En juin prochain, Mars Distribution nous donne rendez-vous au cinéma avec l'affaire Omar Raddad, qui a passionné l'opinion publique

Par Antonin CLATZ - publié le 29 avril 2011 à 00h00 ,
MAJ le 29 avril 2011 à 14h04 - 0 commentaire(s)

De tous temps, les faits divers, et notamment les affaires criminelles ont inspiré les artistes. Un phénomène que l'on retrouve souvent dans la littérature. Mais également, et c'est ce qui nous intéresse, au cinéma. De nombreuses affaires ont fait l'objet d'adaptation dans les salles obscures, on se souvient récemment du superbe Zodiac, dans lequel David Fincher déployait un sens incroyable de la mise en scène afin de rendre justice (si l'on peut dire) à cette fameuse enquête américaine, toujours non résolue aujourd'hui. Et c'est désormais un crime français qui se retrouve sur le devant de la scène : la fameuse affaire Omar Raddad surmédiatisée au début des années 90. En effet, c'est un fait extrêmement romanesque qui a passionné l'opinion publique, puisqu'avant d'expirer, la victime aurait eu le temps d'écrire sur le mur, avec son propre sang : « Omar m'a tuer ». Une femme intelligente pourrait-elle faire une telle faute ? Une femme agonisante pensait-elle à dénoncer son meurtrier de cette manière ? Autant de questions qui n'ont toujours pas de réponse aujourd'hui, même si Omar Raddad a bel et bien été reconnu coupable par la justice... et gracié par Jacques Chirac quelques années plus tard.
Voici donc Omar m'a tuer, film dont le titre reprend la célèbre inscription funeste, signé par Roschdy Zem (Indigènes)

Omar m'a tuer de Roschdy Zem
L'histoire
Dimanche 23 juin 1991, Mme Ghislaine Marchal est retrouvée assassinée à son domicile de Mougins. Deux jours plus tard, Omar Raddad, son jardinier, est arrêté et aussitôt incarcéré à la Maison d'Arrêt de Grasse. Il parle peu, comprend mal le français, a la réputation d'être calme et sérieux. Des lettres de sang accusent : « Omar m'a tuer ». Dès lors, il est le coupable évident.


Le casting
Omar Raddad lui-même est interprété par Sami Bouajila, dont la carrière est déjà bien remplie (Hors-la-loi, Indigènes). Son avocat, Maitre Vergès, célèbre pour avoir assuré la défense d'individus tels que Klaus Barbie ou Omar Bongo, est campé par Maurice Bénichou (Amélie Poulain, Qui perd gagne). Ajoutons à cela Denis Podalydès, futur Nicolas Sarkozy dans La Conquête, et la jeune Salomé Stevenin, qui fréquente séries (La cour des grands) et cinémas (Nannerl, la sœur de Mozart).


Ce que l'on attend
Les films de procès sont palpitants d'une manière générale. Mais avec un tel sujet, le film ne peut qu'être narrativement passionnant.  On attend donc du réalisateur qu'il ait su diriger ses acteurs de manière à retranscrire toute l'ambigüité de l'affaire à l'époque, et qu'il gère un montage aussi efficace que le récent The Social Network, qui mélangeait plusieurs procès d'un tout autre genre avec un génie désarmant (encore David Fincher d'ailleurs).


Ce que l'on craint
A moins que Roschdy Zem ne soit un policier particulièrement expérimenté, on se doute bien que l'affaire ne sera pas résolue à l'issue du film. On sait qu'il s'agit d'une adaptation du livre de l'accusé lui-même, mais on présume que le but du long-métrage n'est pas de dire si Omar Raddad est bel et bien l'assassin ou s'il est innocent. Ainsi, a l'instar de Zodiac, il est important que le film ne soit pas manichéen. C'est-à-dire qu'il ne condamne pas l'homme, mais qu'il ne prenne pas non plus aveuglément son parti, comme semble le suggérer la bande-annonce.


Sortie le 22 juin 2011

 


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