Par Kevin Prin - publié le 12 décembre 2005 à 06h05 ,
MAJ le 24 septembre 2009 à 17h41 - 13 commentaire(s)
Les rumeurs couraient depuis quelques semaines, et cette fois-ci la nouvelle est confirmée : le studio Dreamworks vient de se faire racheter par Paramount.

Il y avait de nombreuses années qu'un studio de grande envergure n'avait pas vu le jour à Hollywood. C'était en 1997, Steven Spielberg, Jeffrey Kazenberg (venant de Disney) et David Geffen (patron de Geffen Music) s'associaient pour fonder Dreamworks, un studio censé à Hollywood proposer quelque chose "de différent". Si les trois dirigeants l'avaient présenté de telle manière, les énormes attentes des cinéphiles et cinévores en tout genre furent vites échaudées. Le premier film proposé par le studio fût ainsi Le Pacificateur (The Peacemaker) de Mimi Leder (dont la carrière sombra récemment avec l'horripilant Un Monde meilleur - plus de nouvelle depuis) avec George Clooney et Nicole Kidman. Un film d'action qui malheureusement ne révolutionnait rien du tout, soit un désagrément qui se retourna contre lui si bien qu'aujourd'hui ses très nombreuses qualités ont été oubliées.


La politique des co-productions

Suivirent Il faut sauver le Soldat Ryan de Steven Spielberg (on oubliera Amistad...), première co-production avec Paramount qui sera suivie par la suite entre autres de Collateral et tout récemment La Guerre des Mondes. Dreamworks multipliera d'ailleurs ces co-productions, ressuscitant momentanément le péplum avec Gladiator en 2000 avec Universal, et se lançant dans la comédie avec Mon beau-père et Moi et sa suite. Bref, si l'on enlève tous les films de Steven Spielberg (A.I. – coproduit avec Warner, Minority Report – coproduit avec Fox, le prochain Munich – coproduit avec Universal, Arrête moi si tu peux et Le Terminal - productions 100% Dreamworks), il ne reste plus que les tentatives du studio à s'imposer dans les films d'animation 3D pour dresser son portrait au complet.



L'animation 3D

Première incursion dans le film en images de synthèses : FourmiZ (1997), dont le concept rappelait fortement le récent 1001 Pattes du studio Pixar pour le compte de Disney. Les yeux commencèrent à se tourner vers Jeffrey Katzenberg, qui pour sa défense affirma que cette idée était la sienne à l'époque où il travaillait au studio Mickey et que Pixar n'a fait que l'exploiter. Le Monde de Némo et Gang de Requins ne feront que renforcer le doute par la suite.
La politique en matière d'animation de Dreamworks sera d'ailleurs assez incompréhensible : entre les dessin animés infantilisants (La Route de L'El Dorado, Sinbad, et le pire de tous Spirit) contrastaient fortement avec avec les tentatives de proposer des films plus adultes. Outre la production des oeuvres en long métrage de Nick Park – Chicken Run et Wallace et Gromit, le studio misera gros sur son anti-héros Shrek qui revisite les contes de fée dans une version "trash". Un mot un peu fort, puisque dans le fond Shrek et sa suite restent ultra-conformistes, s'éloignant des productions Disney dans la forme mais jamais dans le fond. Gang de Requins et Madagascar confirmeront cette tendance qui rapportera au studio à la fois de jolis scores au box-office, mais également de nombreuses critiques quant à leur graphisme souvent inabouti.


Quelques perles sont donc nées de ce studio au milieu d'oeuvres beaucoup plus bancales. On retiendra donc de cette période 1997-2005 surtout les Collateral, Gladiator, ou encore Presque Célèbre, et d'autres films plus mineurs mais toutefois rondement menés comme La Souris et son style cartoon remarquable, ou encore Le Mexicain qui malgré ses très nombreux détracteurs pouvait se vanter d'appartenir à cette rare catégorie des films imprévisibles d'une minute à l'autre.


Le rachat à la fin de la semaine dernière de Dreamworks pour 1.6 Milliard de Dollars par Paramount, autre studio tentant ces derniers temps de se démarquer (Sky Captain, Team America, ...), sera peut-être l'occasion d'avancer un peu plus dans l'innovation... ou de reculer. A suivre...


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