Par La Rédaction - publié le 09 janvier 2006 à 06h04 ,
MAJ le 24 septembre 2009 à 17h44 - 38 commentaire(s)
Actuellement à l'affiche de l'explosif Lord of war, de Andrew Niccol, Nicolas Cage confirme qu'il est bien l'un des meilleurs acteurs américains actuels. Son objectif ? Ne jamais avoir peur du ridicule et des excès. Et toi, c'est quoi le film que tu préfères avec Nicolas Cage ?



Romain Le Vern : Leaving Las Vegas, de Mike Figgis
Parce que sous l'égide de Mike Figgis, Nicolas Cage a fait des miracles dans le peau de ce scénariste quasi-Bukowskien bouffé par le poison de l'existence, rongé par le mal-être, l'alcool et la détresse. Elisabeth Shue est tout aussi prodigieuse. Les deux acteurs se mettent mutuellement en valeur dans un rare exemple de collaboration. Intensité inoubliable dans ce film ténébreux et bouleversant.

Kevin Prin : Adaptation. de Spike Jonze
Parce que Nicolas Cage endosse ici l'un des rôles les plus atypiques de sa carrière. Ou plutôt "les deux rôles" puisqu'il réussit l'exploit d'incarner des frères jumeaux à l'écran, représentant ensemble les deux facettes de son jeu d'acteur. D'un côté nous avons Charlie Kaufman, être timide, dérangé, névrosé, paranoïaque et dont le sourire inspirerait presque la crainte (de lui - de nous). De l'autre, Donald Kaufman, physiquement identique, respirant la joie de vivre, audacieux, délirant, à la folie contagieuse et au sourire charismatique et séduisant. La double interprétation de Cage – qui ne joue absolument pas sur le physique, son audace (une scène de masturbation pathétique que peu de grande star oserait), mériteraient un double oscar, tout comme la mise en scène harmonisant les effets spéciaux et le jeu d'acteur à la perfection pour que l'on y croit vraiment. Un bijou.



Laurent Tity : Volte/Face, de John Woo
Essentiellement pour Nicolas Cage et John Travolta qui réussissent un numéro d'acteur de haute voltige. La mise en scène de John Woo ne surprend pas mais demeure ultra-efficace.

JDM : Snake Eyes, de Brian de Palma.
Que cela soit dit, Nicolas Cage est un des plus gros cabotins de l'Hollywood actuel. Un constat qui ne semble pas faire peur à Brian de Palma qui esquive le contre emploi de la star pour lui tailler un rôle sur mesure dans l'excellent Snake Eyes. L'acteur évolue adroitement entre les envolées frimeuses et la fragilité émotionnelle de son personnage. Un jeu certes dyadique, dissociant brutalement le paraître de l'être, mais doté d'une énergie exceptionnelle.
Arnaud Mangin : Arizona Junior des Frères Coen
Avant The Rock qui lui a offert son statut de nouveau John Wayne, de sauveur de la veuve et l'orphelin dans les situations les plus folles (à Alcatraz, dans un avion de taulards avec les cheveux longs, en découpant son visage, en cherchant des trésors au dos de constitutions historiques, etc…) Nicolas Cage était la petite valeur montante du cinéma d'auteur qui n'hésitait pas à jouer les guignols malgré son jeune âge. A seulement 23 ans il s'offre donc son plus beau rôle de gogo chez les frangins Coen avec une dégaine de texan taillé sur mesure. Moustache, cheveux débraillés, chemise hawaïenne et tics verbaux à mourir de rire pour cette histoire de voyou tombant amoureux de la seule femme qu'il rencontrera le plus souvent : la photographe du commissariat admirablement campée par Holly Hunter. Une bluette qui aurait été parfaite si les tourtereaux n'étaient pas stériles tous les deux. La seule solution, aller kidnapper l'un des sextuplés fraîchement venus au monde du milliardaire local histoire d'équilibrer la balance sociale… L'un des plus beaux hommages à Tex Avery ! Moins populaire encore, mais toujours aussi fascinant, on pense également au sombre Red Rock West où il partage l'affiche avec la gâchette Dennis Hopper dans un méli-mélo de tueurs à gages bigrement efficace.



Cédric Muffat : Red Rock West, de John Dahl
Je n'ai sciemment pas choisi sa meilleure performance d'acteur, Nicolas Cage ayant de toute façon la monotone habitude d'être parfait dans pratiquement tous ses rôles. Si tel avait été ma démarche, j'aurais bien sûr cité Volte/Face ou Leaving Las Vegas. Il me paraissait plus intéressant de citer son meilleur film, indépendamment de sa prestation. Et en ce qui me concerne, il s'agit de Red Rock West. Durant une heure trente huit, Nicolas Cage y traîne sa carcasse de looser magnifique, ballotté par des évènements toujours plus imprévisibles dont on n'imagine pas une issue autre que tragique. Un précipité d'émotions, de violence et de désespoir dans lequel le jeu terrien et désespéré de Nicolas Cage fait plus que des étincelles: il porte le film. Rien d'étonnant à cela, quand on sait que Red Rock West est avant tout un film noir. Et qu'est-ce que le film noir, sinon l'histoire intemporelle d'un looser magnifique, ballotté par des évènements toujours plus imprévisibles dont on n'imagine pas une issue autre que tragique? Un scénario parfait, et le meilleur film du trop rare John Dahl.

Christophe Leyton : Volte/Face
Peut-être le meilleur film américain de John Woo, Nicolas Cage détient le rôle le plus frustrant du film. Pendant 2h il se démène, sauve des gens, s'évade de prison, cotoie ses ennemis et fait tout le sale boulot pour au final laisser tout le mérite à John Travolta, c'est dégueulasse!

Augustin Derigny : Volte/Face
Acteur aux facettes multiples, Nicolas Cage a toujours su s’adapter aux demandes des réalisateurs et c’est cette capacité hors du commun qui lui a permis de tourner avec les plus grands. Volte/Face constitue à ce niveau une démonstration de force étourdissante. Cage y campe dans un premier temps le rôle de Castor Troy, gangster hyper charismatique, grand jouisseur devant l’Eternel. Les plans stylisés et les accessoires utilisés (Colts dorés, costume couleur pourpre, déguisement de prêtre) illustrent à merveille l’allure démoniaque de ce personnage. Volte-face complète ensuite lorsque Cage hérite du rôle de Sean Archer, flic meurtri dans sa chair par la perte de son fils et sur lequel se referme le piège machiavélique tendu par Castor Troy. Cage livre alors une performance à l’inverse purement cérébrale, préfigurant celle de Windtalkers, s’appuyant sur le caractère fragile et schizophrène de son personnage. Assurant la transition avec un naturel effarant, Cage incarne le temps d’un film la flamboyance puis la grâce infinie du cinéma de John Woo.




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