Par - publié le 15 novembre 2005 à 02h02 ,
MAJ le 24 septembre 2009 à 17h39 - 10 commentaire(s)
Produit par Alfonso Cuaron, Pan’s labyrinth sera un conte de fée horrifique et fantastique riche en noires calories. En réalité, il s’agit d’une annexe à la ténébreuse Echine du diable, probablement le meilleur film du réalisateur mexicain. Impatience…


Impossible de ne pas y penser : pléthore d’éléments se conjuguent pour entretenir d’étroites relations souterraines avec L’échine du diable, réalisé avant Hellboy et qui pouvait sans problème prétendre à être le meilleur film d’un cinéaste capable alors de sonder l’angoisse, de retranscrire des peurs enfantines et d’émouvoir avec une histoire aussi dense qu’extrêmement fluide. Pour preuve, cela se passera à la même époque que L’échine du diable (les années 40 dans l’Espagne franquiste).

De manière plus précise, le nouveau Guillermo Del Toro s’intéressera au parcours d’Ophelia, une gamine de 12 ans, qui voyage avec sa mère et son père adoptif dans une zone rurale du nord de l’Espagne. Vu la morne actualité et la naissance d’une dictature délétère, elle trouve un échappatoire au réel en découvrant un labyrinthe dans le jardin de la demeure où elle a déménagé avec sa mère et son beau-papa, Vidal (Sergi Lopez), soldat franquiste tyrannique. Lors de ses pérégrinations, elle tombe sur Pan, une créature étrange qui hante les lieux. A l’aune du fantôme qui hantait les couloirs de l’orphelinat, la créature serait-elle un moyen d’édifier une allégorie politique dans une période où on aime à cacher les démons ? Vaste débat. En tous les cas, le réalisateur devrait certainement exploiter toute la dimension mythologique et fantastique de Pan. Outre Sergi Lopez dont le personnage évoque singulièrement celui interprété par Eduardo Noriega dans L’échine du diable, on retrouvera également dans cette distribution Doug Jones (Hellboy), Alex Angulo (Le jour de la bête), ou encore Maribel Verdu (Y tu mama tambien).


Guillermo Del Toro s’est toujours fait la spécialité d’alterner des projets ambitieux (Mimic, Blade 2) avec d’autres plus confidentiels (Cronos, L’échine du diable). Entre les deux Hellboy (le premier volet déjà sorti et le nouveau qui se fera après ce Labyrinthe de Pan), le cinéaste revient donc à un dessein plus modeste mais non moins excitant dans ses objectifs qui s’annonce comme un grand bain d’onirisme et de magie. C’est le signe d’une volonté de renouvellement et de ne pas se cantonner à ce qui est acquis. Sa capacité à rebondir sur les sujets et à varier les genres donne à penser qu’il fait définitivement partie de ces cinéastes avec lesquels il faudra compter.
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