans eux c'est impossible.
KM) Julien était indispensable. On a beau se dire qu'on est le meilleur, face à un micro et dans un studio, on est plus rien du tout. Julien et Hilary sont les gardiens du temple. C'est comme un metteur en scène. Les acteurs ont besoin d'être tenus. Nous sommes un peu comme des chevaux fous.
Ces chevaux fous ont-ils eu droit à quelques improvisations ?
KM) Un petit peu...
GN) Tu es partie en vrille j'imagine.
KM) On tente des trucs avec les acteurs américains en modèle. On a une personnalité, on a été choisi pour ça.
Etre au service des voix américaines n'est-il pas un frein à la créativité ?
GN) Ce sont des modèles extraordinaires et nous sommes très flattés qu'on ait fait appel à nous. Ce n'est pas un frein parce que ce qui se raconte dans ce scénario est très réussi. Ce qu'on fait les acteurs américains est génial. A nous de fabriquer la suite en français...
KM) Et puis on ne fait pas que réciter, on ne fait pas que la lecture. On colle à l'univers. C'est un peu excessif comme question ! C'est un bon nom de site ça. Attendez, je vais appeler pour savoir si le nom n'a pas été déposé (il prend son téléphone et mime un appel). Désolé, c'est en Australie... May i speak with... Ah par contre il faut que je fasse le sketch jusqu'au bout ! (rires).
Will Ferrell et Tina Fey ont eu quelques sessions de travail ensemble. Est-ce que cela a été votre cas ?
GN) Malheureusement non.
KM) On s'est croisés un matin. Elle partait, j'arrivais...
GN) C'est joli ça...
KM) Elle partais, j'arrivais. On s'est à peine effleurés des doigts et des yeux. En fait, le boulot de doubleur est très solitaire. On est avec Julien Kramer, qui sent mauvais en plus donc c'est chiant, donc on parfume toute la journée.
Géraldine, que préférez-vous chez votre personnage ?
GN) J'aime beaucoup ses grands yeux bleus. Sa rapidité aussi. Elle va très très vite. Elle est un peu cynique ce qui me fait beaucoup rire. J'ai ses fesses, ses rondeurs. D'ailleurs, j'ai plus d'elle qu'elle n'a de moi.
Kad, vous avez une formation de batteur et de chanteur. Est-ce que cela vous a apporté quelque chose pour le doublage ?
KM) Pas grand-chose... (il prend un air désabusé). Pour le rythme, je suis sur scène pour une comédie musicale en live et je me sers de mon passé et de ma formation de musicien. Comme vous le dites très justement, le rythme est important quand on fait une comédie. Inconsciemment je m'en sers mais pour Megamind, j'ai fait comme d'habitude. J'ai essayé de faire le mieux possible. La synchro est quelque chose de très spécial. On doit à la fois lire, jouer, être à l'intérieur d'un personnage sans le vampiriser. C'est compliqué. Il faut qu'on oublie très vite que c'est vous qui l'avez doublé en n'oubliant jamais que c'est vous...
GN) Oulà. C'est à dire...
KM) Je sais pas... J'ai décidé d'être très compliqué aujourd'hui.
Propos recueillis par Nicolas SCHIAVI

