L'acteur espagnol Antonio Banderas est l'un des principaux personnages du nouveau film de Jean-Jacques Annaud, Or noir. Il incarne Nessib, un homme corrompu par le pouvoir qui va néanmoins être l'un de ceux qui favoriseront l'exploitation du pétrole dans le film. De passage à Paris, pour la promotion, nous avons pu rencontrer l'acteur qui ne chôme pas en ce moment.
Après La piel que habito de Pedro Almodovar et Or noir, Antonio Banderas donne aussi de sa personne dans le film d'animation Le Chat potté qui sera sur tous les écrans la semaine prochaine.
Excessif : Comment vous êtes vous retrouver impliqué dans Or noir de Jean-Jacques Annaud ?
Antonio Banderas : Le sujet m'intéressait, il m'a toujours intéressé d'ailleurs. J'ai commencé à écrire il y a six ans sur Boabdil, le dernier sultan du Royaume de Grenade, après des siècles de domination arabe sur l'Espagne. Quand on m'a contacté pour participer à Or noir, j'ai immédiatement porté mon attention sur ce projet et j'ai demandé à Tarak Ben Amar de m'envoyé le scénario. J'ai par la suite eu une longue conversation avec Jean-Jacques Annaud qui m'a parlé avec passion de ce qu'il voulait faire. J'ai donc dis oui.
Au-delà du film d'aventure, Or noir est également un film qui comporte une dimension politique et religieuse.
A.B. : Complètement, tout en étant un film d'aventure épique, c'est aussi une réflexion autour de notre monde qui est encore vraie aujourd'hui. Dans Or noir, on est confronté à deux façons de voir les choses pour résoudre le même problème. D'un côté le personnage interprété par Mark Strong, Amar, très attaché aux traditions, à la religion, à la pureté, avec un côté fondamentaliste. De l'autre côté, il y a Nessib, le progressiste que j'incarne, aveuglé par le pouvoir apporté par l'argent, un peu corrompu par la force des choses. Au milieu des deux, il y a le prince Oda, qui va devoir prendre le meilleur des deux mondes qui s'opposent et essayer de travailler pour le bien commun avec la difficulté de laisser derrière lui les traditions mais aussi se projeter dans le futur. Il y a une réflexion politique qui impacte l'histoire du monde et qui trouve aussi une résonnance de nos jours.
De toute votre carrière c'est la première fois que vous tournez avec un réalisateur français. Comment est Jean-Jacques Annaud ?
A.B. : C'est vrai oui, c'est la première fois... Ce qui m'a frappé chez Jean-Jacques Annaud, c'est sa curiosité. Il croit fortement dans la diversité culturelle. Plutôt que d'observer les différences de cultures entre les peuples un peu de loin, il s'implique pour connaitre les lieux, il aime y être, expérimenter les relations humaines, examiner les croyances, les modes de vies. Cela le rend très intéressant. C'est aussi quelqu'un qui connaît beaucoup de chose, c'est une véritable encyclopédie. Si vous avez un doute sur quelque chose, vous pouvez le lui demander, il trouvera toujours la réponse. Il a des capacités énormes d'adaptation dans le processus de fabrication d'un film. En même temps, je l'ai trouvé très courageux car nous avons tourné au Maghreb et Moyen Orient en plein cœur des révolutions arabes, notamment en Tunisie, avec tout ce que cela pouvait générer de contraintes. Dans les mêmes circonstances, quelqu'un d'autre aurait abandonné mais pas lui. Il est resté le capitaine qui devait mener le bateau à bon port.

