A quelques kilomètres de Metz, à l'abri des regards, se tournent les dernières séquences du premier film d'Etienne Huet, The Hunters. Premières impressions de notre envoyé spécial.

Par Geoffrey CRETE - publié le 28 janvier 2010 à 17h59 ,
MAJ le 29 janvier 2010 à 11h24 - 0 commentaire(s)

A quelques kilomètres de Metz, à l'abri des regards, se tournent les dernières séquences du premier film d'Etienne Huet. Au beau milieu d'un parc à moitié enneigé, dans l'enceinte d'un vieux fort du XIXe siècle qui respire les souvenirs de guerre, le jeune metteur en scène qui interprète le rôle principal de son film déborde de cette énergie immuable aux fans du film de genre. « J'aime évidemment le cinéma de genre, et je le connais. Nous en faisons de plus en plus, et c'est bien, mais certains restent malheureusement difficiles à voir. J'ai beaucoup aimé Lemming - de Dominik Moll avec Charlotte Rampling et Charlotte Gainsbourg - par exemple, mais c'est un film assez hermétique. J'espère que The Hunters sera vu ».
Il est vrai que depuis quelques années, le cinéma d'horreur made in France connaît une véritable explosion avant de voir ses jeunes réalisateurs foncer - souvent droit dans le mur - outre-Atlantique. Alexandre Aja, Julien Maury et Alexandre Bustillo, Pascal Laugier, Eric Valette, Xavier Gens, David Morley, Xavier Palud et David Moreau, et très prochainement sur les écrans, La Horde de Yannick Dahan et Benjamin Rocher. Des essais parfois impressionnants, souvent maladroits, mais qui ont le mérite d'ajouter une nouvelle brique au mur à chaque fois. 

 

The Hunters, Etienne Huet
© Ricardo Vaz Palma - Humal productions


La première chose qui frappe en arrivant sur le plateau de The Hunters, c'est que tout le monde parle anglais. Du réalisateur au producteur en passant par le chef opérateur et les comédiens, la langue de Shakespeare domine. Un facteur qui facilite les ventes à l'étranger et, par conséquent, facilite le processus financier. « The Hunters est un projet que l'on développe depuis deux ans. Michael Lehman a écrit le scénario d'origine, et il y a eu un petit travail d'adaptation pour coller aux lieux que l'on voulait - à savoir les Forts. Nous cherchions un vrai thriller, avec des personnages solides et une intrigue forte, alors ce scénario nous a immédiatement plu. L'horreur et la violence sont physiques mais aussi psychologiques » explique le producteur Thomas Malmonte. « Sharon Awardfield est une directrice de casting américaine qui travaille aussi en Angleterre. Elle nous a permis d'accéder à certains comédiens, sinon, impossible pour un jeune producteur français de contacter les agents. Le casting a permis de ramener de plus en plus de gens, au fur et à mesure que le film prenait de l'importance et de l'assurance. Et au final, cela a permis de le présenter aux financiers - dont Tarantula, à l'origine du Calvaire de Fabrice du Welz. The Hunters est une coproduction entre la Belgique, le Luxembourg et la France qui regroupe des personnes venues de la Grèce, l'Allemagne, l'Angleterre, les Etats-Unis, la Belgique et la France ». 

 

The Hunters, Etienne Huet

© Ricardo Vaz Palma - Humal productions

 

Mais qui sont ces mystérieux « hunters » ? « The Hunters suit la vie de cinq personnages normaux, des monsieur tout le monde. Ils sont proches de nous, ont des problèmes familiaux, des vies professionnelles ratées et des relations compliquées. Leur seule chance, c'est d'être amis, et de se retrouver chaque week-end dans une réserve naturelle. De l'autre côté, il y a un soldat blessé sur le terrain, assigné à une préfecture de province où il est chargé d'affaires sans grand intérêt. Tous ces gens vont être amenés à se rencontrer, au même endroit, au même moment, et nous verrons alors que tout possède un double visage. Le décor déjà, paisible mais labyrinthique, et bien sûr, les personnages ». Une thématique - la violence et l'animalité qui sommeillent en chaque être humain - qui sert de fil conducteur à bon nombre de films de genre ces dernières années, de 28 jours plus tard à Martyrs en passant par The Descent. Mais ici, les références avouées sont davantage du côté de Seven et Le silence des agneaux. « Ce sont les personnages qui mènent l'intrigue, tout vient d'eux ». 

 

The Hunters, Etienne Huet
© Ricardo Vaz Palma - Humal productions


Côté surprises, impossible de ne pas s'attarder sur la réunion improbable de comédiens et de talents venus de tous les horizons. A commencer par un casting impressionnant. Mené par le réalisateur qui vient du théâtre, il est composé de Steve Waddington - vu chez Tim Burton, Michael Mann, Ridley Scott, et plus récemment dans The Tudors et Largo Winch - mais aussi de Tony Becker et Terence Knox qui se retrouvent après la série L'enfer du devoir où ils jouaient deux soldats au Vietnam. La touche féminine - inévitable - viendra de Dianna Agron, apparue dans Heroes et Les Experts mais véritablement découverte dans la série Glee, tout juste récompensée aux Golden Globes.
Dans les coulisses, la présence du compositeur Mark Snow annonce une partition musicale de qualité, le monsieur étant responsable de X-Files et des deux derniers films d'Alain Resnais - insoupçonnable fan de la série de Chris Carter. Et la lumière de John Aronson devrait être un véritable atout. « Ils ont beaucoup aimé mon travail sur True Blood et Heroes. L'obscurité, les contrastes très forts ». L'idée de voir l'homme qui a éclairé Claire Bennet et Sookie Stackhouse dans une forêt alsacienne est surprenante. Mais seulement pour nous. « Il n'y a pas vraiment de différence entre ces séries américaines et ici. Les gens travaillent différemment aux Etats-Unis, mais au fond, ils sont là parce qu'ils aiment ce qu'ils font, c'est aussi simple que ça. Et l'argent n'est pas indispensable : j'ai commencé sur des films de séries B produits par Roger Corman où nous n'avions rien. Il est toujours possible de faire une belle lumière. Mais ce film reste un challenge, le planning est serré. Je sors d'un film produit par George Lucas avec douze semaines de tournage. Ici, nous en avons cinq. ». 

 

The Hunters, Etienne Huet
© Ricardo Vaz Palma - Humal productions


La scène du jour - apparemment primordiale - se place dans un décor lugubre à souhait qui rappelle le malaise des premiers films de Wes Craven. Etagères décorées de crânes, têtes scalpées exposées, magazines pornos étalés, matériel de torture qui appelle à la déviance sexuelle. The Hunters possède les ingrédients pour être une excellente surprise. Et lorsque l'on demande au producteur à quel film les spectateurs peuvent s'attendre, il répond, plein d'espoir « Un thriller très bien ficelé, avec une intrigue solide... et plutôt spectaculaire ». Réponse dans quelques mois. 

 

The Hunters, Etienne Huet
© Ricardo Vaz Palma - Humal productions 


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