Shawn Levy revient sur les défis technologiques et sa direction d'acteurs pour son nouveau film : Real Steel. On y retrouve son goût pour l'action et l'humour.

Par - publié le 14 octobre 2011 à 08h00 ,
MAJ le 14 octobre 2011 à 09h15 - 0 commentaire(s)

Shawn Levy est un habitué des nuits folles, mêlant action et humour. Après les deux épisodes de La Nuit au musée et Crazy Night, le réalisateur offre au public ce qu'il sait faire de mieux : Real Steel. Le film est un condensé d'aventures pour toute la famille où le rêve américain est à chaque coin de ring. Interview.

Real Steel de Shawn Levy
Danny Elfman a écrit la musique de Real Steel. Pouvez-vous nous décrire votre travail avec le compositeur ?
Shawn Levy) Je suis très content de pouvoir parler de la musique, surtout que j'en suis très satisfait. Il y a deux aspects. Il a tout d'abord ce talent pour composer des morceaux calmes et lyriques, à la manière de Philip Glass ou Brian Eno. Je savais aussi que j'aurais à un  moment besoin d'un grand hymne. Il en est également capable. Nous nous sommes vus très régulièrement, à peu près trois fois par semaine pendant deux mois et demi. Il me jouait ce qu'il avait écrit et nous en parlions. Ce fut une très belle collaboration. je crois que la bande originale parvient à capter les grandes et les petites émotions du film.
Pour parler du style graphique de Real Steel. J'ai apprécié la façon dont vous mélangez le low-tech et le high-tech...
SL) Le style est de la rétro anticipation. Nous nous sommes inspirés des films qui se déroulent dans le futur et ont ce genre de look gris désaturé comme Minority Report, cet univers de dystopie nihiliste. Je voulais un futur qui fasse vieux, dominé par des icônes mais je souhaitais surtout un collage. Ce sont de vieilles textures mêlées à une très haute technologie. Je voulais une vision du futur encore jamais vu dans un film auparavant. Je voulais que nous soyons proches de cette époque car le film devait être émotionnel et connecté aux personnages. Je désirai donc le rendre vaguement familier.
La relation entre ce père et son fils est d'ailleurs le noyau dur du film...
SL) Dès mon premier jour sur ce film et ma rencontre avec Steven Spielberg, je savais que les robots allaient être incroyables. Ils allaient être les plus photo-realistes possible dans les combats. Mais j'étais certain que le coeur du film concernerait la rédemption de Charlie Kenton, cet homme solitaire qui a fait des centaines d'erreurs dans sa vie. Il a une chance de retrouver la grâce. C'est ce que j'ai présenté à Steven Spielberg d'une manière très claire. Même si c'est un énorme film à gérer, je me réveillais tous les matins en me disant : "Tout est à propos de Charlie Kenton. Tout est à propos de Charlie Kenton." Je ne me suis jamais perdu dans la jungle de la technologie.
Affiche du film Real Steel

Avez-vous considéré à un moment de filmer en 3D ?

SL) Oui. Nous en avons parlé avec Steven Spielberg. Il n'a pas seulement été le producteur délégué mais mon mentor. Si le film n'avait été que centré sur les combats de robots, nous l'aurions fait en 3D. En vérité, ce n'est pas ce que nous voulions faire. C'était d'abord pour les personnages et ensuite pour les robots. Nous ne voulions pas communiquer sur de fausses priorités. je voulais que le public sache que nous allons avoir de l'action mais qu'il y a aussi un vrai drame humain. C'est plus un film de sport qu'un film de robot.
Y-a-t'il une avancée technologique sur Real Steel qui vous rend particulièrement fier ?
SL) Real Steel n'est pas le premier film à utiliser la motion capture. Nous l'avons utilisé de manière très efficace pour que le rendu soit viscéral. Tout est basé sur la technologie inventée par James Cameron. La motion capture est convertie en robots, nous allons sur les lieux du tournage, tournons les plans en y plaçant les machines que j'ai filmé six mois avant et nous les suivons en temps réel avec Hugh Jackman à côté du ring. Lorsque je regarde ma caméra, les robots sont déjà là. Cela facilite ma mise en scène.
Propos recueillis et traduits par Nicolas SCHIAVI

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