Notre nouvelle rubrique, nommée Vintage Hollywood Success (VHS pour les intimes), vous replongera dans vos plus beaux souvenirs ciné

Par Bill ROSS - publié le 20 janvier 2010 à 15h27 ,
MAJ le 21 janvier 2010 à 17h18 - 4 commentaire(s)

Des films passent dans notre histoire et nous marquent. Certains resteront gravés dans nos mémoires et nous suivront toute notre vie. Comme le fer de lance de nos références cinématographiques, Retour vers le futur témoigne d'une génération de nostalgiques qui ne jurent encore aujourd'hui que par la De Lorean et les 2,21 gigawatts...

Le projet naît en 1980 dans l'imagination de Robert Zemeckis et de Bob Gale. Les deux hommes n'ont alors qu'une vague idée de ce que sera une des plus populaires trilogies des années 80. C'est certainement grâce à la réussite d'A la poursuite du diamant vert de Zemeckis en 1984 que Retour vers le futur a trouvé son financement. Environ 19 millions de dollars plus tard, le premier film voit le jour en 1985. Suivront deux suites en 1989 et 1990.

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Il a été souvent dit sur la toile ou dans les livres sur le sujet, qu'un des leitmotivs de la saga était de mettre en évidence les questions que nous pouvions nous poser sur nos parents lorsqu'ils étaient jeunes. Sujet intemporel qui encore à ce jour turlupine les têtes : "Y a t-il des raisons pour qu'ils nous interdisent de faire ça ? Ma mère était-elle vraiment une sainte et ne rentrait-elle jamais après minuit étant jeune ?" "Comment se sont rencontrés mes vieux ?" Mais plus que tout : "Si le passé s'était déroulé autrement, comment serait le présent ?" La première scène du film annonce la couleur, des horloges recouvrent les murs et leur tic-tac berce le long travelling présentant les différentes inventions du docteur Emmett Brown. Ah l'art de la préparation du petit déjeuner automatisé ! Sauf qu'ici, à la vue du désordre, les instruments semblent tourner tout seul depuis longtemps. Martin McFly, dit Marty, entre en scène. Nous ne voyons pas encore son visage mais nous allons découvrir rapidement les traits d'un des plus populaires acteurs de série télévisée de l'époque : Michael J. Fox. Incontournable outre-Atlantique sous les traits d'Alex, il est en 1982, un des personnages principaux de Family Ties, programme plus connu en France sous le nom de Sacrée Famille diffusée depuis 1982 sur NBC. L'acteur s'était exercé auparavant au cinéma dans Teen Wolf de Rod Daniel mais n'avait pas encore reçu la notoriété qui lui sera donné à travers Retour vers le futur. Marty est un adolescent, fan de rock, musicien, adepte du skate-board que l'on qualifierait aujourd'hui de "old school" mais qui à l'époque, en 1985, était une marque de coolitude avérée. Lorsque vous êtes enfant et que vous voyez un type se faire tirer par une voiture debout sur une planche à roulette, l'exercice est tentant... Marty est un rebelle. Toujours en retard en cours, forte tête et Play boy de ces dames, il a toujours vu la figure paternelle comme perdante et s'est juré de ne jamais devenir comme lui. Il fréquente le docteur Brown "le Doc", joué dans le film par Christopher Lloyd, un scientifique farfelu qui a voué son existence au service de la science. Marty a également une petite amie ravissante à qui on ne voudra pas de porter des caleçons moulants roses. Rôle incarné dans le premier opus par Claudia Wells qui, en aparté, sera remplacé par Elisabeth Shue dans les épisodes suivants. Martin McFly est l'archétype du jeune qui a des envies, des rêves de gloire mais qui au fond aimerait avoir une femme et des enfants. C'était mal connaître le destin que lui réservait Robert Zemeckis...

Tout commence lorsque Doc demande à Marty de le rejoindre à 1h15 du matin pour lui montrer une découverte importante. L'intégralité de ce qui sera présenté ensuite dans le film aura son importance sur le plan chronologique et référentiel de la trilogie. Zemeckis ne laisse rien au hasard. Chaque détail aura son rôle dans ce que Doc appellera "Le voyage dans le temps". Les discours des personnages, les décors des scènes, les plus petits repères auront leur rôle à jouer : un prospectus donné dans la rue, un mot d'amour sur un morceau de papier ou encore une photo de famille. C'est certainement dans ce souci du détail que le réalisateur trouvera la véritable force narrative de ses films. L'horloge de l'hôtel de ville en est l'exemple le plus flagrant. Revenant dans tous les épisodes, elle est le vecteur spatio-temporel, le point d'ancrage des personnages dans Hill Valley, le repère le plus concret à travers les époques mit en évidence par Robert Zemeckis. Lorsque Marty rejoint Doc ce fameux soir sur le parking de la promenade des deux pins (référence encore ici au vieux Peabody dont l'idée fixe était de faire pousser des pins en 1955 dans le film), il va a son insu expérimenter le premier voyage dans le temps. Il est transporté en 1955, année à laquelle le docteur Emmett Brown a imaginé pour la première fois le convecteur temporel et la machine à voyager dans le temps. Mais par désorientation, Marty va provoquer un paradoxe en empêchant ses parents de tomber amoureux et de par ce fait entraver sa future naissance. Un autre problème se présente devant lui : il doit également retourner dans son époque et la De Lorean est en panne. Double difficulté ! En jouant sur les époques, Robert Zemeckis crée des anachronismes qui donnent à Retour vers le futur son côté véritablement drôle et existant. Marty est un homme du futur qui évolue en 1985. Transporté en 1955, il est perdu dans une époque qu'il ne connaît pas. Mais il doit s'adapter pour réparer ses erreurs et faire en sorte que ses parents tombent amoureux. Il va mettre en œuvre tout son talent pour aider George McFly, son père, a conquérir Laurène, sa future mère. Mais Biff Tanen, un gros bras qui a toujours exploité George et qui est amoureux de Laurène, va se mettre en travers de sa route.

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Les affrontements entre Biff et Marty donneront lieu à de nombreuses scènes qui deviendront incontournables et qui ajouteront à la renommée de la saga. Sans Biff, pas de poursuite en skateboard, pas de coup de poing de George et surtout pas de Johnny Be Good à la féérie dansante des sirènes. Il est le mal tel que l'on peut le représenter quand on a 11 ans et qu'on se fait taper dans la cours du collège par les grands de troisième. Mais Marty fait front et jamais ne se laisse mettre à mal par cette brute épaisse. Il incarne le courage et a la figure d'un véritable héros. Lorsqu'il aura résolu les retrouvailles entre les parents de Marty, Zemeckis va se permettre une fantaisie mémorable. Son personnage principal a encore le temps de retrouver Doc après le concert, mais il va jouer un dernier morceau "qui balance du tonnerre". Le morceau est de Chuck Berry mais personne ne le connaît encore puisque l'auteur l'a écrit en 1958. La salle se met à danser sur ce riff de blues en Si. Les jupes des filles virevoltent et Marty transcende le morceau. Marvin Berry le chanteur du groupe, appelle son cousin Chuck pour lui faire écouter ce "son nouveau"... Un moment purement gratuit offert par le réalisateur qui conclut la première étape des péripéties du héros.

Si le film marquera les années 80 par son originalité, il trouvera son public et donnera un nouveau souffle à la comédie de science-fiction. Jamais égalé, inconditionnel du genre, haletant et riche d'une originalité sans concession, Retour vers le futur donne ses lettres de noblesse à Robert Zemeckis et le place en digne successeur de Steven Spielberg. C'est un film qu'il ne vieillit pas même après 25 ans de bons et loyaux services. Un film qu'on sera toujours heureux de retrouver parmi nos vieilles VHS poussiéreuses et qui aura toujours sa place dans notre salon. Pour faire un voyage dans notre passé, Retour vers le futur ne sera jamais démodé.
 
Rendez-vous au prochain Vintage Hollywood Success


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