Par David A. - publié le 30 octobre 2009 à 00h00 ,
MAJ le 30 octobre 2009 à 11h45 - 0 commentaire(s)
Kinako est une jeune femme flic qui a arrêté il y a peu l’homme qu’elle aimait, Wong Kai-ko, un tueur à gages opérant pour l’organisation terroriste chinoise nommée 1221. Quelques années plus tard à Tokyo, un terroriste tue aveuglément les passants pour faire chanter le gouvernement japonais. Cet assassin serait l’ancien apprenti de Wong Kai-ko, Fang, appartenant lui aussi à l’organisation criminelle. Le gouvernement japonais fait extrader Wong pour qu’il puisse aider Kinako dans son enquête. Alors que la population panique à l’idée d’un tueur au fusil frappant au hasard, Fang ne semble pas être le seul impliqué. Un avocat de la police semble tirer les ficelles dans l’ombre. Wong parvient alors à échapper à la surveillance de ses geôliers pour retrouver par ses propres moyens Fang. Un duel de tueurs à gages s’engage dans la ville.


Troisième volet d’une série entamée par deux téléfilms, le succès de cette histoire peu commune entre un criminel et une policière a poussé les producteurs à tenter l’aventure du grand écran. Même s’il est inutile d’avoir vu les deux opus précédents pour comprendre l’histoire (un flash-back introductif et bâclé évacue toute incompréhension à la vitesse grand V), force est de constater que le film ne tient pas les promesses du genre, c’est-à-dire celui du polar. John Woo avait intégré d’une main de maître le romantisme au cœur des scènes de gunfights dans The killer, ici il ne reste rien de cette leçon inoubliable. Tout juste un duel final sur les toits aussi mal chorégraphié et monté que possible, avec en prime des combats à mains nues un peu grotesques et, surtout, inutiles, la femme flic préférant se battre avec ses poings plutôt qu’avec son arme devant des assaillants armés de fusils !

Le jolie minois de Miki Mizuno n’y peut rien, on s’ennuie ferme devant ce film qui manque non seulement de rythme mais aussi de conviction. Les personnages sont esquissés, les péripéties bien pauvres face à la richesse du sujet (l’idée d’un tueur prenant en otage tout un pays devant le refus du gouvernement de payer une rançon est plutôt originale). Habituée des séries B, on avait pu voir l’actrice notamment dans Gamera 2 de Shusuke Kaneko en 1996, Salaryman Kintarô de Takashi Miike en 1999 ou bien encore A chance to die de Yiwen Chen en 2000. Ici l’actrice tente tout ce qu’elle peut pour nous convaincre du dilemme qui la travaille : sur le point de se marier avec un officier de police, elle n’en avait pas pour autant oublié son amour pour Wong et son retour au Japon ne fait qu’empirer la situation. Sans être larmoyant comme The killer, on est très loin de la passion qu’éprouve le tueur pour une femme qu’il sait inaccessible comme a pu le mettre en scène John Woo.

 


My lover is a sniper est le premier long-métrage de Toshiharu Muguruma et en cela ne présage rien de bon. Montage hétérogène, cadres aléatoires, musique omniprésente et franchement irritante à certains moments, le film ne possède aucun style et le passage au grand écran se révèle catastrophique. On le sait, le cinéma japonais ne fait pas toujours dans le meilleur goût, mais la plupart du temps on peut se satisfaire d’une irrévérence, d’une provocation ou au moins d’idées visuelles originales qui leur procurent du charme. Ici c’est le calme plat d’un polar sans maîtrise et sans surprise. Les tours de Tokyo auraient pu devenir le terrain de jeu d’un duel sans merci entre des tueurs à gages de première main. Au final, mieux vaut se tourner vers des épisodes de Nicky Larson ou de Golgo 13 pour trouver son bonheur.
Vos réactions


logAudience