Suite à la sortie du nouveau film de Tsui Hark
Seven Swords, nous avons mener notre petite enquête au sein de la rédaction afin de savoir quel était pour chacun son préféré. A travers sa filmographie, retour donc sur l'un des plus grands cinéastes actuels , génie enfin reconnu de ses pairs.
Romain Le Vern :
The Blade Peut-être le meilleur
wu xia pian. Une adaptation classique et remarquable du mythe du sabreur manchot avec plein de fantômes (Cheh, Suzuki...), de la noirceur brute à tous les niveaux et des combats qui époustouflent et démontrent toute la virtuosité d'un des plus brillants formalistes de sa génération. Par ailleurs, je garde des souvenirs émus de
Zu, les guerriers de la montagne magique, une sorte de monument à lui-seul, visuellement impressionnant, avec pleins d'idées par plan et un rythme de malade. Tsui, merci.
Christophe Leyton :
Il était une fois en Chine Pour moi le meilleur de ses films, et par la même occasion un des meilleurs films
d'arts martiaux. Avec ce "Il était une fois en Chine" il marque le début d'une
longue saga d'un personnage chinois légendaire, Wong Fei Hung, plusieurs fois mis en
scène mais jamais de façon aussi épique. Jet Li qui n'avait pas encore tourné en
Occident tient ici le plus grand rôle de sa vie, dirigé par un Tsui Hark inspiré,
notamment avec sa scène de combat final qui est une chorégraphie avec de grandes
échelles, une scène aujourd'hui anthologique dans les films du genre. Ce premier
opus ne sera jamais égalé par ses nombreuses suites.
Cédric Muffat :
Zu, les guerriers de la montagne magiqueComment faire partager le choc absolu que représenta pour moi la vision de
Zu, les guerriers de la montagne magique? Un film qui non seulement me fit découvrir le Wu-Xia Pian –films de sabre chinois- dans toute sa splendeur et sa démesure, mais me prouva que l'on pouvait encore se découvrir des films cultes à presque vingt ans, un âge où l'on croit (à tort, la preuve) avoir déjà forgé ses goûts cinématographiques. Et pourtant, si je devais écrire un Top 2 (non non; il n'y a pas de faute de frappe),
Zu y figurerait. Tous, absolument tous les éléments de ce film sont dignes d'intérêt et vecteurs d'émotion, imperfections y compris. Chaque chorégraphie, chaque plan, chaque mouvement recèle une idée géniale. Richesse, exubérance, foisonnement créatif: voici sans doute ce qui m'a scotché aussi efficacement à l'écran et est source pour moi d'un profond respect envers le génie responsable de ce kaléidoscope d'images, le grand Tsui Hark. Impossible de résumer l'histoire au terme de la projection, mais on s'en fout. Pousser toujours plus loin les limites de ce qui est montrable et racontable: tel est plutôt le leitmotiv de ce film opératique, foutraque, tourbillonnant, maladroit parfois, et pourtant jouissif au possible. Et au milieu de cette fureur, de ce bruit et de cette violence, Tsui Hark se paie le luxe de nous foudroyer en plein cœur avec un simple plan fixe sur Lin Ching-Hsia, immobile, reine au regard mélancolique qui laisse s'éloigner l'homme qu'elle aime sans avoir pu lui avouer ses sentiments. Un îlot de tristesse au milieu d'un océan de passion. Magistral.
Arnaud Olzeski :
il était une fois en Chine 2 : la secte du lotus blancJ'aurais bien aimé dire The blade ou Time and Tide, mais je ne les ai
malheureusement pas encore vus (je comblerai ces lacunes, promis). Donc,
il était une fois en Chine et notamment la secte du lotus blanc, parce
qu'en dehors des combats magnifiques, cette saga majestueuse développe un
pan de l'histoire de la Chine avec son ouverture et sa confrontation au
monde occidental, avec en filigrane l'idée que les cultures s'enrichissent
au contact les unes des autres plutôt qu'elles ne se détruisent.
JDM :
Time and Tide Parce que c’est un des films de Tsui Hark qui souffre le plus d’un manque de cadre dialectique ferme et qui rattrape brillamment ce manque de rigueur (qui aurait été fatal à d’autres réalisateurs) par une créativité excentrique et omniprésente. Parce que Time and Tide est animé d’un sens du rythme confinant parfois à une forme d’hystérie primaire qui constamment nous transporte au-delà de l’histoire. Parce que la scène d’action entre les immeubles est tout simplement majestueuse, et que certains des plans restent gravés dans la mémoire. Parce qu’on est obligé de le voir quatre fois pour tout comprendre et qu’on ne s’en lasse jamais.
Elodie Leroy :
Green Snake Après de longues hésitations entre deux films, je tranche enfin : la première place revient à
Green Snake. D'abord parce que chaque image de ce film est magnifique, avec ces cadrages sublimes, ce sens unique du mouvement qui caractérise le réalisateur, ces couleurs vives toujours harmonieuses, ces décors théâtraux dont l'aspect toc possède un charme fou. Ensuite parce que
Green Snake est peut-être le film le plus féministe de Tsui Hark, adapté d'une légende non moins subversive dont toutes les versions que j'ai lues se sont avérées passionnantes. Les acteurs et actrices incarnent tous leur rôle à la perfection, à commencer par Joey Wang en Serpent Blanc mais aussi Maggie Cheung en Serpent Vert, tellement émouvante dans sa découverte des sentiments, et bien entendu Chiu Man Cheuk en moine insupportable (mais tellement sexy), sans oublier Wu Xing Guo, irrésistiblement drôle. Et puis il y a la musique, simplement l'une des meilleurs bandes-originales de tous les temps, à écouter sans modération.
Arnaud Mangin : Il était une fois en Chine En tant que fan de cinéma j'ai au moins de 3000 cassettes dont au moins 1000 en double. Personnellement j'aime tout les styles : Kung-fu, Karaté, sports de combat, etc. Mon film préféré ?
Chinetoque ninja contre les hommes araignées. Le dernier film que j'ai vu?
Chinetoque ninja contre les hommes araignées. Il y a un moment super dedans, c'est quand le Chinetoque ninja se fait passer pour un livreur de riz et l'autre ne l'a pas reconnu alors il lui fout un coup de pompe en pleine poire dans sa gueule. Et l'araignée va mourir dans sa toile. Il y a aussi celle où l'autre il lui fout un yukuguéré dans son oreille à l'araignée ! " J.P.P.
Sinon Tsui Hark et moi ça fait deux, alors je vais citer le seul que j'ai vu,
Il était une fois en Chine, parce que très amusant, les gros morceaux de bambous volent, les mecs rebondissent comme des marsupilami et que même les demoiselles en prennent plein la tronche !