A la conférence de presse cannoise de
Melancholia, celle par laquelle le scandale est arrivé, éclipsant tous les autres propos ayant pu être dits sur le nouveau film de Lars Von Trier, Kirsten Dunst a déclaré : "
Ce projet m'a attirée parce que pour moi Lars von Trier est le seul réalisateur qui écrit des films pour les femmes, qui peuvent être émotives, laides, en désordre... En ce qui concerne Lars von Trier et son travail avec les femmes, je ne peux que le féliciter. Il n'y a pas beaucoup de rôles pour les femmes comme ces rôles-là. On peut être vulnérable, folle, étrange, et faire tout ce que l'on veut. C'est une liberté qui fait peur mais qui donne du courage." Une belle réflexion, qui met à mal la réputation de misogyne que les détracteurs du réalisateur se plaisent à stupidement lui attribuer. Car les héros de Lars Von Trier sont en effet des héroïnes. Pas des héroïnes classiques, telles que le cinéma se plait parfois à présenter. Elles sont insaisissables, partagées, complexes, folles, et pourtant leurs visions du monde ne manquent pas d'une certaine justesse, d'un certain réalisme. Dans
Melancholia, avec les personnages interprétés par Kirsten Dunst et Charlotte Gainsbourg, Lars Von Trier donne définitivement le pouvoir aux femmes... Focus sur trois héroïnes : Bess, de
Breaking The Waves, Selma, de
Dancer In The Dark, et la femme (sans nom) d'
Antichrist.