Alors que le script de
Splinter Cell vient d'être finalisé, que
Doom va sortir sur nos écrans, qu'on prévoit déjà un
Hitman en pellicule, et que
Silent Hill est en plein montage, c'est au tour de
Castelvania de sortir du domaine vidéoludique exclusif pour venir s'afficher sur les grands écrans. Les droits du célèbre jeu de Konami ont été achetés par Crystal Sky Pictures.
Castelvania sorti dans un premier temps en 1986 sur Nes s'est depuis démultiplié sur de nombreux supports avec près d'une vingtaine d'opus. L'histoire est vaste mais se centre sur le combat contre Dracula, bien décidé à prendre le contrôle de la planète, ce qui effectivement peut mériter quelques heures de jeu fiévreuses mais qui fait pâle figure pour un scénario convenable.
La première image du film de Paul Anderson (si seulement...)C'est en tout cas le pitch du futur film qui sera réalisé par Paul Anderson coutumier de l'exercice, grand laboureur de franchise, patron du Saint-Ratage, Grand maître de la loge du naveton odieux, à qui l'on doit les inavouables
Resident Evil et
Alien VS Predator. Si l'on ajoute
Soldier avec Kurt Russell, film de fractures par excellence, et le sport-contest
Mortal Kombat, façonné comme une pub pour amphétamines misant sur la multiplication exponentielle de tatanes de tueurs dans la gueule, l'addition devient lourde, impayable, et elle est à peine amincie par le convenable
Event Horizon. Aucun casting annoncé pour l'instant, mais le tournage ne devrait débuter qu'à la mi-2006 si le projet n'est pas annulé par un producteur plus lucide que les autres.
Alors évidemment toujours la même question :
Castelvania est un jeu culte, que vaudra la mise à l'écran ?
Au grand jeu des pronostics, le projet part avec un handicap sérieux, la présence de Paul Anderson et de sa mise en scène banale et immature, qui n'est pas une garantie qualitative pour le film héritant de plus d'un synopsis bancal et surfait. Il faut reconnaître que la série des Castlevania a toujours développé un énorme potentiel scénaristique, notamment le chef d'oeuvre de la série Castlevania Symphony of the Night (sur PsOne, toujours inégalé). Néanmoins le développement dans les jeux en lui-même laissait un peu à désiré, nous convainquant que si adaptation au cinéma il devait y avoir, elle devrait commencer par un approfondissement sérieux de la riche trame du jeu. Paul Anderson s'y pliera-t-il ? Il y a fort à parier que non, et qu'il se contentera de filmer un chasseur de vampire donnant des coups de fouets à des lanternes pendant 1h30.
Le dernier Castlevania sur Nintendo DSMais Crystal Sky Pictures qui résonne plus en termes économiques prévoit déjà la ruée de fanatiques se jetant dans les salles obscures, acquérant aveuglement casquettes et T-shirts du film, achetant frénétiquement figurines collectors, pour enfin s'étriper sur les réserves de DVD. Il faudra vraisemblablement encore plusieurs échecs commerciaux, celui de
Doom s'annonçant déjà aux Etats-Unis, pour que les producteurs reviennent à leurs copies et intègrent dans leurs équations ce que Peter Jackson avait très bien compris sur
Le Seigneur des Anneaux, un public de fan c'est un public très exigeant sur la qualité, et non pas un bataillon aveugle qui ira voir le film sur le gage d'un simple nom imprimé sur l'affiche.
Quand au spectateur lambda il n'a plus qu'à espérer que Paul Anderson se transcende, vœu pieux déjà enterré sous les couches inamovibles de l'improbable.