Tout le monde a vu le film appelé La planète des singes, sortit en 1968. Et si ce n'est pas le cas, vous avez loupé quelque chose, vraiment. Si le film souffre aujourd'hui d'effets spéciaux obsolètes, il garde presque toute sa force. Présentant l'équipage d'un vaisseau spatial atterrissant sur une planète inconnue, ceux-ci tentent de survivre, avant de se rendre compte que cette planète mystère est dominée par des singes évolués. Franklin J. Shaffner propose ce qu'on appelle un chef d'œuvre, dont la portée est dure à mesurer. En effet, si le livre de Pierre Boulle parle d'une évolution naturelle, une fatalité qui voudrait que le singe supplante l'humain (Ulysse, le héros du livre, atterrit en France à la fin du livre pour se rendre compte que les singes ont pris le pouvoir également sur Terre), le film avec Charlton Heston propose un discours plus pessimiste sur ses congénères humains, en arguant que l'homme est allé à sa perte tout seul. Le côté pacifique et écologique est poignant, il est d'ailleurs étonnant de retrouver Charlton Heston dans le rôle d'un colonel misanthrope, affirmant qu'il se sert assez bien des armes à feu, lui qui est devenu président de la NRA (National Riffle Association). En plus d'apporter une réflexion sur le devenir de la race humaine, l'analyse des diverses couches de la société était incroyable. Entre l'ambition scientifique, la folie biblique castratrice, l'esclavage, c'est bel et bien un portrait de nos sociétés humaines qui est brossé. La scène du tribunal ou Taylor est jugé est un chef d'œuvre de l'étude du comportement de l'homme en face de l'inconnu, et de la religion. Pour toutes ces raisons, le film a donné naissance à une franchise, dont la qualité va malheureusement décroissant. Charlton Heston, par fidélité, revient dire coucou dans le second opus. Les troisièmes, quatrièmes et cinquièmes, se concentreront sur les évènements qui ont amené la prise du pouvoir par les singes. Le remake de Tim Burton, particulièrement impersonnel, et très éloigné des films de l'artiste, est finalement un film assez moyen, dont la fin a le mérite de ne pas reprendre l'originale, et de se rapprocher du roman. C'est dans un contexte de déception vis-à-vis de cette franchise qu'est lancé (comme d'habitude), un mélange de reboot et de préquel, qui s'attaque encore une fois aux évènements qui feront de la planète des singes ce qu'elle est.

Le casting
Si l'on peut émettre des doutes sur le bien-fondé d'une telle entreprise, saluons néanmoins le choix du principal comédien : James Franco. Doté d'un potentiel énorme, qui se révèle années après années, l'acteur au visage d'ange a toutes les qualités pour faire une carrière longue et couronnée de succès. Il campe donc l'homme qui ouvre la boite de Pandore, et crée la substance qui développe l'intellect des singes. Son jeu, capable d'évoquer la folie, l'ambition, la colère, comme une forte sensibilité, devrait grande bénéficier au film. A ses côtés, Andy Serkis, alias Gollum, campe le rôle de Ceasar, le singe qui mène la révolte. La encore, bon choix, l'homme ayant prouvé son aisance dans les rôles « animaux ». L'indispensable rôle féminin est tenu par Freida Pinto, vue dans Slumdog Millionnaire, et Brian Cox (Bourne 1 & 2), John Lightgow, ou encore David Hewlett complètent la distribution.
Ce que l'on attend
Un tel nom de film évoque plusieurs choses, une franchise, et donc des impératifs. La planète des singes doit être non seulement excellent dans la forme, mais aussi être essentiel dans le fond, vu le roman dont il est tiré. Si l'on fait confiance à James Franco pour camper un personnage aussi intéressant que celui de Charlton Heston, nous sommes plus sceptiques sur la capacité de Rupert Wyatt (dont c'est seulement le second film notable) à mettre en scène efficacement un long-métrage aussi ambitieux. Nous espérons une bonne surprise. Les premières images, esthétiquement, sont plutôt positives.
Ce que l'on craint
Avec un blockbuster de cette envergure, presque sûr de rentrer dans ses frais grâce au nom du film, on craint toujours légitimement la super production, misant essentiellement sur les effets spéciaux pour contenter le public, écartant toute prise de risque narrative, qui s'avère pourtant souvent payante. Il est donc à craindre un film totalement dénué d'implication émotionnelle.
La planète des singes : les origines - Sortie le 10 août 2011
Voici la bande-annonce :

L'histoire : Dans un laboratoire, des scientifiques expérimentent un traitement sur des singes pour vaincre la maladie d'Alzheimer. Mais leurs essais ont des effet[…]
