Quand
Mario Party 6 sortit sur GameCube en mars dernier, on espérait secrètement qu’il s’agirait du dernier épisode à paraître sur la console cubique, ou en tout cas qu’Hudson et Nintendo se laisseraient le temps de la réflexion avant
Mario Party 7 afin de relancer une série qui commençait sérieusement à s’essouffler. Depuis
Mario Party 4, les épisodes se sont en effet suivi à raison d’un par an, mais les améliorations n’ont pas franchement été au rendez-vous avec des minis jeux de moins en moins surprenants et de nouvelles règles pas forcément très séduisantes même à plusieurs.
Qu’à cela ne tienne, Nintendo n’a pas l’intention de se passer d’une de ses plus grosses sources de revenu (le jeu cartonne au Japon), en conséquence de quoi un septième épisode s’apprête bel et bien à atterrir dans nos rayons en février prochain. Inutile de préciser qu’on ne voyait pas cet acharnement à nous vendre du mini jeu d’un très bon œil, d’autant plus que le micro crétin de l’épisode précédent en profitait également pour faire son grand retour. Pourtant, il semblerait bien que ce
Mario Party 7 corrige joliment le tir en tenant compte des remarques des joueurs.
Un nouveau mode de jeu prévu pour 8 joueurs !Mario Party 7 rassemble 6 tableaux, près de 90 minis jeux et 4 modes de jeu. En plus du
mode "Party" (ou "Fête"), du
mode solo et du
mode mini-jeux, on trouve un petit nouveau puisque l’insipide
mode micro de l’épisode 6 est passé à la trappe. Ce nouveau mode regroupe 12 minis jeux dont la spécificité est que 8 joueurs peuvent s’y affronter simultanément. Pour cela, pas besoin d’investir dans un nouvel accessoire puisque les quatre manettes habituelles suffisent. En effet, partant du constat que les minis jeux ne requièrent généralement que le stick directionnel et un bouton (si ce n’est moins), les développeurs invitent désormais deux joueurs à partager une même manette, chacun en saisissant une extrémité. Même si les minis jeux conçus pour 8 ne sont pas tous débordants d’imagination, il convient de saluer cette initiative ; le jeu étant très grand public, il n’est pas rare qu’on se retrouve à 5 ou plus devant la console. Seul petit bémol : le stick "C", qui fait office de stick analogique pour le second joueur, est tout de même moins précis que le stick original ; le joueur qui l’utilise part donc avec un léger handicap.
Un mode Party également jouable à 8Plat de résistance de chaque épisode, le
mode "Party" et ses plateaux de type "jeu de l’oie" n’ont pas oublié de proposer, eux aussi, une option de jeu pour que 8 joueurs puissent courir après les étoiles (en plus des parties à 4). L’action se déroule alors par équipes de deux. Les deux membres de l’équipe frappent chacun un dé dont le montant est additionné pour déterminer le déplacement, puis les deux équipiers se rendent sur la même case. Ensuite, la recette est bien connu : certaines cases font gagner ou perdre des pièces, d’autres enclenchent des minis jeux spéciaux (défis Bowser, défis Donkey Kong, etc.), d’autres encore provoquent des évènements propres à chaque plateau (disparition d’un passage, déplacement de l’étoile, etc.). A la fin de chaque tour, un autre mini-jeu se lance, mettant aux prises l’ensemble des concurrents. Comme dans l’opus précédent, les développeurs ont fait leur possible pour que le système de collecte d’étoiles soit différent sur chacun des six plateaux. Ainsi, sur l’un d’entre eux, au lieu d’étoiles, vous courrez après des coffres qui peuvent contenir aussi bien une étoile qu’un piège ou de simple pièces. Sur un autre, vous chercherez à réparer des moulins de différentes tailles et, selon vos prouesses en rénovation, vous recevrez plus ou moins d’étoiles en fin de partie. A l’image de nouveaux parcours plutôt bien conçus, ces nouvelles règles fonctionnent beaucoup mieux que dans l’épisode 6, comme si Hudson avait délibérément conservé ses meilleures idées pour ce nouvel épisode.

De nouvelles étoiles bonus pour plus d’équitéEn mode "Party", lorsque les hostilités arrivent à leur terme, vous êtes toujours récompensés par 3 étoiles bonus (à moins que vous ne décochiez l’option). Ces étoiles ont été sévèrement décriées parce qu’elles permettaient surtout à celui qui réussissait le mieux en cours de partie de se démarquer encore davantage. Les développeurs ont donc réagi. Ici, à la différence des précédents opus, les conditions pour remporter ces étoiles bonus changent constamment d’une partie à l’autre. En effet, il existe désormais 6 étoiles bonus différentes mais on ne sait pas lesquelles figureront parmi les 3 finales. On pourra aussi bien être récompensé pour avoir remporté le plus d’argent lors des mini-jeux que pour s’être arrêté souvent sur une case rouge, pour avoir parcouru la plus longue distance (le plus grand nombre de cases) ou pour avoir dépensé beaucoup d’argent en achetant des capsules. Il n’est donc plus possible de prévoir à l’avance à qui les étoiles reviendront. Par contre, chacun pourra toujours faire des paris et chercher à creuser un écart dans un des domaines susceptibles d’être rémunéré : augmenter les déplacements avec des mégas champis, gaspiller beaucoup d’argent dans les échoppes, etc.

Un mode solo enfin à la hauteur !Le mode solo a également eu droit à sa refonte. Enfin, Hudson propose un challenge intéressant à ceux qui n’ont que rarement l’occasion de jouer à plusieurs. Le mode solo réutilise les plateaux du mode multi mais en modifie les règles. Vous n’y affrontez qu’un seul adversaire (géré par l’IA ou par un autre joueur), votre but étant de remplir l’objectif du plateau avant ce dernier : récupérer 2 étoiles, réparer 3 moulins, atteindre le sommet d’une montagne avec suffisamment de pièces, etc. La particularité de ce mode est que vous affrontez votre concurrent direct à distance, aucun mini jeu ne venant vous départager en fin de tour. Il faudra donc compter sur la vitesse, sur les objets, sur les cases duels et sur les cases DK (qui déclenchent des minis jeux) pour faire la différence. Vous l’aurez compris, c’est en solo que le nouveau Mario Party se montrera le plus tactique. Un boss final attend même les plus intrépides qui couvriront avec succès tous les plateaux…

Des environnements plus travaillésAvant de conclure cette preview, disons quelques mots de la réalisation. En toute logique,
Mario Party 7 utilise le même moteur graphique que ses 3 prédécesseurs, on ne note donc rien de révolutionnaire sur le plan visuel. Cependant, les designers se sont décarcassés pour nous restituer des ambiances bien différenciées (Egypte, Hollande, Chine) fortes de nombreux petits détails et d’airs musicaux aussi caricaturalement typiques que diablement entêtants.
Enfin, on laissera au test à venir le soin de statuer sur l’intérêt des nouveaux minis jeux, mais mentionnons tout de même quelques petits défauts récurrents à la série : les minis jeux en 3 contre 1 ne sont pas toujours très équilibrés ; les mini jeux micro sont peu nombreux, imprécis et ne justifient pas vraiment l’utilisation du périphérique. A l’inverse, Hudson s’est une nouvelle fois surpassé avec des minis jeux en équipes tous plus délirants les uns que les autres. Et c’est bien pour ces minis jeux qu’on aime Mario Party. Ils sont décidément parfaits pour ce qui est de faire monter le ton et de semer un joyeux foutoir parmi les joueurs !
Contre toute attente, on voit donc ce nouveau
Mario Party se profiler sous les meilleurs auspices. Le jeu à 8 n’en est qu’à ses débuts dans la série, mais gageons qu’il devrait vite séduire tous les fans de minis jeux. Et puis, il possède aussi un autre avantage pour les joueurs les plus adroits. En effet, rien ne vous empêche de jouer en même temps les deux personnages d’une même équipe si vous voulez avoir davantage de fil à retordre. Les ambidextres et les amateurs de défis tordus apprécieront…
Preview réalisée avec une version commerciale USExclusivité GameCube,
Mario Party 7 (et son micro) envahira nos rayons le 10 février 2006.