La 11e édition du Festival du Film International de Pusan vient tout juste de s'achever. Le grand gagnant est un film malaisien,
Love Conquers All de la réalisatrice Tan Chui-Mui.
Love Conquers All a été récompensé à la fois du prix Fipresci et du Prix Nouveaux Courants, ce dernier ayant été aussi attribué au film chinois
Betelnut de Heng Yang.
A vingt-huit ans seulement, la réalisatrice Tan Chui-Mui frappe un grand coup en conquérant le cœur du jury du plus grand festival de cinéma asiatique.
Love Conquers All est l'histoire d'une jeune fille, Aping, issue d'une petite ville de campagne, Penang. Aping décide un jour d'émigrer vers Kuala Lumpur où elle est embauchée dans le restaurant de sa tante. Afin de supporter la solitude, elle passe de fréquents coups de téléphone à son petit ami resté à Penang. Même lorsqu'elle commence à sortir avec un autre jeune homme, John, elle continue d'appeler son ami et de lui dire qu'elle l'aime. A travers une approche psychologique de son personnage principal, Tan Chui Mui tente de suggérer la complexité des émotions qui étreignent une jeune fille confrontée à la cruauté et au cynisme de la ville et de répondre à des questions existentielles : peut-on tout supporter grâce à l'amour ? L'amour n'est-il pas qu'un moyen de supporter la solitude ?
Le jury Nouveaux Courants a aussi récompensé le long métrage de Heng Yang,
Betelnut, lequel dépeint le portrait de deux jeunes adolescents devenus délinquants dans la Chine d'aujourd'hui. Présidé par le réalisateur Istvan Szabo, le jury se composait des personnalités suivantes : le réalisateur français Bruno Dumont, le réalisateur Abolfazl Jalili, le producteur Daniel Yu et la comédienne Moon Soo-Ri.
TRACES OF LOVECette année, le festival s'est ouvert avec la projection du nouveau Kim Dae-Sung,
Traces of Love (avec Yu Ji-Tae et Kim Ji-Soo) – projection dont l'intégralité des billets a été liquidée en 2mins45 après l'ouverture des réservations en ligne ! La clôture était quant à elle assurée par
Crazy Stone, du réalisateur chinois montant Ning Hao (
Mongolian Ping Pong). Le festival a attiré rien moins que 170 000 visiteurs et s'est illustré par la venue de 5 000 invités (réalisateurs, acteurs, distributeurs…), dont 3 617 venus de Corée du Sud. Un nombre de 662 projections a été enregistré, pour un total de 245 films issus de 63 pays différents.
Il fallait décidément être sur place pour rencontrer tout le gratin local : les festivaliers pouvaient ainsi croiser Bong Joon-Ho, Lee Joon-Ik, Im Kwon-Taek, Im Sang-Soo, Ryu Seung-Wan, ou encore le comédien vétéran Ahn Sung-Ki. L'ex-colonie britannique était elle aussi fort bien représentée avec Andy Lau, Ann Hui, Aaron Kwok ou encore Charlie Young, tandis que le Japon répondait présent à travers la présence des comédiens Masanobu Ando et Ryuhei Matsuda ou encore des réalisateurs Shinya Tsukamoto et Kaori Momoi. Enfin, plusieurs Français se sont rendus sur place, notamment Bruno Dumont, Benoît Jacquot, Patrice Leconte et Pierre Rissient.
En page suivante, le palmarès…
PIFF 2006, LE PALMARES Prix nouveaux courants : Love Conquers All (Tan Chui-Mui, Malaisie) / Betelnut (Heng Yang, Chine)
Personnalité artistique de l'année : Andy Lau Prix FIPRESCI pour le meilleur nouveau film asiatique : Love Conquers All (Tan Chui-Mui, Malaisie)
Prix NETPAC : The Last Dining Table (Roh Gyung-Tae,Corée du Sud)
KNN Audience Award (prix du public) : The White Silk Dress (Huynh Luu, Vietnam)
Woonpa Fund Award (courts métrages) : People Crossing the River (Kim Duk-Chul, Corée du Sud) / Our School (Kim Myung-Joon, Corée du Sud)
Sunje Fund Award (courts métrages) : The White Stirs (Lee Jin-Woo, Corée du Sud) / Portfolio (Yoon Seung-Ho, Corée du Sud)/ Mention spéciale : Merry Christmas (Choi Yung-Jun, Corée du Sud)
BETELNUT
Sélection CJ : la CJ Entertainement a sélectionné cinq long métrages dont la sortie est assurée en Corée, soit au cinéma soit en DVD :
Crazy Stone (Ning Hao, Chine)
Wool 100% (Tominaga Mai, Japon)
Illusion (Paolo Villaluna et Ellen Ramos, Philippines)
Rain Dogs (Ho Yuhang, Malaisie)
My Mother is a Belly Dancer (Lee Kung-Lok et Wong Ching-Po, Hong Kong)